Publié le 4 Jan 2025 - 20:28
MEURTRE DE DIARY SOW

Le récit glaçant de E. M. Fall

 

Les limiers du commissariat de Malika ont reçu, hier en début d'après-midi, les résultats de l'autopsie pratiquée sur le corps de Souadou Sow dite Diary, qui écarte la thèse de viol. Le présumé meurtrier E. M. Fall est revenu sur les circonstances qui ont conduit à la mort de la petite.

 

Les enquêteurs chargés de l’affaire Souadou Sow dite Diary ont reçu, hier les résultats de l’autopsie pratiquée sur la dépouille de la petite fille. Selon nos informations, ceux-ci attestent que la jeune fille âgée de 12 ans est décédée des suites de "contusions et hématomes périorbitaires gauches, multiples excoriations cervicales antérieures, plaies de la commissure labiale gauche avec hématome de la région jugale correspondante, hématome périlaryngé prédominant à gauche, hémorragie méningée diffuse prédominante à la base du cerveau, et deux fractures sur le toit de l’orbite gauche."

Ainsi, le décès est dû à une asphyxie mécanique par strangulation manuelle associée à une hémorragie méningée causée par un traumatisme par objet contondant, sans lésions périnéales récentes. Un prélèvement vaginal systématique a également été effectué pour frottis. Un certificat d'inhumation a été délivré à la demande de la famille éplorée.

Quant au présumé meurtrier, il a fourni d'autres détails sur cette affaire. D'après les déclarations d'E. M. Fall, le matin du 31 décembre dernier, il a vendu deux téléviseurs pour soixante mille FCFA à des clientes vivant dans le quartier. Avec cette recette, il a pu s’acheter cinq pièces de crack pour un montant total de 50 000 FCFA, soit dix mille FCFA l’unité. Il dit s’être approvisionné auprès d’un fournisseur établi à "Tally Bou Khonk" sans donner plus de précisions.

Avec le reste de l'argent, il a décidé, dit-il, de faire plaisir à sa fille et à ses camarades de jeu en leur achetant des feux d’artifice communément appelés pétards. "Vers 21 heures, je me suis installé seul dans mon salon pour consommer ma drogue. Entre-temps, les enfants, ayant épuisé leur stock de pétards, sont revenus me demander d’en partager quelques-uns. Quelques instants après, vers 22 heures, trois petites filles, dont ma fille A. Fall et la victime, sont revenues pour en réclamer d'autres. Revenant seule, la victime, lésée par le partage, s’est plainte auprès de moi avant de solliciter individuellement sa part. J'ai alors profité de l’occasion pour lui demander d’aller m'acheter des cigarettes à la boutique du coin. À ce moment-là, j'étais déjà complètement dans les vapes, pour ne pas dire ivre," raconte-t-il.

Poursuivant son récit, il déclare : "De retour de la commission, je me suis retiré dans ma chambre pour continuer à fumer le crack. Sentant la présence de la petite, je me suis rendu dans la salle de bain pour éviter d’être surpris par ma fille ou la bonne." À ce moment-là, poursuit-il, il était animé d’une folle envie de meurtre.

Ainsi, lorsque la petite l’a rejoint dans la salle de bain, il dit avoir refermer la porte derrière elle. Toujours muni de sa pipe artisanale, il a continué à tirer sur son crack dont les effets se sont amplifiés. Il a alors dit à la fille d’aller se débarbouiller au robinet des toilettes. "Je me suis immédiatement attaqué à son cou par derrière et j'ai commencé à l'étrangler à mains nues. Comme la victime a dégagé des excréments dans son combat pour garder un souffle de vie, je l'ai dévêtue jusqu’à la taille, lui retirant son slip et sa jupe. Après la strangulation, la victime, affalée par terre. Elle faisait des bruits, comme un ronronnement. Pour éviter d’être entendu, j'ai utilisé une serviette pour étouffer le son," raconte le suspect.

‘’Quand je me drogue, je perds ma libido’’

E. M. Fall confie avoir ensuite disposé le corps de manière à bloquer la porte de la salle de bains pour, dit-il, épargner cette vue à sa fille. "Je n'ai pas abusé sexuellement de la victime car quand je me drogue, je perds ma libido’’, assure l’accusé.

Après son forfait, il dit avoir tenté de joindre son fournisseur de drogue, le nommé Dienté, domicilié à Boune, pour un nouvel approvisionnement en crack. Malheureusement, poursuit-il, ce dernier n’a pas répondu. Ce fournisseur, selon ses dires, travaille en collaboration avec un autre trafiquant du nom d’Abdoulaye D., vivant à la Foire (Ouest Foire).

‘’C’est après cet échec dans la recherche de drogue que j'ai commencé à prendre conscience de mon crime et à chercher un moyen de quitter le pays. Malheureusement, avec les 1 000 FCFA que je détenais, je n’ai pas pu aller loin. Je suis donc resté toute la matinée à Diamniadio. Sur les réseaux sociaux, j'ai eu des bribes de l’affaire, surtout en comprenant qu’on parlait de viol. J'ai donc joint Kéba Kadialy D., que je considère comme mon grand frère. C’est par lui que j’ai finalement été appréhendé par les limiers," déclare M. Fall.

À signaler qu'au moment de son interpellation, un couteau et une pipe ont été retrouvés en sa possession. Il a déclaré que le couteau était destiné à sa protection personnelle, car il avait entendu parler de personnes souhaitant le lyncher. Quant à la pipe, elle était destinée à fumer son crack.

À l'issue de sa période de garde à vue, il a été présenté au Parquet hier pour meurtre par les hommes de la Commissaire Adjia Coumba Ndiaye, la patronne du commissariat d'arrondissement de Malika.

CHEIKH THIAM

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