Publié le 8 Apr 2013 - 18:44
FINANCE

La BCEAO annonce la poursuite de la réflexion sur la cherté du crédit

La réflexion sur la cherté du crédit bancaire se poursuit dans la Zone franc, notamment à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et à la Communauté économique de l’Afrique centrale (CEMAC), a indiqué lundi à Dakar le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Tiémoko Meyliet Koné.

 

‘’Concernant la question récurrente des taux d’intérêt élevés et de la cherté du coût du crédit, je peux vous dire que la réflexion va se poursuivre dans notre union et comme dans la zone CEMAC’’, a-t-il déclaré, lors de la conférence de presse clôturant la réunion des ministres en charge de l’Economie, des Finances, du Développement et du Plan de ce la Zone franc. Outre la France et les Comores, cette zone monétaire regroupe 14 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Il s’agit d’une part, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo, et de l’autre, du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée Équatoriale et du Tchad.

 

M. Koné répondait à une question relative à l’appel renouvelé du gouvernement sénégalais invitant les autorités monétaires et le système bancaire de l’union à rendre moins cher le coût de l’argent pour les agents économiques. ‘’Nous allons continuer la sensibilisation auprès des banques’’, a dit le gouverneur de la BCEAO. Il s’est évertué à relever des facteurs susceptibles de déterminer le loyer de l’argent. Il s’agit de la qualité de l’emprunteur, de ses sollicitations et des garanties qu’il offre à l’établissement de crédit. La liquidité du marché interbancaire et l’évolution des taux directeurs de la banque centrale entrent aussi en ligne de compte à l’entrée de l’argent dans les banques et à sa sortie vers la clientèle.

 

Les taux d’intérêt révisés de la BCEAO entraient en vigueur, le 16 mars dernier, suite la décision du Comité de politique monétaire de baisser les taux directeurs de la banque centrale de 25 points de base, afin de consolider la détente des taux d’intérêt des banques secondaires et améliorer les conditions de financement de la croissance au sein de l’UEMOA. S’il est prématuré d’en saisir la portée chez le client, la baisse des taux centraux peut laisser de marbre les banques commerciales. En raison de la politique de crédit libérale, ces dernières peuvent suivre les taux centraux ou ne pas leur donner de suite. Pour prévenir cette inconvenance, la BCEAO les invite souvent à suivre son geste en réduisant la cherté du crédit bancaire.

 

‘’La baisse des taux directeurs est déjà effectif’’, a précisé M. Koné. Selon lui, il est trop tôt d’en évaluer l’impact sur les crédits aux entreprises et aux ménages clients des banques secondaires, mais son incidence est vécue sur le marché interbancaire (entre ces banques) et sur le marché monétaire (entre les banques et la banque centrale). ‘’Le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidités est ramené de 3% à 2,75%’’, indiqué la BCEAO à l’annonce de la décision d’assouplissement de taux directeurs. Ils sont restés longtemps inchangés pour un banquier central soucieux de la maîtrise de l’inflation, même s’il tient à donner du souffle à la croissance économique.

 

Lundi à l’ouverture de la réunion ministérielle de la Zone franc, le Premier ministre sénégalais Abdoul Mbaye a souligné ‘’le coût du crédit (qui) reste anormalement élevé’’ dans la zone. M. Mbaye, un économiste de formation et banquier de métier, a en outre relevé que le secteur bancaire contribuait pour moins de 20% au financement de l'économie de l’UEMOA, contre 34% au Nigeria, 77% au Maroc et 145% en Afrique du Sud. Le Premier ministre se faisait l’écho de l’interpellation du président de la République, Macky Sall, lancée en novembre 2012 lors d’un symposium de la BCEAO sur l’"Intégration monétaire et mutations du système financier international : défis et perspectives".

 

M. Sall soulignait ‘’l’application usurière de taux d’intérêt prohibitifs sur les crédits agricoles, les crédits à l’habitat social et les crédits pour la lutte contre la pauvreté en faveur des femmes et des jeunes’’. ‘’Nous partageons ce constat que les taux d’intérêt sont anormalement élevés en Afrique. Il y a la nécessité de baisser les taux d’intérêt. Cela me préoccupe fondamentalement, surtout en faveur des jeunes et des femmes’’, insistait le chef de l’Etat sénégalais auprès du gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné.

 

APS

 

 

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