Publié le 4 Feb 2019 - 17:07
CARAVANE SONKO PRESIDENT

Un discours antisystème en bandoulière  

 

Changer de système, réduire les impôts, promouvoir le développement économique et social. Voilà, entre autres messages adressés par Ousmane Sonko, hier, lors de sa caravane à travers les rues de Dakar.

 

Passion. Engouement. Détermination. Tels sont, en ce début de campagne électorale, les mots clés qui résument la caravane de la coalition Sonko-Président 2019. Vdn, en face du cimetière Saint-Lazare. Il est 11 h passées de quelques minutes. Les militants arrivent au fur et à mesure, prêts à faire le tour de la capitale avec leur président Ousmane Sonko.

C’est vers les coups de 12 h 30 que le candidat sort enfin du Qg. Très élégant dans son boubou rouge assorti d’un pantalon sombre, il salue le public, avance lentement et s’engouffre dans son bolide, un toit ouvrant de marque américaine. Debout à l’intérieur du véhicule, il délivre son premier message : ‘’Aujourd’hui, c’est le grand jour. Le premier jour d’un nouveau départ pour le Sénégal. Que rien ne vous épouvante. Nous, nous avons le meilleur programme. Nous avons la force de notre discours et c’est le plus important. Concentrez-vous donc sur l’objectif. Allez à la rencontre des populations. Ils nous connaissent et apprécient.’’ Sur un autre chapitre, le leader de Pastef persiste et signe dans sa volonté de faire dégager le système à la tête du pays depuis 59 ans. ‘’L’heure du changement a sonné, lâche-t-il. Nous avons une chance historique d’y parvenir et, Inch Allah, nous allons y arriver. Ce qu’on voit dans les autres pays est bien possible chez nous. Le 24 février, le Sénégal connaitra sa révolution. En avant, en avant, en avant !’’.

Ainsi est lancée la campagne du président Ousmane Sonko, sous les vivats du public. Et le cortège, composé d’une longue procession de véhicules, s’ébranle à travers les artères de la capitale. Première étape : le village de Ngor, via la voie de dégagement nord. Sur place, la délégation est accueillie par un public spontané, déterminé et attentif au message. Un message axé sur l’éradication du système, le renouveau du système éducatif, la souveraineté économique et monétaire, la préservation des ressources naturelles, entre autres. En majorité composé de jeunes, le public, totalement acquis à sa cause, scande : ‘’Sonko Président. Sonko Président…’’ Moussa Diop : ‘’Nous sommes fatigués. On en a marre des politiciens. On n’arrive plus à travailler parce qu’il n’y a plus de poissons dans notre mer. Tout a été vendu. Il faut voter Sonko pour le développement de notre pays.’’

‘’Si vos leaders rallient d’autres candidats, il ne faut pas les suivre’’

Après Ngor, cap sur Ouakam, puis l’université via la Corniche-ouest. Dans le chaudron de l’Ucad, c’est l’apothéose. Spontanément, les étudiants sortent de leurs pavillons pour accueillir le candidat Ousmane Sonko avec des seaux d’eau vides. ‘’Nous avons soif !’’, crie cet étudiant, teint noir, le corps frêle enveloppé dans un tee-shirt bleu. Très enthousiaste, Alpha Cissé, Yoff, témoigne sur son engagement aux côtés d’Ousmane Sonko : ‘’C’est quelque chose de nouveau. Avant, nous avions des valeurs, on les a perdues maintenant. Grâce à Sonko, on a retrouvé ces valeurs. C’est quelqu’un qui travaille pour le développement de notre pays. On ne peut se développer avec l’aide au développement. Sonko va nous aider à retrouver notre indépendance économique.’’ Devant le président de Pastef, debout dans son véhicule, on chante : ‘’Fii nioko moom ! Fii nioko moom… !’’

Arrivé au boulevard Général De Gaulle vers les coups de 20 h, Ousmane Sonko durcit son discours antisystème. Même s’il ne les cite pas, l’on sent de l’amertume contre tous ceux-là qui ont choisi d’autres candidats à son détriment. Il déclare : ‘’Le peuple, par son engouement, a montré qu’il ne veut plus de ce système. Et il connait très bien qui, parmi les candidats, incarne le changement. Il faut nous départir de ces gens qui nous prennent en otage depuis l’indépendance. La victoire est à notre portée. Nous sommes à 20 jours. Il faut redoubler d’efforts et aller sensibiliser les Sénégalais sur notre programme.’’

Se voulant plus clair, Ousmane Sonko dit compter plus sur les Sénégalais que sur les partis. ‘’Le combat, dit-il, n’est plus celui des partis politiques. C’est le combat du Sénégal, du peuple sénégalais. Que chaque Sénégalais prenne ses responsabilités. Bolen andé ak nitt mou diemé len fennen nelen ko fa niouk (Si vous accompagnez un leader et qu’il vous dirige ailleurs, il faut le quitter’’. A en croire Sonko, c’est déjà le cas.  Il argumente : ‘’Nous sommes les seuls à oser la rupture. Il y a ici beaucoup de personnes dont les leaders sont allés ailleurs, mais eux sont là avec nous. C’est cela le patriotisme. Vous, vous êtes des patriotes.  Les Sénégalais ont déjà choisi.’’

Par ailleurs, Ousmane Sonko est largement revenu sur le mécanisme de financement de son programme. Ainsi, promet-il une réforme du système fiscal dont les points saillants sont la baisse des impôts et l’élargissement de l’assiette. En ce qui concerne l’impôt sur les sociétés, il promet de le porter de 30 à 23 %.  Il en sera de même de l’impôt sur les personnes physiques qui sera drastiquement revu à la baisse. L’autre niche sur laquelle le patriote en chef compte pour financer son programme, ce sont les ressources naturelles. Il déclare : ‘’Nous allons renégocier tous les contrats. Ce n’est pas normal que le Sénégal n’ait que 10 % sur ses ressources. Personne ne doit avoir plus de parts sur nos ressources. Nous allons y remédier en renégociant les contrats. Si c’est difficile de renégocier, nous allons opter pour la nationalisation.’’ Il compte également sur la réduction du train de vie de l’Etat, une gestion efficace des marchés publics pour économiser des milliards à investir dans le développement du Sénégal.

MOR AMAR

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