Extraction frauduleuse de sable marin, inaction locale de protection des plages et propositions

Plusieurs comportements anthropiques occasionnent, aggravent l’érosion côtière et nous allons nous appesantir sur l’extraction frauduleuse de sable marin, l’inaction locale de protection des plages et des propositions. L’érosion côtière étant caractérisée, entre autres, par le recul du trait de côte.
1.Extraction frauduleuse de sable marin : cas de la commune de Bargny
La commune de Bargny fait partie des localités touchées par l’érosion côtière. Des journaux, des mass-médias ne cessent de sensibiliser, objectivement, sur la problématique de l’érosion côtière au Sénégal. Dans la commune de Bargny, dans le département de Rufisque de la région de Dakar, il existe encore une extraction frauduleuse de sable marin au niveau des plages. La plage est le barrage naturel entre la mer et le bâti, le continent. Maintenant dans le monde, dans beaucoup de localités pour faire face à l’érosion côtière, il est, très efficacement, pratiqué le réensablement sécurisé par apport extérieur de sable à la plage ou récupération de sable englouti par la mer (voir au Togo dans sitographie [1]). En effet, pour lutter contre l’érosion côtière, il faut, entre autres, protéger les plages, les reconquérir face à la mer. Donc, extraire frauduleusement le sable marin c’est favorisé l’érosion côtière. Pour mettre fin à cette extraction, des actions sont possibles.
1.1. Avoir des dépôts de sable non marin
Le sable est une denrée ou un matériau de première nécessité. Comme dans de pareils cas, avoir des dépôts ou des lieux de vente de cette précieuse denrée ou ce matériau est nécessaire. Ceci, participera forcément, aussi, à la création d’emplois dans une localité.
1.2. Ne pas acheter du sable marin auprès des charretiers et autres fournisseurs frauduleux.
S’il y’a offre continu, c’est parce qu’il y’a demande continue. Le sable marin est-il meilleur pour les constructions que le sable non marin ?
1.3. Appui aux forces de défense et de sécurité (FDS)
Les FDS, dans leur noble mission de sécurisation des personnes et biens, méritent appui pacifique. Par exemple par la loi n° 83-71 du 5 juillet 1983 portant Code de l’Hygiène, il y est stipulé dans le TITRE PREMIER (Règles d’hygiène publique) et dans la CHAPITRE V (Règles d’hygiène des plages) :
« Article L 27.- Il est interdit d’abandonner sur les plages tout objet susceptible d’altérer la propreté des lieux, notamment des boîtes de conserve des poissons ou des détritus.
Article L 28.-L’accès des plages est interdit aux chiens, même tenus en laisse, aux bovins et à tous les autres animaux.
Article L 29.- La circulation des animaux, des voitures à traction animale, des automobiles, motocyclettes et bicyclettes, est formellement interdite sur les plages. »
Ces dispositions montrent l’importance des plages qui font partie de l’écosystème marin.
1.4. Renforcer le statut territorial de Bargny
Pour faire face, efficacement à l’avancée de la mer à Bargny et communes contiguës concernées, nous proposons, dans la mesure du possible, que la commune de Bargny soit érigée en ville, en département avec, entre autres, une mission fondamentale de lutte contre l’érosion côtière qui impacte très négativement sur le développement durable et la santé. Le pouvoir exécutif appuie les collectivités territoriales via des fonds de concours (appui à l’investissement), au moins, qui pourraient participer à la lutte contre l’érosion côtière pour les 718 km du Sénégal. La localité de Bargny existe vers 1589 selon la littérature et est devenue une commune par le décret « Décret n° 90-1134 du 8 octobre 1990 portant création dans la région de Dakar des communes de Guédiawaye et de Bargny ».
La ville de Rufisque n’est pas confrontée à l’extraction frauduleuse de sable marin. Dans cette localité, il suffit de contacter un gérant de quincaillerie ou de dépôt de sable pour s’approvisionner en sable non marin via des charrettes ou des camions. Quelle belle et bonne organisation, quelle évolution positive, constructive méritant d’être suivie !
2.Inaction locale de protection des plages
Contrairement à des populations d’îles au Sénégal, certaines localités confrontées à l’érosion côtière ne mènent aucune action contre l’érosion côtière qui est à la fois une épidémie, une endémie et une pandémie. L’érosion côtière impacte négativement et entre autres sur le développement durable (l’environnement ou l’écologie, le social et l’économie) et la santé. Pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Santé est un « état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Un des déterminants de la santé est le facteur comportemental. Ainsi, nous pensons, avoir un comportement d’inaction locale de protection des plages favorise l’érosion côtière.
Pour lutter contre cette inaction, différentes actions synergiques pourraient être menées.
2.1. Pour les acteurs des Collectivités territoriales, diriger ou actionner ou encourager ou coordonner avec les services techniques compétents la lutte contre l’érosion côtière au niveau des plages.
2.2. Pour toute action citoyenne au niveau des plages (lutte contre le péril plastique, la pollution des eaux, …), y inclure la lutte contre l’érosion côtière.
2.3. Protéger et renforcer la végétation marine côtière qui lutte contre l’érosion côtière, par, entre autres, la fixation du sable, des dunes.
2.4. Sensibiliser sur les mesures de lutte contre l’érosion côtière. Les maladies contagieuses comme Ebola (une anthropozoonose) et non contagieuses très grandissantes comme le diabète, la tension peuvent-elles être vaincues sans sensibilisation ?
Pour s’adapter ou réduire le risque des submersions marines et des érosions côtières, Castelle (2024) donne quatre (04) solutions consistant à mettre en place des: -ouvrages de défense : lutte active avec des digues de protection, des brise-lames,….; -mesures dites "souplesˮ qui accompagnent les processus naturels : gestion des dunes, rechargement de plages, … ; -solutions fondées sur la nature : restauration des écosystèmes littoraux (marais locaux par exemple) ; -replis stratégiques : relogements des populations pour qu’elles ne soient pas exposées à la submersion marine et à l’érosion côtière.
A ces mesures à combiner, nous ajoutons les luttes contre l’extraction frauduleuse de sable marin et l’inaction locale de protection des plages.
2.5. Dans le cadre des responsabilités sociétale, territoriale et élargie des entreprises ou des producteurs (RSE, RTE, REP) y inclure la lutte contre l’érosion côtière. Des entreprises sont même victimes d’érosion côtière.
3.Sitographie
Par Assane SECK (Seckane).
Retraité. Ingénieur. seckassane66@gmail.com. seckassane5@gmail.






