Publié le 6 Sep 2016 - 12:41
VENTE DE MOUTONS POUR LA FETE DE TABASKI

Entre inquiétude et espoir dans la banlieue 

 

A une semaine de la tabaski, Dakar et ses environs se préparent activement pour la fête. Cette année, les populations craignent une pénurie de moutons. A Pikine comme à Guédiawaye, l’inquiétude demeure le sentiment le mieux partagé. Même si, certains éleveurs gardent espoir que le déficit noté sera bientôt comblé.  

 

Plus qu’une semaine avant la fête de tabaski. Les préparatifs vont bon train dans la capitale sénégalaise et sa banlieue. Si pour les jeunes, les lieux les plus prisés demeurent les salons de coiffure, les ateliers de couture ou les boutiques, chez les responsables de famille ce sont les points de vente de moutons qui sont pris d’assaut, dès les premières heures de la matinée. Mais cette année, une grande inquiétude gagne les vendeurs, mais surtout les clients qui redoutent une pénurie de moutons. Comme à Dakar, les bêtes se font aussi rares dans les départements de Pikine et Guédiawaye. De quoi susciter une crainte chez les populations, à 6 jours de la fête. Ce constat est palpable dans presque tous les points de vente.

Foirail de Pikine. Difficile d’arpenter ce haut lieu de business de petits ruminants sans se boucher le nez. Peaux et excréments de bêtes mélangés à de la boue noire dégagent une odeur nauséabonde. Dès l’entrée principale, les visiteurs sont harcelés par des rabatteurs à la recherche d’un hypothétique acheteur de mouton. La formule d’approche reste quasi-identique. ‘’Lo bög, khar heh… (Voulez-vous acheter un bélier ?)’’. A l’intérieur, des centaines de moutons séparés par des enclos forment le décor. De part et d’autre, les vendeurs se refugient sous des abris de fortune prêts à marchander avec des acheteurs. ‘’Cette année, il  n’y a pas assez de moutons. L’année dernière, à une période pareille, le foirail était bondé de béliers’’, constate Daouda Kâ, la tête enturbannée. Pour ce vendeur, ce déficit est dû à une faible présence de moutons venus de la Mauritanie ou du Mali qui, d’habitude, selon lui, sont convoyés en grand nombre à Dakar.

Manque de sécurité

Non loin de là, un autre vendeur juge, pour sa part, qu’il est prématuré de parler de manque de béliers. Même s’il reconnaît, pour l’instant, que la quantité des bêtes mises en vente dans le foirail est loin d’atteindre, à ce stade, le seuil de l’année dernière. ‘’Les gens disent qu’il n’y pas suffisamment de moutons. Il est très tôt pout faire ce jugement. Il y a beaucoup des moutons à l’intérieur du pays. Les éleveurs maliens et mauritaniens sont en cours de route’’, croit savoir le porte-parole du syndicat des éleveurs du foirail de Pikine, Amadou Gael Kâ. A ses yeux, même s’il y a déficit d’offre de moutons, il n’y aura pas de pénurie.

Au beau milieu du foirail, une petite mosquée en construction sert d’entrepôt au service du ministère de l’Elevage. A l’intérieur, plusieurs centaines de sacs d’aliments de bétail empilés sont surveillés par deux hommes qui en assurent en même temps la distribution. ‘’Ce sont des sacs subventionnés par le ministère de tutelle pour venir en aide aux vendeurs. L’unité est vendue à 5000 FCFA. Alors que dans les magasins, le sac coûte 8000 FCFA’’, fait savoir Diouga Talla. L’éleveur de moutons regrette, par ailleurs, le manque de sécurité dans le foirail. ‘’D’habitude, à 10 jours de la fête, les forces de l’ordre montent la garde à la porte. Cette année, ils ne sont toujours pas là’’, remarque-t-il.

De leur côté, les clients regrettent une flambée de prix ‘injustifiée’’. Pour Mamadou Aliou Diallo, même si les béliers se font rares, cela n’est pas une raison pour augmenter de manière exorbitante les coûts. ‘’Les moutons sont hors de portée, cette année. C’est trop cher ! Les béliers habituellement vendus à 55 ou 70 mille sont cédés à 100 ou 185 mille francs CFA’’, fulmine-t-il, après avoir décaissé près de 200 mille francs pour un mouton.

Guédiawaye : Rareté des moutons venus de l’intérieur du pays

Au marché jeudi de Guédiawaye, ce sont les moutons élevés en ville qui sont les plus visibles dans les rares points de vente installés tout au long de la route. Sous une bâche bleue, plusieurs dizaines de moutons, composés de races ‘’ladoum’’ et ‘bali bali’’ broutent du foin un aire bien aménagé. Les plus gros sont vendus, selon Ibrahima Faye, entre 600 et 900 mille francs CFA. ‘’Pour le moment, il n’y a pas suffisamment de bêtes. La plupart de ceux que nous vendons ici ont été élevées à la maison’’, informe son voisin, Amadou Tidiane Anne.      

MAMADOU DIALLO

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