Publié le 20 Apr 2026 - 21:22
34ᵉ FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE SAINT-LOUIS  

L’édition 2026 axée sur la continuité et le renouvellement

 

Du 13 au 17 mai 2026, la ville tricentenaire vibrera au son du jazz international. Entre héritage africain, créations contemporaines et ouverture au monde, le festival confirme son statut de rendez-vous culturel majeur.

 

Dans quatre semaines, Saint-Louis du Sénégal redeviendra l’un des carrefours incontournables du jazz mondial. À l’occasion de la 34ᵉ édition du Festival International de Jazz, la cité historique s’apprête à accueillir artistes, professionnels et amateurs venus d’Afrique, d’Europe et des Amériques. Pour Idriss Bengeloune, président de l’Association Saint Louis Jazz, l’événement s’inscrit dans une dynamique de continuité et de renouvellement.

Depuis plus de trente ans, le festival s’impose comme un pilier du calendrier culturel africain. « Ici, le jazz n’est pas simplement joué, il est vécu, partagé et transmis », souligne M. Bengeloune. Cette année, l’accent est mis sur les racines africaines du jazz et sur les liens vivants qui unissent le continent à cette musique née de métissages et de mémoires.

D’ailleurs, pour les organisateurs, la programmation 2026 reflète cette ambition. Parmi les têtes d’affiche figurent le pianiste polonais Kuba Stankiewicz, le Baobab Orchestra, figure emblématique du patrimoine musical sénégalais, ou encore Greg Lamy et Leïla Olivesi, représentants d’une scène européenne inventive. Le joueur de kora Momi Maiga et le projet Abate and the Addis Ken, aux influences éthiopiennes, incarnent également ce dialogue entre tradition et modernité.

L’un des moments forts de cette édition sera la venue du groupe de Henry Corey, originaire de La Nouvelle-Orléans. Une présence hautement symbolique qui célèbre le jumelage historique entre les deux villes. « C’est un pont vivant entre deux rives de l’Atlantique, une histoire commune qui s’exprime à travers la musique », explique Idriss Bengeloune. Ce concert promet d’illustrer les liens profonds entre héritage afro-atlantique et création contemporaine.

Une résidence artistique menée par le saxophoniste Bo Van Der Werf

Le festival se distingue également par son engagement en faveur de la création. C’est dans ce cadre qu’une résidence artistique menée par le saxophoniste Bo Van Der Werf réunira des musiciens sénégalais pour une performance inédite, conçue et produite à Saint-Louis. Une manière de faire de la ville un véritable laboratoire artistique.

Ainsi, l’événement investira plusieurs espaces, avec une grande scène principale et une seconde à l’Institut français, dédiée à des formats plus intimistes. D’autres activités se dérouleront également dans différents endroits, élargissant l’accès au public et impliquant les acteurs locaux.

Comme depuis plusieurs éditions, le festival mettra aussi à l’honneur les talents locaux, notamment le tambour-major Khadim Niang et les chanteuses de fanal, garantes d’une tradition vivante. Ateliers, masterclasses et forums compléteront la programmation, transformant la ville en un espace d’échanges culturels ouvert.

Dans un contexte international marqué par les tensions, les organisateurs revendiquent le rôle du jazz comme vecteur de dialogue. Saint-Louis porte par ailleurs sa candidature pour accueillir la Journée Internationale du Jazz 2027, soutenue par l’UNESCO.

Plus qu’un événement, le Festival International de Jazz de Saint-Louis s’affirme comme un bien commun, un projet structurant et un symbole du dynamisme culturel africain. Un rendez-vous où passé, présent et avenir s’accordent à l’unisson.

Ibrahima Bocar Sène, Saint-Louis

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