Publié le 3 May 2017 - 23:12
JUSTICE

Une juridiction régionale africaine à l’horizon

 

Le Protocole de Malabo se veut la prochaine étape d’une justice internationale en Afrique. Des consultations sont ouvertes à Dakar, depuis hier, pour sa concrétisation.

 

Le directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre multiplie les initiatives pour que justice soit rendue. Une consultation est en cours sur le Protocole de Malabo, une idée de l’Union africaine (UA), qui se propose d’établir une justice pénale régionale sur le continent. Après le récent jugement de Hissein Habré à Dakar, Alioune Tine estime que des choses restent à faire.

‘‘Malgré la promesse d’avoir le projet d’une cour pénale au niveau régional, il y a plusieurs préoccupations dont la plus importante est certainement celle contenue dans le Protocole de Malabo. C'est la question relative à l’immunité pour les chefs d’Etat et les hauts fonctionnaires’’, a-t-il lancé hier, à l’ouverture des consultations sur ce Protocole. L’idée est d’avoir une juridiction régionale chargée de lutter et de réprimer les crimes les plus ‘‘classiques’’, comme celui de guerre, de crime contre l’humanité et génocide.

Le crime de changement anticonstitutionnel de gouvernement, la piraterie, le terrorisme, la corruption, l’exploitation illégale de ressources naturelles sont autant de dispositions assez originales que le Protocole a l’ambition d’ajouter à la liste des crimes qu’il va combattre. ‘‘On a voulu l’élargir à d’autres formes de crimes autres que ceux habituels. Toutes ces considérations qui sont sources de conflit sur le continent africain y sont incluses. Ces consultations aboutiront à des recommandations pointues que le gouvernement sénégalais va étudier’’, a renchéri le ministre de la Justice, Sidiki Kaba. Pour le moment, sept  pays ont signé ce protocole, à savoir le Tchad, la Mauritanie, le Ghana, la Sierra Léone, le Congo Brazzaville, la Guinée Bissau, et le Bénin. Ce qui, de l’avis du Garde des Sceaux est encore insuffisant. ‘‘Il faudrait beaucoup plus d’Etats pour pouvoir arriver à l’entrée en vigueur du Protocole de Malabo, à savoir  quinze pays’’, note-t-il.

Retrait collectif CPI

Le 31 janvier 2017, les chefs d’Etat africains ont entériné le principe d’un retrait collectif du statut de Rome, dont la ratification permet l’adhésion à la Cour Pénale Internationale (CPI), lors d’une réunion de l’UA tenue à huis clos, au sommet d’Addis-Abeba. Cela, suivant les sorties de l’Afrique du Sud, de la Gambie et du Burundi en 2016 ; les deux premiers ayant finalement renoncé à se retirer. Ce qui irrite Me Kaba. ‘‘La première des choses qu’il faudrait retenir est que l’Afrique n’est pas entrée collectivement à la CPI. Adhérer à un traité, à une convention, est un acte souverain d’un Etat. En retour, on ne peut pas exiger qu’il y ait une sortie collective des Etats.

Cela n’a pas de sens. L’Union africaine l’a demandé, mais, elle n’est pas partie au statut de Rome. C’est une organisation panafricaine politique. 20 Etats qui n’ont pas ratifié ne peuvent exiger que 34 qui l’ont fait sortent. Chaque Etat est libre de sortir ou de rester au sein du statut de Rome. Je les encourage à rester. Trois Etats étaient partis, deux sont  revenus. Pour l’autre qui n’est pas encore là, le Burundi, espérons que les choses vont changer avant que son retrait ne soit définitif, puisqu’il faut un an. Le plus important c’est la lutte contre l’impunité’’, défend-il.

Toutefois, à son avis, le premier palier doit être fonctionnel pour éviter tout recours à la justice pénale internationale. ‘‘Il faut que chaque système judiciaire national puisse, au nom de la souveraineté, juger l’ensemble des crimes qui relèvent avant tout de leur propre compétence. On l’oppose souvent à la Cour pénale internationale, mais, elle n’a pas sa raison d’être. C’est une juridiction d’ultime recours, complémentaire. Elle n’est pas directement compétente. C’est lorsqu’il y a absence de volonté de juger qu’on y a recours'', avance le ministre Sidiki Kaba.

OUSMANE LAYE DIOP

 

Section: 
THIÈS : Les décharges sauvages empoisonnent la vie des riverains
POLLUTION PERSISTANTE À SANDIARA : Les habitants disent étouffer
GRÈVE DE LA FSDT À KAOLACK - KAFFRINE : Le secteur de la santé paralysé
RÉVISION DU CODE DE L’ASSAINISSEMENT : Thiès ouvre le débat pour un cadre juridique adapté aux nouveaux défis
LOGEMENT DANS LE MONDE : Plus de 3 milliards de personnes privées d’un logement décent
APRÈS DEUX NOUVEAUX MEURTRES DE MINEURES : Waxjotna réclame la reconnaissance du féminicide dans le Code pénal
GRÈVE GÉNÉRALE DE CE VENDREDI : Le mot d’ordre suivi à plus de 75 %
CADRE DE VIE : Thiès prépare une nouvelle gouvernance des déchets solides
TABLE RONDE SUR DISPARITIONS FORCÉES EN GUINÉE ANNULÉE À DAKAR : Afrikajom dénonce une atteinte aux libertés publiques
BRAS DE FER CONTRE LES HABITANTS DE LA CITÉ FAYÇAL La Sogepa définitivement déboutée
SAINT-LOUIS : MARCHÉ DU SUCRE : La CSS défie les importateurs et met l’État face à ses responsabilités
LAS D’ATTENDRE LA LIVRAISON DE LEUR MARCHÉ DEPUIS 2018 : Les 2 300 impactés menacent de paralyser le TER
SENELEC - TENSIONS AUTOUR DE LA PRAB : Les syndicats lancent leur plan d’action lundi
GRÈVE GÉNÉRALE CE VENDREDI : Échec des négociations, le mot d’ordre maintenu
Conflits sociaux au Sénégal
Trafic de drogue
Ousmane Ibrahima dia prend les commandes du CORED
MORT D'ABDOULAYE BÂ À L'UCAD - 3 AGENTS DU COUD MIS EN EXAMEN : L'intersyndicale crie à l'injustice
JUSTICE – PROCÈS DE JÉRÔME BANDIAKY : Le parquet requiert cinq ans de prison ferme contre le "Sniper"
LUTTE CONTRE LE TRAFIC D’ÊTRE HUMAIN DANS 59 PAYS : 2 070 victimes identifiées et 1 024 suspects interpellés