Publié le 6 Mar 2012 - 11:26
GREVE DES ENSEIGNANTS DU SUPERIEUR

Dans la banlieue, élèves et parents optent pour des examens au mois de septembre

 

 

C’est devenu un secret de polichinelle. L’école sénégalaise vit une crise sans précédent avec les enseignants qui sont restés plus de quatre mois sans faire cours. Elle est caractérisée par des débrayages et des grèves depuis le début de l’année scolaire et n’épargne personne ; la banlieue dakaroise y comprise. Face à cette situation, les potaches et leurs parents proposent de repousser les examens jusqu’au mois de septembre dans le seul but de terminer les cours afin de faire un examen dans les conditions normales.

 

Au lycée Limamoulaye, en ce début de journée du lundi, les élèves, réunis en petits groupes, s’excitent à l’idée de donner leur point de vue sur la situation de l’école. Pour ces lycéens, ils vivent une anxiété quotidienne symbolisée par un retard sur le programme et surtout dans les matières dominantes en fonction des séries. Un sentiment que partage la bande à Ndèye Khoudia Sèye et amies, élèves en classe de terminale L2. À les en croire, elles n’ont même pas terminé le premier chapitre en histoire, géographie, français et philosophie. Pour sortir de cette situation l’unique solution qui se propose est de ‘’repousser les examens jusqu’au mois de septembre’’, confie Penda Ndiaye. Une idée que partage Bamba Ndiaye, élève et par ailleurs vice-coordinateur du collectif des élèves du lycée Limamoulaye. Pour M. Ndiaye, ils reprendront les cours après quelques mois de grève à la seule condition qu’on fasse cours jusqu’au mois de septembre. Et pour réussir ce pari, ils sont de concert avec tous les autres lycées de Dakar.

 

Chez les parents d’élèves, cette crise hante leur sommeil. C’est le cas d’Abdoulaye Sall. ‘’Pour moi, la crise a assez duré et on va directement à une année blanche ou invalide à cause des gens qui ne sont imbus que d’intérêts pécuniaires.’’ Quant à Ibrahima Diop, économiste de formation, il charge les enseignants qui ‘’profitent de la circonstance qui est marquée par la campagne électorale pour jeter de l’huile sur le feu’’. En l’en croire, les enseignants devraient attendre que le pays dépasse les élections ; ainsi ils pourront mener leur mot d’ordre. Même s’il reconnaît que le régime sortant n'a pas respecté ses engagements.

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