Publié le 3 Oct 2021 - 00:45
ESCROQUERIE ET ABUS DE CONFIANCE PORTANT SUR PLUSIEURS MILLIERS D’EUROS 

Le Français Erick Becker traîne en justice son épouse et son beau-père  

 

C’est à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar que Mame Diarra Diagne et son époux Erick Becker sont venus solder leurs comptes. Ce dernier reproche à son épouse ainsi qu’à son beau-père, le chef de quartier des Almadies, Mouhamadou Lamine Diagne, les délits d’escroquerie et d’abus de confiance portant sur plusieurs milliers d’euros. Même si les prévenus ont contesté avec énergie les faits, le plaignant réclame la somme de 150 millions de francs CFA en guise de dédommagement. Le verdict sera rendu, le 7 octobre. 

 

La barre du tribunal des flagrants délits de Dakar était, hier, le théâtre d’une scène de ménage. Les protagonistes : le Français Erick Becker, son épouse Mame Diarra Diagne et le père de celle-ci, le chef de quartier des Almadies, Mouhamadou Lamine Diagne. Partie civile dans cette affaire, Erick Becker, un ancien ingénieur de l’aéronautique, reproche à son épouse et à son beau-père les délits d’escroquerie et d’abus de confiance, portant sur plusieurs milliers d’Euros. Tout a commencé au Maroc. Dans ce pays, Erick Becker fait la rencontre de Mame Diarra Diagne. Ne pouvant plus se séparer, les tourtereaux décident de poursuivre leur relation idyllique au Sénégal.

Au bout de quelques temps, leur union est scellée à Somone, en présence des membres de la famille de sa femme, dont le père de cette dernière, Mouhamadou Lamine Diagne. Toutefois, si le couple vivait de bons moments, les disputes se sont installées très vite dans leur quotidien. A deux reprises, le Français dépose plainte contre son épouse et son père pour escroquerie pour ensuite les retirer. A chaque fois, il avance comme raison, son amour pour sa dulcinée.

La naissance de la fille de sa femme qu’il dit n’être pas le père, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ainsi, Erick qui avait demandé à son épouse d’acheter une maison à Somone, reproche à celle-ci le chef d’escroquerie portant sur 47 170 euros. Car, dit-il, l’acte de vente n’a toujours pas été établi. En plus de ce fait, il accuse sa femme d’être de connivence avec son père. En sus de ce fait, il reproche au père et à la fille, le délit d’abus de confiance portant sur plusieurs milliers d’euros. 

Des faits contestés par les comparants. Née en 1990, Mame Diarra Diagne renseigne que son père, Mouhamadou Lamine Diagne lui a vendu la villa. D’ailleurs, elle déclare qu’elle y vit avec son époux. A l’en croire, si les documents ne sont toujours pas établis, c’est à cause de Me Demba Ciré Bathily. S’agissant de l’abus de confiance, Diarra explique : « il m’a donné 11 mille euros pour l’achat de notre véhicule. D’ailleurs, il a vu la voiture. Le montant de 5 millions qu’il me réclame constitue ma dot. En plus de cela, il m’a donné 14 millions  de francs CFA pour l’achat de terrains. Des terrains qui sont en son nom. Il m’a aussi remis 20 millions de francs CFA pour mon business et j’ai acheté trois véhicules. Il a fait des accidents avec les deux voitures ».

‘’Il n’est pas le seul à avoir une déception en amour’’

Des déclarations corroborées par Erick Becker. Mais, il ne s’est pas abstenu de préciser que son épouse a omis de mettre les véhicules à leurs noms à tous les deux. Il ajoute qu’ils ont eu un simulacre de mariage. « C’était à Somone et son père était l’imam. On n’a pas fait un mariage civil », fulmine-t-il. 

Entendu à son tour, Mouhamadou Lamine Diagne, nie le chef de complicité d’escroquerie qui lui est reproché. Selon lui, la partie civile est pressée. « J’ai vendu cette maison à Diarra et à son mari », informe-t-il. ‘’La transaction n’est pas encore parfaite ?’’, lui a demandé la juge. Le prévenu lui répond que, de son côté, tout est parfait. « Depuis qu’ils habitent dans cette maison, il n’a eu aucun soucis. Les choses traînent à cause de Me Bathily », renchérit-il. En ce qui concerne le délit d’abus de confiance portant sur 22 mille 865 euros  et 3 mille euros  qui pèse sur lui, il conteste et révèle que c’est un business d’élevage qui les lie. 

Malgré les dénégations des prévenus, l’avocat de la défense, Me Alioune Badara Ndiaye reste convaincu que les faits sont têtus. « Mon client a été ruiné par Mouhamadou Lamine Diagne et sa fille. Le prévenu est un habitué des faits. Ils ont dépouillé mon client sans scrupule », s’est offusquée la robe noire qui réclame 150 millions pour dédommager son client. 

A la suite du représentant du ministère public qui a requis l’application de la loi, l’avocat de la défense, Me Bachir Lo sollicite le renvoi des prévenus des fins de la poursuite. « Parce qu’il s’est senti trahi, il veut récupérer tout ce qu’il a donné à sa femme. Il n’est pas le seul à avoir une déception en amour. Mais, ce n’est pas une raison pour qu’il traine Diarra  et son père dans la boue. Il dépensait son argent par amour ». 

L’affaire mise en délibéré, le jugement sera rendu le 7 octobre.

MAGUETTE NDAO

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