Publié le 9 Dec 2014 - 09:44
LUTTE CONTRE LE VOL DE BETAIL A KOLDA

La trouvaille de Médina Yéro Foula

 

Le département de Médina Yéro Foula (MYF) a enregistré une nette régression du vol de bétail. La circulation des bêtes est désormais soumise à une autorisation préalable des chefs de village ou un laissez-passer établi par un vétérinaire. Ce qui a permis d’installer la peur dans le camp des voleurs.  

 

Dans la région de Kolda, l’une des contraintes majeures au développement de l’élevage reste le vol de bétail. Par-delà son caractère délictuel avéré, ce phénomène constitue une atteinte grave à la sécurité alimentaire, à la génération des revenus, à la quiétude et à la cohésion sociale en milieu rural. Un véritable fléau aux conséquences absolument négatives. Conscients de l’ampleur du phénomène, les forces de sécurité, le collectif des chefs de village et le comité de surveillance du département de Médina Yéro Foula ont trouvé une solution : l’instauration d’un système permettant d’identifier l’animal.

‘’Nous avons instauré un système qui permet d’identifier l’animal, depuis son village origine. Tout animal qui quitte un village pour aller dans un autre village ou dans un marché hebdomadaire doit avoir une autorisation délivrée par le chef de village d’origine de l’animal, cachetée et signée par ce dernier ou d’un laissez-passer établi par un agent vétérinaire’’, a indiqué Malick Sall, inspecteur départemental des services vétérinaires de Médina Yéro Foula. A l’en croire, une fois au marché du bétail, si l’animal n’a pas de papier, le propriétaire ne peut pas procéder à la vente de l’animal. C’est ce qui fait que cette mesure prise de manière consensuelle a fini d’installer la peur dans le camp des voleurs.

La réussite de cette stratégie fait qu’aujourd’hui le département de Médina Yéro Foula, frontalier de la Gambie, a enregistré de bons points, dans le cadre de la lutte contre le vol de bétail. ‘’Cela est rendu possible grâce à notre collaboration avec les autorités gambiennes. Elles appliquent la même chose. Quand un animal sénégalais vient au niveau de leur marché hebdomadaire, s’il n’a pas de papier provenant du chef de village ou du vétérinaire d’où l’animal vient, elles considèrent que c’est un animal suspect. Ensuite, la personne qui conduit l’animal est arrêtée, avant d’être auditionné pour savoir l’origine de l’animal’’, a-t-il souligné.

Ces bons résultats enregistrés dans le département de Médina Yéro Foula ont permis aux éleveurs de la région de Kolda de souhaiter l’adoption de cette disposition sur l’étendue du territoire régional, afin de barrer la route aux voleurs de bétail.  

EMMANUEL BOUBA YANGA (KOLDA)

 
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