Publié le 14 Oct 2026 - 11:53
LUTTE CONTRE LES VBG  

Quand le Sénégal s'inspire du modèle Béninois

 

De 2021 à août 2026, l'institut national des femmes du Bénin (INFB) a eu près de 13 000, 13 000 plaintes toutes catégories confondues et il faut savoir que les violences qui viennent en tête de liste sont les violences psychologiques, suivies des violences sexuelles et malheureusement de plus en plus de mineurs sont impliqués dans ces sont victimes de ces de ces violences-là.

 

Ces informations sont de Djinou Flore Secrétaire exécutif de l'Institut national de la femme du Benin. C'était en marge d'une rencontre tenue dans le cadre d'un panel, organisé par Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) à l'occasion de la 89em session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Il avait pour thème :"Stop aux violences faites aux femmes et particulièrement aux filles, en particulier au niveau du Bénin".

"Alors, pour être honnête, le secret du Bénin, c'est d'abord et avant tout une volonté politique. C'est parce qu'à un moment donné, nous avons eu un chef de l'État ultra-féministe, qui voulait non seulement des lois, donc un cadre normatif, un cadre législatif, qui voulait des lois et qui voulait mettre en place une institution forte, dotée de mandats ultra, ultra, ultra modernes.

Et donc le secret de l'Institut National de la Femme, c'est d'abord cette volonté politique là. Ensuite, le deuxième secret, c'est d'avoir de bonnes personnes à la bonne place. Donc il a su mettre à la tête de l'institution des personnes qui ont compris sa vision des choses et qui ont et qui ont compris comment il fallait aussi les mettre en œuvre. Est-ce que ça a été facile ? Non, mais nous sommes en train d'y arriver tout doucement" a-t-elle expliqué. 

Côté bilan, il y a beaucoup de choses hein. Entre 2021, année de naissance de l'Institut National de la Femme et août 2026, elles ont accompagné plus de 8 000 femmes sur des questions de prise en charge psychosociale, médicale et toutes les questions qui entourent les référencements. "Nous avons eu aussi des formations, beaucoup formé les acteurs, non seulement de la chaîne de prise en charge, mais aussi former des acteurs tels que les officiers de police judiciaire puisqu'ils sont aussi une porte d'entrée, ce sont les premières personnes que les communautés vont voir lorsqu'elles ont des problèmes de violence.

Il y a eu aussi des dossiers qui ont été portés en justice puisque nous avons un mandat juridique et judiciaire qui nous permet d'ester en justice et de nous constituer partie civile. Donc sur près de 4 000 dossiers portés devant les juridictions, nous avons pu obtenir plus de 1 200 verdicts qui sont favorables aux femmes et aux filles" a-t-elle ajouté. Avant de rappeler qu'avant l'Institut National de la Femme, les dossiers en justice n'avaient pas de fin en fait. Les femmes n'avaient même pas la possibilité d'aller jusque devant les juridictions. "Aujourd'hui, l'Institut National de la Femme rend ce parcours possible, facile et accessible pour elles" a-t-elle précisé.

"L'État du Bénin leur a donné un mandat pour qu'ils puissent faire une prise en charge holistique des VBG"

Pour Rokhaya Diakhaté, Directrice de la Famille et de la protection des couches vulnérables au sein du Ministère de la Famille et des Solidarités a dit remarquer que à l'Institut National de la Femme du Bénin est en train de faire des pas de géants dans ce qui concerne la thématique d'une importance capitale qui est la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. "L'État du Bénin leur a donné un mandat

pour qu'ils puissent faire une prise en charge holistique des victimes des violences donc de la prise en charge sanitaire, psychologique, socio-économique, juridico-judiciaire et sans frais, sans vraiment de façon gratuite. Et nous nous sommes dit qu'il était important que le Sénégal puisse s'imprégner, de ce qui se fait au niveau du Bénin parce que nous aussi au Sénégal, nous avons le Plan d'action national pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles" a-t-elle informé.

Avant d'ajouter que ledit plan, a été validé tout dernièrement par le Ministre de la Famille, de l'Action sociale et de la Solidarité. Ils vont le mettre en œuvre et dans ce dans ce deuxième plan d'action toutes toutes toutes les formes de violence ont été prises en charge et même les violences numériques et qui font que les femmes n'osent plus s'afficher en politique, n'ont plus voix au chapitre parce que tout simplement de peur d'être stigmatisées, à d'être discriminées, à d'être violentées par les utilisateurs de ce médium là.

"Mais ce qu'on sait, c'est que nous allons apprendre de cet institut qui est très fort et qui a été vraiment appuyé par l'État du Bénin et nous allons en faire vraiment une référence. Je pense que ils ont également une un système une plateforme de référencement et de contre-référencement et nous irons avec l'accord de nos autorités faire du benchmarking au Bénin parce que il faut que ces violences-là cessent au Sénégal et pour que les filles et les femmes du Sénégal puissent vivre dans la paix, dans la sérénité et participer au développement socio-économique pour l'atteinte des objectifs du développement de la vision Sénégal 2050_ a promis Dr Diakhaté. 

Cheikh THIAM

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