Publié le 9 Sep 2016 - 05:46
POLEMIQUE SUR LA DOUBLE NATIONALITE

‘’Ce n’est pas un faux débat’’, selon le Pr Ibrahima Silla de l’UGB

 

Le Professeur Ibrahima Silla de l’Université Gaston  Berger de Saint-Louis, prend le contre-pied du président de la République qui estime que le débat sur la double nationalité est un faux débat. Invité au panel organisé hier par la plate-forme politique ‘’Avenir Sénégal bi ñu bëgg’’ à l’Harmattan Sénégal, l’enseignant chercheur appelle à reposer autrement ce débat qu’il qualifie de ‘’gênant’’. 

 

 ‘’La double nationalité n’est pas un faux débat, c’est un débat qui a été inutilement posé et qu’il est aujourd’hui utile de reposer pour éviter des dérives. On a dit que c’est un faux débat à partir du moment où vous avez créé  cette situation de faux débat, faux et usage de faux, flagrant délit’’, a commenté hier le juriste Ibrahima Silla. Invité au lancement de la 1ère édition de ‘’PENCUM AVENIR’’, l’enseignant chercheur à l’UGB ne s’en est pas arrêté là. ‘’Rien n’est compliqué, tout est politique. Quand on n’a pas des projets à défendre, d’idées politiques, de vision, on cherche des alibis, des subterfuges pour tromper le peuple’’, ajoute-t-il.

Pour lui, ce débat sur la double nationalité n’est rien d’autre qu’une ‘’interprétation génétique’’ de la Constitution et du code électoral qui, à ses yeux, sont très clairs et dont il ne demande que leur application.

Quant au juriste Mady Bouaré, il a abordé la question sous une ‘’approche socio-criminelle et pénale’’ des conflits armés générés par la nationalité. De la diabolisation du Tutsi au Rwanda à la  théorie de l’‘’ivoirité’’ en Côte d’Ivoire non sans citer le récent débat sur la déchéance de la nationalité en France, M. Bouaré a soutenu que cette question a toujours été d’actualité. Mieux, précise-t-il, ce débat n’est pas réductible à l’Afrique. 

 ‘’Il convient de relever que la nationalité peut être le fondement de conflits identitaires et, dans une approche en terme de sociologie de la criminalité, de véritables crises identitaires meurtrières’’, a averti le chercheur qui note que ‘’l’instrumentalisation de la nationalité dans le champ politique  électif permet de mesurer des phénomènes d’exclusion conflictuels de candidats issus de la diaspora nationale ou plurinationale. Il en veut pour preuve le cas de Ouattara en Côte d’ivoire. Aussi, le professeur Bouaré a-t-il tenu à rappeler cette  édifiante  déclaration  de Guillaume Soro, ex-patron des Forces nouvelles (FN) : ‘’Donnez-nous des cartes d’identité et nous rendrons les kalachnikovs.’’

AIDA MBODJ (RESPONSABLE LIBERALE)

‘’Les politiques ne respectent pas les Institutions’’

Invitée à ce panel, Aïda Mbodj a d’abord rappelé, pour le déplorer, que  ‘’le législateur a voté la loi 92-14 du 15 janvier 1992  ayant abouti au large consensus sur le processus électoral. ‘’Ce consensus est aujourd’hui en train d’être violé par les dirigeants actuels. Quand le Président parle de faux débat concernant la double nationalité, je pense qu’il le clôt en même temps, même s’il a laissé passer cette grande clameur que ses partisans ont soulevée’’, a regretté la parlementaire qui affirme que nul doute qu’il y a une acceptation générale du principe de renonciation à l’autre nationalité. 

La responsable libérale à Bambey a par ailleurs profité de cette tribune pour tirer sur les politiques dont elle-même en est une. A l’en croire,  ‘’tout ce problème-là, c’est parce que les politiques ont des intentions et des calculs mercantiles. Certes les politiques animent les institutions, mais ils ne les respectent pas’’, accuse-t-elle.

En sa qualité de parlementaire, elle pense être mieux placée pour critiquer l’Assemblée nationale. ‘’Le problème est que l’Assemblée ne joue pas son rôle. Le législateur est trop fort en démocratie. De ce fait, il doit être assez indépendant. Je suis politique  et partisane, mais je ne suis pas prête pour que l’Assemblée se mette à la disposition des politiques.’’ Et de poursuivre : ‘’Quand une Assemblée n’a pas un groupe parlementaire de l’opposition, ça ne peut donner que ce qu’on a actuellement, c’est-à-dire un parlement monocolore où on n’a qu’une seule parole, celle du Président Macky Sall. L’actuelle Assemblée est l’Assemblée la plus nulle de toutes les générations.’’

MAMADOU YAYA BALDE

 

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