Publié le 13 Jun 2020 - 02:37
PARTIE AU MAROC POUR DES SOINS, À LA SUITE D’UN INCENDIE

L’appel de détresse d’une famille sénégalaise menacée d’une expulsion

 

Quatre membres de la famille Mbaye ont pu être évacués au Maroc, à la suite d’un grave incendie, pour des soins. Un an après, les Mbaye vont mieux, mais ils sont sans le sou et sont sous le coup d’une expulsion de leur lieu de résidence. Ils appellent à l’aide.

 

Il y a de cela plus d’un an, la maison de la famille Mbaye, sise à Fass Delorme, a été victime d’un violent incendie. En sus d’importants dégâts matériels, un enfant de 4 ans avait perdu la vie. Deux personnes s’étaient retrouvées dans un état critique et 4 autres avec des brûlures de second degré. Après avoir passé plusieurs mois dans les services sanitaires de Dakar, à savoir Le Dantec, Fann, Principal et le centre de Colobane, sans voir le bout du tunnel, les Mbaye ont pris la décision de partir au Maroc pour se soigner, grâce à l’aide de bonnes volontés et proches qui ont fait des collectes d’argent dans les réseaux sociaux.

Ainsi, Ndèye Astou Mbaye et sa fille se sont rendues au royaume chérifien, en premier. D’après la dame qui s’est confiée à ‘’EnQuête’’, une fois sur place, sa fille a subi deux interventions (voir encadré) : une greffe cutanée et faciale, puis un assouplissement des coudes et de l’épaule gauche. Ensuite, son frère et sa sœur sont venus les rejoindre par invitation, car elle voyait des résultats probants. Son frangin a subi 6 interventions. Après plus d’une année de traitement, son état de santé et celui de sa sœur se sont beaucoup améliorés.

Toutefois, vu la cherté des soins et leurs besoins personnels, étant donné qu’ils se sentent mieux, elle veut rentrer à la maison. Mais, le hic est qu’elle n’a pas de quoi payer le loyer, encore moins les billets pour retourner au bercail. ‘’Actuellement, nous sommes à Casablanca, à Al Qoqs, résidence Islane, dans la commune de Bernossi. Nous voulons seulement rentrer auprès de notre famille au Sénégal. Mais, auparavant, il nous faut payer le loyer, ce qu’on ne peut plus faire. Imaginez, pas plus tard qu’hier (avant-hier) la dame qui nous loue nous a demandé de sortir le 15 prochain, et on ne sait pas où aller, une fois dehors. Nous souffrons vraiment et sommes inquiets. Nous sollicitons de l’aide. Si je vous dis que ma sœur a laissé un bébé de 7 mois au Sénégal, vous n’allez pas me croire’’, raconte-t-elle.

‘’Le consul sénégalais au Maroc nous a beaucoup aidés’’

La dame renseigne qu’on leur a parlé d’un vol rapatriement pour lequel elle devrait acheter 4 billets, mais elle n’en a pas les moyens. ‘’Comment une personne qui est restée 3 mois sans travail et confinée peut payer 4 billets d’avion ? Nous sollicitons l’Etat pour qu’il nous aide à retourner chez nous. Maintenant, vous imaginez ce qui risque de nous arriver, si on ne sort pas dans 3 jours de là où nous logeons. La seule bonne nouvelle est que nous sommes en règle avec les hôpitaux marocains, mais il ne nous reste plus de sou avec nous. Le consul sénégalais au Maroc nous a beaucoup aidés et je l’appelle souvent, en cas de besoin. Mais là, la situation est très critique pour nous’’, ajoute-t-elle.

Avant de lancer un cri du cœur à l’endroit de toute autre bonne volonté qui serait dans les dispositions de leur venir en aide, vu que leur situation sanitaire a connu une grande amélioration, mais que le spectre de devenir des sans-abris dans un pays étranger hante leur sommeil.

BRÛLURES THERMIQUES PAR FLAMMES D’INCENDIE

Le rapport médical de S. F. Keita âgée de 8 ans

‘’S. F. Keita, âgée de 8 ans, victime d’une brûlure thermique par flammes d’incendie le 25 mai 2019, est admise au centre national des brulées et de chirurgie plastique et réparatrice à Casablanca, pour une prise en charge de ses lésions cutanées. Une première opération pour greffe cutanée au niveau de la face et les deux membres supérieurs a été réalisée le 10 décembre 2019.  Malade déclarée sortante après vérification de la prise des greffons et a été suivie en consultation pour ses séquelles et brûlures. Une deuxième opération a été réalisée le 10 avril 2020 pour libération des brides, au niveau des plis des coudes et régions axillaires gauche. La malade est suivie actuellement pour des séquelles de brûlures ne nécessitant pas de traitement chirurgical’’, renseigne le rapport produit par l’hôpital Ibn Rochd.

CHEIKH THIAM

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