Publié le 16 Jan 2025 - 00:27

Conseil constitionnel et l’incompétence

 

« Il est inconcevable que les Sénégalais continuent de s'accommoder des déclarations d'incompétence du Conseil constitutionnel.  Dès lors, la réforme ne peut plus attendre. Il s'agit là d'un dossier dont le traitement s'avère urgent. Jusque-là, tous les prétendants au pouvoir ont décrié les défaillances du système et annoncé des réformes de l'organe, mais ils ont fini par s'en passer, pour ne pas dire fait exprès d’oublier afin d'éviter d’affronter les rigueurs d’un juge constitutionnel fort.
 

De toute évidence, cette réforme s'imposait davantage et paraissait plus urgente que la révision constitutionnelle portant suppression du HCCT et du CESE. En vérité, il n’y a que la loi portant abrogation de la loi d’amnistie qui peut rivaliser avec ladite réforme.
 

À présent, nous venons de traverser deux conflits relatifs à l’exercice du mandat politique découlant du suffrage universel sans que les sages puissent les trancher. Devant le Conseil constitutionnel, lÉtat a même soulevé l’argument de l’incompétence de la juridiction à trancher les contentieux relatifs à la déchéance d’un mandat de député et à l’attribution du poste de 8ᵉ vice-président de l’Assemblée nationale.
 

C’est très lâche de notre part, nous autres politiques, de dénoncer les décisions d’incompétence répétées des juges constitutionnels alors que c’est le politique qui peut et qui doit modifier la loi en vue de donner une large compétence au Conseil. En effet, ce dernier s'est toujours déclaré incompétent au regard des dispositions légales en vigueur.
L’incompétence du Conseil n’est pas seulement due au manque de témérité des juges; c'est surtout parce que la loi ne lui a donné que des compétences limitativement énumérées.
Tout compte fait, la première réforme corrective qui est attendue ira dans le sens de donner aux sages une compétence générale. Il suffira ainsi de mettre dans la loi la possibilité pour ces derniers de juger de la constitutionnalité des lois et de faire office de régulateurs du fonctionnement des institutions et de l'activité des pouvoirs publics.

 

La deuxième réforme attendue est relative à sa composition et aux modalités de désignation de ses membres. Certes, le président de la République et le Parlement devront continuer d'en désigner certains. Cependant, les membres élus devront être plus nombreux que les membres nommés. Les membres provenant des corps tels que les avocats, les professeurs titulaires des universités ainsi que les magistrats devront tous être élus par leurs pairs.
 

Il s'agit là d'une réforme urgente qui garantira la stabilité institutionnelle en même temps qu'elle promouvra l'émergence d'une démocratie apaisée. Cette réforme progressiste n’est non seulement pas compliquée, mais elle peut se réaliser dans les meilleurs délais.
 

J’en interpelle directement le président de la République ainsi que le Premier ministre. Ils en ont les moyens politiques, surtout avec la forte majorité parlementaire qualifiée dont ils disposent à l’hémicycle. »

MOUSSA TINE
PRÉSIDENT DE L’ALLIANCE DÉMOCRATIQUE PENCOO

*le titre est de la rédaction

 

Section: 
RECOMPOSITION POLITIQUE POST-ALTERNANCE : Le débat initié par le ministre Abdou Fall sur les mutations en cours du système partisan sénégalais, mérite désormais d'être regardé comme un véritable exercicPréparer une succession ou réinventer une espérance ?
LE GRAND MAGAL DE TOUBA : Un puissant levier de souveraineté économique pour le Sénégal
POLITIQUES ENVIRONNEMENTALES AU SÉNÉGAL : Entre urgence climatique, gouvernance internationale et réalités locales
QUINQUENNAT OU SEPTENNAT : Ne créons pas un problème là où la Constitution a déjà tranché
ENJEUX DE LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION DANS UN CONTEXTE DE SCISSION AU SEIN DE PASTEF-LES PATRIOTES : Wërwërloo beek wiiri wiiri bi, du ko teree jaari ndaari !
SONKO / DIOMAYE : La rupture définitivement consommée
SÉNÉGAL : Le grand théâtre de la fidélité sélective
KIIRAY, OU L’EXIGENCE DE REFAIRE LA RÉPUBLIQUE : Quand un parti politique choisit de placer la Nation au-dessus de lui-même
Touba à l’aune du territoire mouride
Pour Maguèye Kassé
Sa fitna et nous
HOMMAGE À IDRISSA FALL : Ce discret monument du journalisme africain et mondial
LUCIANO GENOVESIO : La peinture comme acte de souveraineté
*Où sont ceux qui disaient « France dégage ! » ?*
L'afrique mérite mieux que la dispersion de ses voix
LA QUERELLE DE PATRIOTISME OU L’ÉCHEC D’UN MANDAT : Tous responsables !
L’EAU QUI COULE SOUS NOS CLIMATISEURS : Une ressource sénégalaise gaspillée
Les quatre paris politiques risqués du Président Diomaye Faye
EXODE RURAL ET MIGRATION IRRÉGULIÈRE : Le délégué de quartier au cœur des mobilités territoriales
LE JOUR DU DÉPASSEMENT : Comment l’humanité vit à découvert à partir du (ndlr) 22 juillet ?