Publié le 19 Jun 2023 - 23:17
AFFECTATION DE GREFFIERS

Ngagne Demba Touré à Matam pour compléter “l’effectif”

 

Le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, a procédé à l’affectation de 61 greffiers. La mesure a été prise le vendredi 16 juin 2023. Parmi les greffiers qui ont été mutés, figure Ngagne Demba Touré de Pastef.

 

Au ministère de la Justice, soixante-et-une notifications d'affectation ont été délivrées à des greffiers. Pour les motifs de ce mouvement massif, le garde des Sceaux a principalement évoqué le "complément d'effectifs". Ainsi, ces fonctionnaires de l'État sont désormais appelés à servir dans les tribunaux d’instance et de grandes instances de Dakar, Pikine, Saint-Louis et Tambacounda, entre autres localités.

 Mais sur cette longue liste, un nom attire toutes les attentions. Il s'agit de celui de Me Ngagne Demba Touré, membre de Pastef. Il est affecté au tribunal de grande instance de Matam.

Mais pour le principal concerné, cela ne fait l'ombre d'un doute : cette décision n'est qu'arbitraire, voire punitive. Il l'a d'ailleurs commenté sur sa page Facebook : "Par arrêté n°022016 en date du 16 juin 2023, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Monsieur Ismaïla Madior Fall, m’a affecté au tribunal de grande instance de Matam pour «complément d’effectif». La résistance constitutionnelle contre la dictature continue."

Le greffier avait annoncé dans la foulée revenir sur cette affaire plus largement via une "déclaration importante". Mais jusque-là, il ne l’a pas fait.

Par ailleurs, lors de la dernière conférence de la coalition Yewwi Askan Wi (vendredi dernier), Me Ngagne Demba Touré s'en est pris à sa tutelle. Selon lui, la prérogative d'Ismaïla Madior n'est pas de se prononcer sur une décision judiciaire. "Un ministre de la Justice ne commente pas une décision de justice, d’autant plus qu’elle n’est pas encore définitive. Il ne doit pas entrer dans l’esprit du juge. Est-ce que cela ne signifie pas que cette décision émane de lui, en tant que ministre de la Justice ? Le ministre de la Justice dépasse maintenant son attribution.

Il ne lui revient pas de commenter une décision de justice. Il tente d’influencer la juridiction d'appel. Le juge n’a sorti qu’un dispositif qui est un prononcé. Tant que le juge ne sort pas la décision, la cour d'appel ne peut pas statuer. Le juge qui doit rendre la décision ne s’est pas encore prononcé. Je me demande sur quelle base le ministre de la Justice se permet de parler de la décision. Elle émane sûrement de lui. Cela signifie tout simplement qu'il s'est immiscé dans le jugement. Qu’il ait le courage de le dire’’, a déclaré le greffier.

Pour rappel, lors de la récente conférence de presse du gouvernement à laquelle avait pris part le ministre de la Justice, ce dernier était revenu sur le jugement du 1er juin, tout en donnant les suites possibles à celui-ci. "Premier élément de réponse, il faut que la décision soit disponible et qu’elle lui soit notifiée. Une fois que la décision lui est notifiée, lui-même se constitue prisonnier ou alors le parquet va le cueillir. C’est une fois ceci fait qu’il a dix jours pour se constituer prisonnier et accepter la décision ou alors, il peut dire qu’il n’est pas d’accord. Dans ce cas, il pourrait être rejugé par la même juridiction, voire la même chambre. Ce n’est pas un appel, mais plutôt une opposition qu'il peut faire", a expliqué le garde des Sceaux Ismaila Madior Fall.

Mamadou Diop

 

Section: 
LOTISSEMENT DE MBOUR 4 : Le gouvernement accélère la restructuration
FACULTÉ DE MÉDECINE UCAD : Le symbole de l’intégration
40 MILLE VICTIMES - 2,5 MILLIARDS FCFA DÉTOURNÉS : Une fraude géante mise à nu
MINUSCA : Un militaire sénégalais tué, sept autres blessés en Centrafrique
INTERPELLÉS HIER PAR LES LIMIERS DE GRAND YOFF : « Gendarme Sow » et « policier Diop » dépouillaient les commerçants
SOLIDARITÉ ISLAMIQUE : L’héritage unificateur de Seydina Limamou Lahi
TRAFIC DE DROGUE, BLANCHIMENT D’ARGENT, FINANCEMENT DU TERRORISEME… Les acteurs de la lutte contre le crime organisé peaufinent leur stratégie à Dakar
FACE AUX ATTAQUES ARMÉES DES VOLEURS DE BÉTAILS : Les éleveurs de Simbandi Brassou réclament justice et protection de leurs biens
SAINT-LOUIS : DÉMATÉRIALISATION DES COMMANDES PUBLIQUES : La plateforme “Appel” présentée aux acteurs de la zone Nord
COMMERCIALISATION DES PRODUITS SOFTCARE : La mission parlementaire entame les auditions
FONDEMENTS ÉTHIQUES : La solidarité comme projet de civilisation à Diamalaye
DIPLÔMES DES BACHELIERS DE 2018 RETENUS PAR DES ÉCOLES PRIVÉES : L’annonce de la fin du calvaire des étudiants
Saisie de chanvre à Fatick
ANSD
Pénurie d’eau
Université Sine Saloum
Journée sociale à Touba Ndindy
JOURNEE SANS PRESSE ET POLEMIQUE POLITIQUE : Le CDEPS dément Cheikh Bara Ndiaye
MANIFESTATION DANS LA SOLIDARITÉ : Ce que Baye Laye disait dans ses sermons
LUTTE CONTRE LES VBG : La CNDH et l’Institut des inégalités de Catalogne misent sur le partage des bonnes pratiques