Publié le 29 Jan 2016 - 21:22
INTERDICTION DE LA CIRCULATION DE COUPE-COUPE À L’EXTÉRIEUR DE LA CSS

L’ordre du préfet à l’épreuve du contexte

 

Si l’instruction du préfet de Dagana est respectée, les coupeurs de canne à la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) ne pourront plus quitter leur lieu de travail avec des coupe-coupe. Moustapha Ndiaye a adressé une lettre au DG de la sucrerie de Richard Toll pour lui demander de mettre un terme à la circulation des armes blanches. Mais la société hésite à accéder à la demande dans l’immédiat, de peur que le retrait de l’outil de travail soit interprété comme un premier pas vers le licenciement.

 

La crise qui a eu lieu récemment à la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) a connu d’autres développements. Les incidents ont attiré l’attention du préfet de Dagana sur un danger potentiel dont il n’avait pas forcément conscience. Mais désormais, il semble avoir mesuré tous les risques. Ainsi dans une correspondance datée du 12 janvier 2016, Moustapha Ndiaye demande au Directeur général de la sucrerie de Richard Toll de réglementer la circulation des coupe-coupe qu’utilisent ses employés.

‘’Il m’a été donné de constater qu’une bonne partie de vos travailleurs, plus précisément les coupeurs de cannes, utilisent les coupe-coupe comme outil de travail mais circulent également avec ces armes en dehors de leur lieu de travail. Cette situation, en dehors du danger et de la menace qu’elle constitue pour la sécurité des populations et de vos employés, est contraire à la règlementation.’’

Pour ces raisons susmentionnées, le pouvoir déconcentré rappelle à la société de Mimran la nécessité de se conformer à la législation en vigueur en matière de port d’arme. Laquelle loi interdit, ‘’sauf autorisation expresse de l’autorité compétente, le port d’arme blanche sur toute l’étendue du territoire. ‘’Par conséquent, je vous demande de prendre toutes les mesures nécessaires à faire cesser la circulation de ces armes qui ne peuvent être détenues ou portées que là où leur utilisation a un sens’’, ordonne l’autorité.

Du côté de la CSS, l’on se montre favorable à une telle décision. Mais les responsables comptent y aller avec tact en favorisant la communication et le dialogue. En effet, explique-t-on, avec les derniers évènements des 1er, 2, 3 et 4 janvier derniers, tout retrait de l’outil de travail pourrait être interprété par les travailleurs comme une stratégie de licenciement qui ne dit pas son nom. Ce qui peut déclencher d’autres mouvements.

69 frondeurs licenciés

L’entreprise affirme que depuis que les machines ont commencé à tourner, il n’y a eu de graves problèmes que quatre fois. La première grève date de 1984, la deuxième, de 2000 et la troisième et la quatrième respectivement en 2015 et 2016. Ce qui fait que durant toute son existence, la société a toujours doté ses travailleurs de coupe-coupe. Environ 1 800 par an, confie-t-on. Ce qui fait un nombre important. Seulement, les incidents qui ont eu lieu du 1er au 4 janvier ont montré qu’il y a un risque réel. 300 travailleurs se sont dressés face aux forces de l’ordre avec leurs machettes.

La quinzaine d’hommes de tenue de la brigade de Richard Toll a été vraiment insignifiante devant cette petite armée en face. Il a fallu un renfort de 150 hommes pour venir à bout d’un groupe déterminé. D’ailleurs, une quinzaine de personnes accusées d’avoir exercé des actes de violences sur certains ouvriers et responsables ont été arrêtées et jusqu’ici pas encore libérées. Ces travailleurs réclamaient une augmentation de salaire. Une demande à laquelle la CSS dit avoir satisfaite depuis l’année dernière. Et cette fois, la direction n’a pas tremblé car 69 ouvriers parmi les frondeurs ont été licenciés. Surtout que ces 4 jours de perturbation ont occasionné à la sucrerie des pertes financières estimées à des centaines de millions de F CFA.

Ibrahima Khalil Wade

 

Section: 
Dakar-Plateau – escroquerie présumée
Mort d’Astou Pierre après une agression à l’acide
DIPHTÉRIE - 55 CAS CONFIRMÉS DANS LA RÉGION DE THIÈS : Thiadiaye et Mbour les plus touchés
MALADIES DIGESTIVES À KÉBÉMER : 56 personnes touchées, 42 hospitalisées
UNIVERSITE IBA DER THIAM DE THIES : Le SAES dénonce des dérives de gouvernance
GAMOU ANNUEL DE GUYÈT CHÉRIF : Tivaouane prépare l’accueil des pèlerins, le khalife appelle au dialogue
PRÉVALENCE DU DIABÈTE AU SÉNÉGAL : Des chiffres inquiétants
Journée de l'écrivain africain
Une policière accusée sur Tik Tok…
JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE DAKAR 2026 : Au Village olympique, Sonko promet des récompenses aux athlètes sénégalais
CODE DU TRAVAIL Le CNP a saisi le Ministère du Travail pour une clarification urgente de certaines dispositions du Code du Travail en attendant les décrets d’application”
VIOL SUR UNE FILLETTE DE 3 ANS ET DEMI À NGAPAROU : Un ressortissant français accusé
Université Numérique Cheikh Hamidou Kane
Agressions à la sortie d’un concert
Affaire Astou Pierre
CONVOCATIONS DE POLICE ET DE GENDARMERIE : La Justice veut en finir avec la mention « affaire vous concernant »
PREMIÈRE SOUTENANCE DE THÈSE À L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE THIÈS : Les mathématiques pour explorer l’adaptation des moustiques
CONTENTIEUX AUTOUR DE LA DIRECTION DU WASCAL : Ahmadou Aly Mbaye débouté en référé face à l’UCAD
OBJECTIF ZÉRO PALUDISME AU SÉNÉGAL EN 2030 : Les élus locaux préparent leur coalition
RECLASSEMENT DES PERSONNELS DU GREFFE : Les demandes ouvertes le 5 novembre, le maintien du grade écarté