Publié le 13 Jul 2018 - 16:56
INSCRIPTION DANS LES MUTUELLES

La Cmu veut enrôler les talibés 

 

L’Agence de la couverture maladie universelle (Cmu) envisage de mettre en place un dispositif de prise en charge médicale des Ndongo daara.

 

Après la Cmu-élève, c’est au tour de la Cmu-daara. Dans le cadre de l’extension de la couverture du risque maladie, à travers le développement d’initiatives multisectorielles, le ministère de la Santé et de l’Action sociale veut intégrer les ‘’Ndongo daara’’ (talibés) dans les mutuelles de santé. C’est ce qu’a affirmé hier le Directeur général de la Cmu, Docteur Bocar Mamadou Daff. L’objectif est de faire de la santé un intrant de qualité à tous les niveaux des enseignements-apprentissages.

Dans son programme de modernisation des daara, a soutenu Dr Daff, le ministère de l’Education nationale a envisagé des actions d’accompagnement qui participent à la lutte contre la mendicité et qui offrent l’opportunité aux maîtres coraniques de protéger leurs rares revenus susceptibles d’être utilisés pour les dépenses de santé au bénéfice des talibés. ‘’C’est une occasion de rencontrer les chefs religieux et les maîtres coraniques pour discuter de l’enrôlement des talibés, au nombre de 2 millions, dans les mutuelles de santé. Nous l’avons déjà fait pour les élèves qui sont dans les écoles modernes et estimés à 3 millions 200 mille.

Il est opportun de mettre en place un dispositif de prise en charge médicale des Ndongo daara’’, a dit Dr. Daff. Cependant, il reconnaît qu’il y a des défis à relever. Il s’agit d’abord de l’identification des enfants, et de leur localisation. ‘’Il y a certaines écoles coraniques déjà localisées, maintenant il ne reste que l’identification des enfants’’, a-t-il informé. La troisième difficulté réside dans la migration interne. En fait, les enfants se déplacent avec leur maître coranique d’un site à un autre, en fonction des saisons. ‘’Il faut qu’on les identifie et qu’on arrive, dans la mesure du possible, à les soigner là où ils sont. Maintenant, il reste la question de la prime. Le Khalife général des Mourides a donné 20 millions pour l’enrôlement des talibés de Touba. Nous espérons que les autres aussi vont s’aligner’’, déclare-t-il.

Pour le 1er vice-président des Fédérations nationales des associations des écoles coraniques du Sénégal,  Moustapha Amadou Wane, par ailleurs représentant du khalife de Médina Gounass, c’est une bonne initiative pour les maîtres coraniques, car elle va les soutenir davantage. ‘’Nous attendons beaucoup de la Cmu. Sa réussite nous permettra de régler la question de la santé. Nous allons sensibiliser les maîtres coraniques pour qu’ils soient informés du montant que chaque élève doit verser pour son inscription. Nous n’allons pas nous limiter à ce stade, car les parents aussi seront sensibilisés pour qu’ils puissent mettre la main à la poche. Les bonnes volontés non plus ne seront pas laissées en rade, car leur soutien pourrait nous être utile.’’

En outre, M. Wane a soutenu que le recensement de 2017, a fait état de 1 million 860 mille talibés encadrés par ladite fédération qui regroupe 712 associations et 22 000 daara.  Selon lui, les daara sont confrontés  à d’énormes difficultés. Elles varient entre la nourriture, les soins, la prise en charge, entre autres. ‘’’C’est pour cela que le maître coranique n’a toujours pas les moyens pour les prendre en charge. La seule alternative qui s’offre à lui est de les laisser mendier. Maintenant, il y a lieu de dire que ce n’est pas seulement les talibés qui sont dans les rues.

Il y a des gens qui ne sont pas dans le milieu et qui en profitent pour le faire. Nous voyons des personnes qui ne sont pas des maîtres coraniques et qui recrutent des jeunes garçons pour les faire travailler comme des élèves coraniques. Cela nous pose aussi beaucoup de tort’’, a-t-il dénoncé. L’un des  objectifs de la fédération, c’est justement de se séparer des faux maîtres coraniques. ‘’Nous allons les identifier. Pour y arriver, nous avons mis sur pied un bureau national avec des démembrements régionaux, départementaux et communaux. Ils auront pour mission de veiller, dans leurs différentes zones, sur ceux qui dirigent des daara. Cela nous permettra de mieux lutter contre cette pratique qui commence à prendre de l’ampleur.’’

VIVIANE DIATTA

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