Publié le 16 Jan 2023 - 23:13
DIOR FALL SOW (PREMIÈRE PROCUREURE DE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL)

‘’L’indépendance de la magistrature ne se décrète pas, elle s’assume’’

 

Première procureure de la République du Sénégal, Dior Fall Sow vient de publier une autobiographie dans laquelle elle fait un vibrant plaidoyer sur les valeurs panafricanistes, se prononce sur de nombreuses questions dont celle de l’indépendance des magistrats et des procureurs. Comme elle le dit elle-même, sa carrière a été riche en anecdotes dont elle gratifie ses lecteurs. 

 

Le lancement de l’ouvrage ‘’Mon livre blanc, en mon âme et conscience’’ de plaidoyer en faveur des valeurs humanistes impérissables a eu lieu avant-hier. Il a permis à la première procureure de la République du Sénégal de jeter un regard critique sur la justice sénégalaise en général et particulièrement sur l’indépendance de la magistrature et des maitres de poursuites. Dans ce livre, elle déclare prodiguer beaucoup de conseils de ce que doit être un bon magistrat, ayant exercé cette profession pendant longtemps.

‘’Je pense qu’à ce niveau-là (à l’époque) le problème de l’indépendance de la magistrature ne se posait pas. L’indépendance de la magistrature ne se décrète pas. Elle s’assume. On a souvent dit que le parquet est indépendant. C’est une parquetière qui vous le dit. S’il veut être indépendant, il l’est, parce que quand on dit que la parole est libre, c’est une manifestation de l’indépendance. Je peux recevoir des instructions, mais je ne les respecte pas. En parlant oralement, je vais dit non et dire qu’elle est ma position. Ça, c’est un signe d’indépendance. Je pense que le parquetier qui veut assurer son indépendance, il peut le faire. Si les magistrats ne se sacrifient pas à leurs missions, ils livrent tout un pays à l’anarchie’’, déclare l’ancienne magistrate.

A l’endroit des jeunes magistrats qui viennent d’épouser le métier, elle fait savoir que, dans ce milieu, tout n’est pas noir ou blanc. Qu’il faut savoir faire la part des choses. Dans toutes les professions du monde, indique-t-elle, il y a certaines brebis qui s’égarent. ‘’Je pense que la magistrature telle qu’elle est aujourd’hui, il y a des raisons d’espérer. Je vois qu’il y a des magistrats qui, jusqu’à présent, sont imbus de cet esprit d’indépendance, d’impartialité, de dignité et de loyauté. Pour être un bon, digne et loyal magistrat, comme on l’a dit, il faut respecter les règles de déontologie’’, affirme Dior Fall Sow. 

Un plaidoyer en faveur des valeurs humanistes impérissables

Concernant ‘’Mon livre blanc, en mon âme et conscience’’, elle indique que ce n’était pas évident, mais au cours de sa longue carrière, il y a eu beaucoup d’anecdotes. À chaque fois qu’elle se mettait à les raconter, ses amis lui disaient qu’il faut qu’elle écrive un livre. Nombre d’entre eux lui ont même mis la pression pour qu’elle le fasse. ‘’C’est comme ça que je me suis dit que j’ai peut-être un message à laisser à la jeunesse de mon pays qui, quelquefois, se cherche ; des jeunes qui ne savent pas leurs capacités pour accéder à certains degrés de connaissances ou de responsabilités. C’est ainsi que partant de mon expérience, de mon vécu et trajet, j’ai écrit ce livre. Il m’a pris un peu plus de deux ans, mais je n’avais pas une écriture régulière, parce que je ne suis pas écrivaine. Je ne connaissais pas, disons, les techniques d’écriture. Là, je me suis exercée à l’écriture. Mais je pense que c’est très intéressant. Et l’on se rend compte que les souvenirs reviennent, quand vous commencez à écrire pour alimenter. C’est cela qui nous permet de continuer avec beaucoup plus de précision’’, explique la magistrate.

Dans ce livre, dit-elle, elle veut surtout montrer à la jeunesse que chacun peut choisir son destin, en se fixant un objectif et en ayant des valeurs et principes pour l’atteindre. ‘’Vous savez, dans une famille, on reçoit la même éducation, mais on ne réussit pas de la même façon. Cela s’explique par le choix que nous faisons de ce qu’on nous enseigne, de la culture que nous voulons avoir. C’est cela qui fait la différence’’, ajoute cette ardente défenseure de la cause des femmes et des enfants, des droits humains plus généralement et panafricaniste convaincue.

Composé de 20 thèmes étalés sur 456 pages, cette autobiographie retrace les chemins de son enfance, son cursus scolaire et universitaire. Elle y narre aussi sa carrière qui n'a pas manqué de piment. Un témoignage qui relate avec quelque nostalgie une lointaine époque, bien différente de celle que nous vivons. Cet ouvrage est un plaidoyer en faveur des valeurs humanistes impérissables.

CHEIKH THIAM

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