Publié le 25 Apr 2014 - 10:23
EXPIRATION DU CONTRAT DE CONCESSION AVEC FRANCE TELECOM

Pourquoi l’État doit reprendre le contrôle de la SONATEL

 

Le sujet a alimenté les débats aussi bien à l’hémicycle qu’au sein de l’entreprise avec à la clé un avis consensuel : celle de la reprise du monopole de la Sonatel par l’État du Sénégal. Les raisons pour un non-renouvellement du contrat de concession avec France télécom sont aussi multiples que variées.

 

Le ministre de la Communication et de l’Économie numérique a tôt fait de confirmer les réelles intentions de l'État sur la Sonatel. Et tout porte à croire que la concession d’Orange sur la Société nationale des télécommunications qui prend fin en 2017 ne sera pas renouvelée. Pour Cheikh Bamba Dièye, toutes les dispositions nécessaires ont été prises par l’État du Sénégal afin de bien gérer ''cette étape qui annonce un retour des pleins pouvoirs de l’État sur la SONATEL''.  
 
Il faut noter que plusieurs raisons peuvent expliquer le non-renouvellement de ce contrat de concession. Mais c'est surtout le fameux projet d'externalisation de l’ensemble des activités d’exploitation et de la maintenance proposé par Orange qui a fait sortir les agents de l'entreprise de leur mutisme.
 
elon les travailleurs des différentes entreprises sénégalaises de sous-traitance qui ont collaboré jusqu’ici avec Orange, l’externalisation de l’ensemble des activités d’exploitation et de la maintenance occasionnera ''une énorme perte d’emplois'' pour le pays.
 
Les membres du Syndicat des Travailleurs de la Sonatel (Syts) et du Syndicat National des Travailleurs des Postes et de Télécommunications (Sntpt) ont également soutenu que cette démarche reste illégale ''car le contrat de concession interdit toute externalisation de nos infrastructures'', ajoutant que la SONATEL n'est pas une filière mais un opérateur avec ses propres filiales dans trois pays de la sous-région.
 
Sur un autre plan, l'État ne détient que 27% d'actifs, faisant de lui un actionnaire minoritaire, contre 42,33% pour France Télécom, aujourd'hui Orange, tandis que le reste des actions est partagé entre d'autres investisseurs. 
 
L'audience de Macky au PDG d'Orange
 
En plus de soutenir que les projets d'Orange provoqueraient ''la perte de souveraineté de l'État sur l'exploitation des réseaux de SONATEL, les membres du Syndicat des travailleurs de la Sonatel (SYTS) évoque ''des risques sur la protection des données personnelles et sécuritaires du pays''.
 
D'autre part, l'Union des cadres de la SONATEL (UCASON) désire que l’entreprise qui a le statut de leader national et sous-régional dans son secteur soit une entreprise sénégalaise dans laquelle l’État a une réelle influence. Sur tous ces points, le ministre Bamba Dièye semble être en phase avec les syndicalistes.
 
''Nous sommes parfaitement informés sur ce que France Télécom propose en matière de modernisation, car ils sont dans un grand groupe. Mais chaque élément posé doit être regardé avec toute la réserve et la froideur qu’il faut, pour voir ce qui est pertinent, sur le fait de matérialiser et de généraliser l’ensemble des activités, de les uniformiser.
 
La Sonatel reste une entreprise sénégalaise avec des billes sénégalaises à l’intérieur, et c'est pourquoi toute croissance économique au niveau de la Sonatel est immédiatement répertoriée dans notre économie nationale'', a-t-il défendu. Cependant, la récente audience accordée par Macky Sall le 16 avril dernier à Stéphane Richard, le président directeur général d’Orange, laisse planer un doute.
 
Ce dernier ayant assuré à sa sortie d'audience que ''le groupe français des télécommunications tenait à contribuer encore au développement national et international de la Sonatel'', classé récemment par le magazine Jeune Afrique 121e entreprise en Afrique sur 500 avec un chiffre d'affaire de 1 331 975 dollars.
 

ANTOINE DE PADOU

 

 

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