Publié le 7 Jan 2019 - 21:46
LANCEMENT DE L’ASSOCIATION CID WALO

Ses cadres unis pour le développement de la localité 

 

Les ressortissants du Walo ont organisé, ce vendredi 4 janvier, un dîner-débat à l’hôtel Terrou-bi, pour le lancement de l’association Cadre d’initiative pour le développement du Walo - Cid Walo. La cérémonie avait comme parrain le directeur général de la Senelec, Mouhamadou Mactar Cissé.

 

‘’Energie et croissance économique, quels liens pour le développement ?’’ est le thème débattu, lors du lancement couplé d’une conférence de l’association Cadre d’initiative pour le développement du Walo - Cid Walo. Dr Khadim Bamba Diagne, spécialiste en monnaie, banque et finance, et l’universitaire Ibrahima Diagne ont animé le panel avec comme modérateur le secrétaire permanent à l’Energie, Dr Pape Demba Bitèye. Cette cérémonie de lancement s’est effectuée sous le parrainage du directeur général de la Senelec, Mouhamadou Mactar Cissé.

 Le Cid Walo a été créé en 2018 et regroupe les cadres et ressortissants de cette localité. Son coordonnateur, Ibrahima Fall Diaw, explique que l’association a pour mission de fédérer tous les fils du Walo dans le but de promouvoir son développement. L’atelier de lancement qui s’est tenu ce vendredi 4 janvier, a réuni beaucoup de cadres et d’autorités politiques venus des différentes localités de l’ancien royaume du Walo.

Abordant le thème de la conférence, Dr Khadim Bamba Diagne a rappelé que, depuis 2015, le Sénégal connait un taux de croissance en hausse, qui se traduit par une production de richesses non négligeable. Cependant, précise l’économiste, cette création de richesses n’a pas eu une influence considérable sur la qualité de vie des populations. Cela s’explique, selon le paneliste, par le fait que ‘’le secteur primaire, qui concerne une bonne partie du peuple, contribue à la croissance à hauteur de 17 % et le secteur industriel, où se trouve l’énergie motrice fixe, tourne autour de 22 %, tandis que le secteur tertiaire, qui concerne les télécommunications et les services financiers, occupe tout le reste (61 %)’’.

Cette disparité fait que la population, dont la majorité s’active dans les secteurs primaire et secondaire, ne sent pas la hausse. ‘’Nous avons un taux de croissance très élevé, mais la qualité de vie ne suit pas. Si nous voulons avoir une croissance pro-pauvre, c’est-à-dire une croissance qui réduit la pauvreté, qui impacte sur la création d’emplois, il faut qu’elle soit portée par les secteurs secondaires, c’est-à-dire les entreprises qui transforment en utilisant de l’énergie. C’est pourquoi nous avons besoin d’énergie accessible et à moindre coût pour une croissance économique qui impacte sur la qualité de vie des populations’’, a-t-il ajouté.

Pour faire sortir le lien entre l’énergie et la croissance, les deux panelistes ont insisté sur les deux problèmes les plus importants dans les pays en développement pour les investisseurs, que sont l’électricité et la fiscalité. Selon eux, pour que la croissance soit pro-pauvre, il faut que l’énergie soit disponible et à moindre coût, pour attirer les investisseurs directs étrangers. Ce qui veut dire que l’énergie est incontournable pour atteindre une croissance inclusive.

Exode rural, immigration clandestine et croissance économique

En outre, pour que la croissance soit sentie par la population pauvre, M. Bamba Diagne pense qu’il faut la territorialiser. ‘’Presque 70 % de la croissance vient de Dakar. Quelle est la contribution du Walo ? Personne ne réfléchit sur cela. Ce qui fait qu’on ne peut pas arrêter l’exode rural ou l’immigration clandestine, car on ne peut pas arrêter les flux financiers et les flux humains’’, estime l’économiste qui souligne, par ailleurs, que la territorialisation de la croissance est la meilleure solution pour stopper l’exode rural et l’immigration clandestine.  Deux phénomènes qui touchent la population du Walo.  

En plus, pour rendre la croissance inclusive et pro-pauvre, les panelistes ont insisté sur la nécessité de créer des zones économiques intégrées dans les régions. ‘’ Une zone comme le Walo, où on a de l’eau et du sucre, peut abriter une zone économique pour le secteur alimentaire. Cela permet de territorialiser le taux de croissance pour obtenir une croissance inclusive, pro-pauvre et qui diminue drastiquement la pauvreté et crée de la richesse pour les citoyens’’, ont-ils proposé.

ABBA BA

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