Publié le 16 Apr 2020 - 23:47
ARRÊT DES CEREMONIES DE MARIAGE, BAPTÊME…

Les griots réclament leur ‘’morceau’’ à l’État

 

Affectés, eux aussi, par la crise de la pandémie de la Covid-19, les griots de Thiès crient au secours et réclament à l’État du Sénégal une part spécifique, en vue de faire face à la mauvaise passe que traversent leurs familles.

 

Ils ont cessé de chanter dans les cérémonies telles que les mariages, les baptêmes et les rencontres politiques souvent aux allures de meeting. Ils ont rangé les tam-tams (djembé, le tambour…). Les griots de Thiès, envoyés en chômage technique par la pandémie de la Covid-19, subissent de plein fouet les conséquences de cette maladie qui a fait son apparition au Sénégal le 2 mars dernier.

Depuis l’annonce du premier cas au pays de la Téranga, leurs activités ont commencé à tourner au ralenti. Et les choses ont empiré le jour où le chef de l’État, Macky Sall, a décrété l’état d’urgence et le couvre-feu. Des mesures qui empêchent, depuis lors, les citoyens de profiter de leurs belles envolées lyriques.

Ainsi, l’Association des griots de Thiès attire l’attention de l’État du Sénégal sur leur sort. ‘’Nous lançons un cri du cœur à l’État du Sénégal, parce que nous ‘sommes en chômage technique’, à cause de l’état d’urgence et du couvre-feu décrétés par le président de la République Macky Sall. Face à cette situation, beaucoup de ménages rencontrent d’énormes difficultés. Parce que les responsables de ces ménages étaient des batteurs de tam-tam. Compte tenu de la maladie du nouveau coronavirus, rien ne marche dans ce pays. Il n’y a plus d’activités sonores et de regroupements. Tout est interdit. Et cela nous affecte’’, déclare sur un ton de détresse El Hadj Déguène Diouf.

Ainsi, le président de l’Association des griots de Thiès soutient qu’il appartient à l’État du Sénégal, dans ce contexte de crise économico-sanitaire, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour leur venir en aide.

De l’avis du griot en chef de la ville de Thiès, ses camarades et lui ne doivent pas être les ‘’oubliés’’ de la République, en ce moment où tout le monde ou presque a besoin d’aide. ‘’C’est nous qui assurons l’animation des mariages, des baptêmes et des meetings. Toute animation culturelle, c’est nous qui l’assurions. C’est la raison pour laquelle nous prenons la peine de rappeler au gouvernement l’important rôle que nous jouons dans cette société. Il faut qu’il nous vienne en aide et nous soutienne dans ces moments difficiles. Parce que nous sommes vraiment très fatigués. C’est vrai que nous sommes très fatigués et le disons à haute voix. Car rien ne marche chez nous’’, se désole-t-il.

Les griots pour une aide spéciale

Avant de s’adresser à l’autorité suprême, l’Association des griots de Thiès a cherché, dans un premier temps, à rencontrer le maire de la ville. Par cette stratégie, El Hadj Diouf et Cie voulaient déposer leurs principales doléances sur la table de Talla Sylla. Cependant, l’audience de l’espoir n’a pas encore eu lieu. Leur rencontre avortée avec Talla Sylla les a poussés à demander l’aide de Macky Sall. Le griot en chef de Thiès considère que l’État doit leur accorder une ‘’aide spéciale. C’est à l’État du Sénégal de nous soutenir, en cette période de crise’’, souligne-t-il. Avant d’ajouter : ‘’Nous demandons un appui financier conséquent, pour pouvoir joindre les deux bouts. Parce que la situation que nous vivons est extrêmement difficile. Je puis vous le confirmer.’’

Pour sa part, le secrétaire général à l’organisation estime qu’avec le pays ‘’à l’arrêt’’, trouver une solution urgente à leurs problèmes s’impose. ‘’Il n’y a plus de cérémonies familiales. Ici, au Sénégal, tout le monde sait que c’est cette principale activité qui nous permet de nourrir nos familles. On ne chante plus, on ne bat plus de tam-tam. On ne travaille plus à cause de la pandémie de Covid-19 qui sévit dans le pays. On sent cette crise au plus profond de nous-mêmes’’, se lamente Modou Fall Sène, aussi porte-parole de l’Association des griots de Thiès.

Il rappelle également au gouvernement que ses camarades et lui doivent bénéficier des mesures urgentes et du fonds déployés pour alléger la souffrance des ménages en cette période de crise liée à la pandémie de la maladie à coronavirus.

Ces griots n’étant pas des artistes professionnels, n’ayant signé aucun contrat, il serait difficile de les prendre en compte dans la part du fonds Force-Covid-19 réservée à la culture.

GAUSTIN DIATTA (THIES)

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