Publié le 27 Jan 2026 - 20:44
TRANSPOSER L’HOSPITALITÉ SÉNÉGALAISE EN MILIEU PROFESSIONNEL...

Sokhna Diaw développe le concept Teranga esprit

 

Matérialiser l’hospitalité sénégalaise en milieux professionnel,  commercial et public C’est le défis que s’est lancé Sokhna Diaw à travers le concept Teranga Esprit. Dans ce cadre, une exposition d’art est organisée au Musée Théodore Monod.

 

Le Sénégal se fait appelé pays de la Teranga. Connue et appréciée presque partout dans le monde, la teranga Sénégalaise est moins présente en milieu professionnel.  "On reçoit très bien à la maison, mais dans le milieu professionnel ou ailleurs, on ne reçoit pas de la même manière. Pourquoi ailleurs on n'est pas chaleureux, bienveillant, etc. ?´´, se désole Sokhna Diaw, impressionnée par la l’hospitalité sénégalaise.

Elle a remarqué que dans les foyers, autour d'un repas, lors des rencontres familiales ou des cérémonies traditionnelles, la Téranga s'exprime comme une philosophie de générosité, de bienveillance, d'attention à l'autre et de respect. Elle transforme, dit-le, chaque visite en un moment mémorable.Mais, à ses yeux, cet art du recevoir, profondément ancré dans la vie sociale, connaît un décalage dans les milieux professionnels, commerciaux et publics, où "la qualité de l'accueil ne reflète pas toujours cet héritage ".

Fort de ce constat, elle a développé un concept dénommé  Teranga Esprit,  une maison de conseil et de formation spécialisée dans le domaine des normes et de l’expérience client. Donc, l'idée, c'est de pouvoir changer l'esprit des gens à travers ce concept.  Il s’agit de transposer cette l’hospitalité sénégalaise  en milieu professionnel, mais aussi dans la rue, bref, partout. "Teranga Esprit, c'est de pouvoir standardiser ça, et puis, monitorer ça ". Ainsi, un outil d’évaluation est mis en place. 

Sokhna Dia a organisé une exposition d’art est organisée au Musée Théodore Monod. Ce,  en collaboration avec des artistes, designers et galeries dont Faty Ly, désigner et céramiste, et  la galerie ARTE. L’exposition renseigne que, pour le Teeru ( l’élégance relationnelle), l’esprit qu’il faut avoir est ce que "quel que  soit le chemin, quel que soit le moyen, chacun arrive avec une histoire, des attentes, des priorités". Ainsi, chaque personne est accueillie avec respect, attention et considération. Sokhna Diaw  note qu’il faut de  l'élégance dans la parole et dans les comportements. "Les mots doivent être bien choisis. Les gestes doivent être élégants. Même les non-dits  doivent toujours être élégants. Et cette élégance, il faut la faire sentir", a-t-elle déclaré.

Dans l’exposition, à l’entrée, on voit du sable tamisé puis une bonne odeur de thiouraye nous accueille. "Avant les mots, le parfum", selon Sokhna Diaw. "Le thiouraye prépare l'espace et annonce la présence.Il ne s'impose pas, il accompagne ", a-t-elle indiqué.  Un Entre autre, le "ndaa" (canari), installé juste après, dans la cour, fait partie du Terral ( le service raffiné et attentionné):  offrir à boire de l’eau, du thé….

Il y a aussi un salon à la sénégalaise rappelant la belle époque. On y voit comment les salons d'accueil étaient chaleureux mais aussi l'élégance des personnes et le talent des artisans locaux. À l’entrée de ce salon, il y a une inscription: Tàbbisil (inviter à entrer,  à s'installer) "Dans la tradition sénégalaise, tàbbisil est un geste d'accueil essentiel. Il ne s'agit pas seulement d'ouvrir un passage, mais d'offrir une place. Par ce geste, l'hôte dit sans mots : 'Vous êtes attendu. Prenez place. Vous êtes ici chez vous ", a-t-on précisé. Ainsi,  tàbbisil fait partie intégrante du rituel d'accueil : un temps de transition entre le dehors et le dedans, où l'attention portée à l'autre commence. Autant de symboles pour montrer qu'il est important que l'on puisse bien s'occuper de l'autre.

L’outil de mesure

Pour Sokhna Diaw, dans un monde où les interactions humaines sont de plus en plus marquées par l'indifférence et la déshumanisation, offrir un accueil authentique et un service d'exception devient une véritable signature. Trop souvent, explique-t-on, l'expérience client et citoyenne se limite à des échanges froids et impersonnels, réduisant la relation à une simple transaction, sans chaleur ni considération.

Sokhna Diaw et Cie ont fait une immersion dans des milieux professionnels pour voir comment ça se passe. "Une fois qu'on a vu ça  avec  notre regard d'expert, on construit, avec la structure et ses employés,  un référentiel", a expliqué Sokhna Diaw.  Le référentiel tourne autour de Terru (l'accueil chaleureux et la bienveillance); Terral ( le service raffiné et attentionné; Taru ( l'élégance relationnelle). "Donc, on va construire ensemble ce référentiel. Après, on va former les équipes à partir de ça. Une fois qu'on les a formées, sur le terrain, on les accompagne également. Tout  ça pour que les gens aient les bons gestes et les bons mots, et l'habitude d'offrir à boire, au moins, quand la personne rentre quelque part", a ajouté Sokhna Diaw.

Au-delà du milieu professionnel, un classement des quartiers les plus accueillants a été réalisé. "On a pris 1000 acteurs de l'informel (vendeuse de petit-déjeuner, coiffeur, vendeur de fruits et légumes, etc). Il  y avait 10 badiennes (femmes) sont allées sur le terrain leur poser un QR code. Ce dernier permet aux gens de donner leur avis en chinoisant sur à à 6  cœurs", a détaillé Mme Diaw.  1 cœur signifie qu’il n’y a aucun avis, aucune considération. Et le 6 cœurs, veut dire que l’hospitalité est vraiment présente.

"Mesurer cela  en récoltant ces informations,  permet de pouvoir dire tel quartier, il y a plus d'hospitalité que tel autre quartier", a indiqué l’initiatrice de Teranga esprit. Dieuppeul, Liberté 6, et Pikine font partie des top 3. "Il faut faire rayonner cette Teranga. Et cela doit être durable. Pour qu'elle soit durable, il faut la standardiser. Pour la standardiser, on a justement, nous, 3 niveaux (Teeru, Tarru, Terral). Et  pour la mesurer, il faut l’outil topato ´´, dit-elle.

Le concept Teranga esprit est notamment conçu pour apporter soutenir tous les secteurs que ce soit dans le secteur public comme le secteur privé : transport, établissement de santé, tourisme, etc. Par exemple, le ministère du Tourisme peut décider de mettre le QR code de l’outil Toppatoo (prendre soin) au niveau de l’aéroport. Cela permettra aux touristes de donner leur avis. "J'aime mon pays. Je voudrais que cette Teranga rayonne. C'est comme si c'était aujourd'hui une raison d'être, une mission pour moi ", a souligné  Sokhna Diaw. "Je voudrais que les gens soient plus heureux, qu'il y ait plus de sourire, que les gens soient plus bienveillants envers l'autre ", a-t-elle poursuivi.

BABACAR SY SEYE

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