Publié le 16 Nov 2014 - 00:44
COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES

Sermonné à la barre, Pape Massata Diack s’en sort avec le sursis

 

Le président de l’agence de Marketing Pamodzi, Pape Massata Diack, a été jugé hier par le tribunal des flagrants délits pour coups et blessures volontaires. Il s’en est sorti avec le sursis, après avoir été bien sermonné par les magistrats.

Attrait à la barre du tribunal des flagrants délits pour coups et blessures volontaires sur deux Guinéens, le président de l’agence de Marketing Pamodzi Pape Massata Diack a eu droit hier au sermon du juge. «Ce que vous avez fait est très grave. Il aurait pu y avoir mort d’homme», a asséné le juge au prévenu. Le consultant en marketing avait tiré sur Moussa Shérif Guèye et Djibril Camara qui n’ont pas comparu. Leurs blessures leur avaient causé des incapacités temporaires de travaux de 15 et 60 jours.

Ainsi, après plusieurs renvois, le procès a enfin eu lieu. Pape Massata Diack a dès le début réfuté les faits en lançant au juge que les coups tirés sur les victimes étaient involontaires. Il a indiqué avoir tiré des coups de sommation sur les Guinéens qui, selon lui, avaient refusé de quitter la devanture de sa maison. «Une sommation doit être tirée en l’air», lui a rétorqué le juge. «Je les ai pris pour des agresseurs, car quand j’ai commencé à avancer, l’un d’eux a mis ses mains dans ses poches », a répondu Pape Massata Diack. Mais, le juge est revenu à la charge : «Vous avez tiré : ce n’est pas involontaire».

«Je n’ai pas voulu les blesser», s’est encore défendu le promoteur, tête baissée. Mais le juge tenait à avoir le dernier mot : «C’est vraiment très grave. Rien ne peut justifier votre acte. Vous n’étiez pas en danger », lui a-t-il encore lancé. «Quand on trouve des personnes assises devant chez soi, à une heure pareille, on ne peut s’empêcher de penser à des agresseurs», a rétorqué le prévenu.

Le procureur au prévenu : «vous avez voulu jouer au cowboy»

Pour se dédouaner, Pape Massata Diack a ensuite expliqué son comportement par le fait qu’une semaine avant les faits, il a été victime d’un cambriolage et que l’un des voleurs, qu’il a vu sur la cassette vidéo, ressemblait à l’un des hommes qui étaient assis non loin de chez lui. Mais le représentant du ministère public ne s’est pas laissé convaincre. En faisant sa réquisition, il a rappelé au prévenu qu’il avait la possibilité de prévenir la police. Il a ensuite comparé son geste à celui d’un cowboy. «Il a tout simplement voulu jouer au cowboy.

C’est une personne d’une culture assez développée, pour savoir que quand on tire de cette façon, il peut y avoir des éclats de balle», a souligné le parquetier. D’ailleurs, il a fait savoir à la Cour que l’une des victimes a toujours les éclats de balle au mollet et doit se rendre tous les 15 jours aux soins. Le procureur a poursuivi son réquisitoire, en demandant au juge de déclarer le prévenu coupable, tout en lui faisant bénéficier de circonstances atténuantes, étant entendu qu’il a totalement pris en charge les victimes. A noter également que les parties civiles, absentes au procès, ont fait part de leur désistement par une lettre présentée par leur avocat Me Ameth Fall.

Les trois avocats qui se sont constitués pour Pape Massata Diack ont tous demandé au juge de ne pas suivre le parquet dans ses réquisitions. En reprenant le même argumentaire que leur client, ils ont soutenu que les coups étaient involontaires. Me Bamba Cissé a laissé entendre que le prévenu était inquiet à cause du cambriolage dont il avait été victime, raison pour laquelle il s’est méfié quand il a vu les Guinéens. Sa consœur Me Ndèye Fatou Touré l’a suivi pour demander la relaxe de leur client qui, selon elle, n’a jamais eu l’intention de blesser les victimes.

Pape Massata Diack a été reconnu coupable de coups et blessures volontaires et condamné à deux mois de prison assortis du sursis. Il devra également payer comme amende la somme de 200 000 francs demandée par le procureur. 

NDEYE AWA BEYE

 
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