Publié le 10 Jun 2024 - 17:37
FERMETURE ET DÉLOCALISATION DE L’USINE ICS SENCHIM

Une bombe écologique au cœur de Dakar

 

Les habitants de la cité Famara Ibrahima Sagna souhaitent l'exécution de la décision de justice de 2016 qui exige la fermeture et la délocalisation de l'usine ICS Senchim. Ils ont lancé un appel aux autorités du nouveau régime.

 

Le 28 juin 2016, le ministre de l'Environnement de l'époque avait pris un arrêté n°00188 ordonnant la fermeture immédiate et définitive de la société ICS Senchim/Indorama. En complément, par décision de justice du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, conférée à l'ordonnance de référée n°170 du 13 septembre 2023, il a été ordonné à ladite usine de cesser toute activité sur le site abritant son unité industrielle sise km 13 route de Rufisque, de remettre en état les lieux et de procéder sans délai à la destruction ou au transfert des déchets stockés sur le site, le tout sous astreinte de 1 000 000 F CFA par jour de retard.

En outre, un expert a été désigné pour déterminer l'impact réel des activités exercées sur l'environnement ainsi que les déchets sur l'environnement et la santé des populations avoisinantes.

Selon le président du collectif des habitants de la cité Famara Ibrahima Sagna, qui faisait face à la presse hier, depuis presque trois décennies, ICS Senchim fonctionne au ‘’mépris’’ des dispositions légales réglementaires, sans amélioration durable et apparemment sourde aux prescriptions techniques formulées lors des visites de contrôle par des techniciens assermentés. Pour Moussa Badji, le Sénégal étant réputé être un État de droit, c'est la loi qui s'impose. Aux termes de la législation en vigueur, a-t-il expliqué, l'autorisation d'exercer une activité industrielle est subordonnée à l'éloignement de cette usine dans un rayon d'au moins cinq cents mètres de toute habitation, immeuble occupé par des tiers, établissement recevant du public ou zone destinée à l'habitation, etc. Selon lui, la loi est claire et ne permet aucune ambiguïté.

Or, renseigne-t-il, des stocks de plusieurs centaines de pesticides dangereux sont exposés aux inondations pluvieuses qui drainent une eau sale et toxique en dehors de l'usine. ‘’En aucun moment de son existence, la direction de cette usine ne s'est conformée à la loi. L'usine ICS Senchim est un établissement de première classe. Elle figure en conséquence sur la liste des établissements présentant de graves dangers et inconvénients pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, l'environnement en général et la commodité du voisinage. En résumé, l'existence de l'usine au cœur de la cité Famara Ibrahima Sagna à Thiaroye-sur-Mer est l'illustration frappante, sinon d'une grave méconnaissance de la loi, du moins d'une volonté surprenante de ne point l'appliquer’’, regrette Moussa Badji.

Il ajoute : ‘’Nous sommes dans un État de droit qui prône le principe de l'égalité des sujets de droit et l'indépendance de la justice, mais surtout dans une République qui s'oppose à tout traitement différencié des personnes juridiques, une République où les droits des citoyens sont respectés. Des sanctions et des mesures fermes ont été prises par les autorités administratives et judiciaires à l'encontre d'ICS Senchim. Cependant, nous ne comprenons pas la lenteur liée à l'exécution effective de cet arrêté dans lequel des instructions fermes ont été données et nous vous rappellerons que la société ICS Senchim continue ses activités en violation flagrante des instructions administratives’’.

Le représentant des habitants de la cité Famara Ibrahima Sagna de renseigner que l’usine continue de produire et met en vente des pesticides à l'origine de nuisances olfactives, avec, en plus, un stock de plus de 500 t de pesticides obsolètes au niveau du site industriel. ‘’Elle n'est pas en règle au vu de la législation environnementale et ne respecte pas les prescriptions techniques en atténuation des nuisances’’.

Dans le souci de mettre fin à cette situation, ils lancent un appel aux nouvelles autorités pour un règlement définitif de cette situation. ‘’Le non-respect de cette décision de justice nous étonne. Cette usine nous cause énormément de dégâts. On ne peut plus continuer à vivre cette situation. Sur cette question, nous tendons la main aux nouveaux responsables de ce pays. Il faut qu'ils sifflent la fin de la récréation. L'État du Sénégal, à qui notre sécurité appartient, doit agir. Faire exécuter cette décision, mais aussi faire respecter ce que la loi a dit, c’est ce que nous voulons. Nous attendons l'application de l'arrêté et son exécution. Nous avons envoyé une correspondance à tous les ministres concernés. Le ministre de la Justice Ousmane Diagne connaît bien ce dossier, car, quand il était procureur, il est passé entre ses mains’’, révèle M. Badji.

 Cheikh Thiam

Section: 
SAINT-LOUIS : DON DE MOTOPOMPES : Les quartiers inondables soulagés
SECURITE SANITAIRE DES ALIMENTS AU SENEGAL, BURKINA ET MALI : La restauration de rue au cœur des préoccupations
CRISE DE L’ÉLECTRICITÉ Thierno Alassane Sall met en cause la gestion du secteur et écarte la thèse du sabotage
PÉNURIE DE SANG : La Présidence répond à l’appel du CNTS et vise la pérennité
JOURNEE INTERNATIONALE DES LANGUES DES SIGNES : Les chantiers de l'inclusion
RENSEIGNEMENT EXTÉRIEUR : Le Général Souleymane Kandé prend la tête de LA DGRE
COOPÉRATION EURO-AFRICAINE : L’Europe face à l’urgence de repenser son modèle de coopération
AFFAIRE KHADIM BA - TRANSACTION AVEC LA DOUANE : Me Massokhna Kane évoque un accord à un milliard
Marché de Thiaroye
Trafic de drogue
DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES : Makhtar Cissé veut briser le cycle du recommencement
RETOUR DES DELESTAGES : De l'électricité dans l'air
Détournement de mineure
GRÂCE PRÉSIDENTIELLE : 984 détenus bénéficient d’une grâce exceptionnelle
ME MOUSSA SARR A LA CONFERENCE DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO : « L’autorité de la justice réside aussi dans son effectivité »
LITIGE FONCIER À KEUR MOUSSA : 22,5 hectares au cœur d’un bras de fer
DÉLESTAGES - SORTIE DU DG DE SENELEC À LA RTS Senelec promet un retour à la normale jeudi
Trafic de produits psychotropes
SEPTEMBRE MANDINGUE : Dix membres de « lëls » non autorisés interpellés…
SAINT-LOUIS : LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE : Les acteurs accélèrent la traque des cas