L’Union régionale de Dakar dénonce des appels à la violence

Dans un communiqué publié hier, l’Union régionale de Dakar du Parti socialiste a haussé le ton contre certains de ses propres camarades, accusés d’avoir appelé à la violence pour faire échouer l’Assemblée générale des secrétaires généraux de coordination convoquée par la Secrétaire générale du parti, Aminata Mbengue Ndiaye, ce samedi 13 juin à la Maison Léopold Sédar Senghor (LSS).
Selon le texte, ces « appels à la violence » émaneraient de militants de Dakar-Plateau et auraient été proferés la veille, lors d’une réunion du département de Dakar tenue dans les mêmes locaux. L’Union régionale y voit une tentative délibérée de saboter une rencontre qu’elle qualifie d’« importante », et dénonce des « comportements irresponsables » de la part de camarades qu’elle accuse d’être en rupture avec la discipline et les valeurs du parti. Elle affirme que toutes les mesures nécessaires seront prises pour protéger personnes et biens contre « toute violence insurrectionnelle, d’où qu’elle vienne », et prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale.
Cette assemblée générale, élargie aux présidentes des Unions régionales, aux responsables des mouvements de jeunesse, du Conseil consultatif des sages et d’autres structures du parti, ainsi qu’aux socialistes de la diaspora, doit notamment permettre la restitution des travaux de la Commission spéciale de relance et un état des lieux des coordinations à travers le pays. Elle s’inscrit dans un contexte de relance et de réorganisation de la formation que la direction du parti dit vouloir mener.
Ce nouvel épisode de tension confirme les fractures internes qui agitent le PS depuis plusieurs mois. Le maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, avait déjà publiquement critiqué la gestion de certaines initiatives internes par la secrétaire générale, déplorant un déficit de concertation au sein du parti. Plus récemment, la direction avait également dû réagir à la tenue d’une réunion non officielle organisée par des responsables et militants en dehors des cadres statutaires, autour d’un projet baptisé « Duundal Sénégal » jamais validé par les instances dirigeantes.
La légitimité même de la direction intérimaire d’Aminata Mbengue Ndiaye, qui assure la suppléance depuis le décès d’Ousmane Tanor Dieng en 2019 sans qu’un congrès n’ait été organisé depuis, a par ailleurs fait l’objet de contestations judiciaires de la part de cadres dissidents. C’est dans ce climat de défiance persistante que se tient, ce samedi, l’Assemblée générale censée donner le coup d’envoi de la « relance » du parti.






