Publié le 12 Aug 2026 - 19:21
ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE THIÈS

Les viatiques de Déthié Fall aux 150 nouveaux ingénieurs

 

À l'occasion de la cérémonie de remise des diplômes des promotions 48 et 49 de l'École Polytechnique de Thiès (EPT), le ministre des Infrastructures et parrain des deux promotions, Déthié Fall, a invité les 150 nouveaux ingénieurs à placer la rigueur, l'éthique et le sens de l'intérêt général au cœur de leur parcours professionnel.

 

Devant les nouveaux diplômés, Déthié Fall a d'abord salué l'aboutissement de plusieurs années d'efforts, de sacrifices et de persévérance. Il a également rendu hommage aux familles, aux enseignants et aux encadreurs, dont l'accompagnement a largement contribué à la réussite des promotions 48 et 49.

Mais pour le parrain, l'obtention du diplôme ne saurait constituer une finalité. « Le diplôme que vous tenez ce matin n'est pas une fin ; il est juste un commencement », a-t-il lancé aux nouveaux ingénieurs, les invitant à considérer leur sortie de l'EPT comme le début d'une longue responsabilité professionnelle.

S'appuyant sur son parcours d'ingénieur polytechnicien et son expérience dans la gestion des infrastructures, Déthié Fall a insisté sur les exigences qui doivent accompagner l'exercice de la profession.

À ses yeux, être polytechnicien ne se résume pas à détenir un diplôme ou à maîtriser des connaissances techniques. Cela implique également d'incarner une culture professionnelle fondée sur la rigueur, la performance, le pragmatisme et la recherche du résultat.

Le triptyque « coût, délai, qualité »

Dans la conduite des projets, le ministre a notamment placé le respect du triptyque « coût, délai, qualité » au centre des priorités. Chaque ressource mobilisée, à ses yeux, doit être utilisée de manière optimale, tandis que le respect des délais doit constituer une exigence permanente. Un retard dans la réalisation d'une infrastructure peut avoir des conséquences importantes sur les populations, qu'il s'agisse d'une école, d'un centre de santé, d'une route ou d'un ouvrage destiné à soutenir l'activité économique.

La qualité, quant à elle, doit demeurer, selon Déthié Fall, la véritable signature de l'ingénieur. Les infrastructures conçues aujourd'hui étant destinées à servir pendant plusieurs décennies, leur conception comme leur réalisation doivent répondre aux standards les plus élevés.

« Un ingénieur corrompu est un danger public »

Au-delà de l'expertise technique, le ministre des Infrastructures a consacré une large partie de son intervention aux questions d'éthique et de déontologie.

Déthié Fall a appelé les nouveaux ingénieurs à cultiver l'honnêteté intellectuelle et technique, la confidentialité, la loyauté et l'indépendance dans la prise de décision.

Le parrain a surtout livré une mise en garde ferme contre la corruption. « Un ingénieur corrompu est un danger public. Il n'est plus un professionnel, il est une menace », a-t-il martelé.

Une formule qui traduit, selon lui, la responsabilité particulière des ingénieurs appelés à concevoir, contrôler et superviser des infrastructures qui engagent directement la sécurité et le bien-être des populations.

Le ministre les a également invités à intégrer les impératifs de protection de l'environnement et la responsabilité envers les générations futures dans leurs choix professionnels.

Des ingénieurs au cœur de l'Agenda Sénégal 2050

Pour Déthié Fall, les défis auxquels le Sénégal est confronté exigent une nouvelle génération d'ingénieurs capables de conjuguer expertise technique, innovation et connaissance des réalités du terrain. Les besoins sont nombreux : routes, ponts, barrages, réseaux d'eau et d'énergie, infrastructures numériques, systèmes aéronautiques ou encore aménagement urbain.

Dans un contexte marqué par les enjeux de mobilité, d'équité territoriale, de résilience climatique et de compétitivité économique, le ministre a exhorté les nouveaux diplômés à ne pas limiter leur action aux bureaux.

Il les a invités à aller sur le terrain, à se rapprocher des territoires et des populations et à accepter les missions difficiles, là où les besoins sont les plus importants. Cette approche doit notamment contribuer à la mise en œuvre de l'Agenda national de Transformation Sénégal 2050, dont les ambitions nécessitent des compétences techniques et humaines à la hauteur des enjeux.

Déthié Fall a cité plusieurs projets et programmes illustrant cette nécessité, notamment la boucle du Fouladou, l'axe autoroutier Dakar-Tivaouane-Saint-Louis, les pistes de désenclavement, le New Deal technologique, les plateformes industrielles ainsi que le programme de réhabilitation et de reconstruction des aéroports du Sénégal.

Revenant sur les orientations nationales en matière d'enseignement supérieur, de recherche et d'innovation, le parrain des promotions 48 et 49 a rappelé les propos du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, sur la nécessité de mieux adapter les formations aux priorités nationales et aux objectifs de transformation du pays.

Pour Déthié Fall, cette orientation confère aux ingénieurs une responsabilité particulière dans la construction du Sénégal de demain. Leur rôle ne doit pas se limiter à l'exécution de projets, mais doit également englober la capacité à proposer des solutions innovantes et adaptées aux réalités locales.

En acceptant de parrainer les promotions 48 et 49, le ministre a par ailleurs assuré vouloir maintenir un lien avec les nouveaux diplômés au-delà de la cérémonie. Il s'est engagé à rester pour eux « une référence professionnelle, un repère, une porte ouverte ».

Le ministre les a également exhortés à cultiver l'humilité et l'écoute, notamment dans leurs relations avec leurs collaborateurs et collaboratrices. À travers ce message, le parrain des promotions 48 et 49 a ainsi invité les nouveaux ingénieurs à faire de leur compétence un outil au service du développement, et de leur éthique une boussole dans l'exercice de leurs responsabilités.

Ndeye Diallo (Thiès)

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