Publié le 19 Dec 2013 - 14:09
POLITIQUE

 Wade, le Dr Folamour errant  

 

La sortie avant-hier d'Abdoulaye Wade soutenant que le seul fait d'être fils d'un ancien président est devenu un délit au Sénégal, traduit, selon nombre d'observateurs, un certain désemparement. Mais aussi l'aveuglement permanent et volontaire d'un père qui a fait de son fils le centre de polémiques nationales pendant plusieurs années, n'hésitant jamais à en faire le meilleur de tous.

''Mon fils a une formation particulière qu'on trouve rarement : diplômé de la Sorbonne en audit, en management, etc. Je lui ai confié les choses les plus difficiles où plusieurs ministres (...) ont échoué», se vantait Abdoulaye Wade à Touba, en présence du Premier ministre de l'époque, Souleymane Ndéné Ndiaye. C'était en pleins débats sur ce qui était appelé «la dévolution monarchique du pouvoir».

L'ancien président multipliait encore et toujours les éloges à l'endroit de son rejeton, comme pour le vendre à l'électorat sénégalais. «Karim fait partie des meilleurs financiers d'Afrique», soutenait-il pour justifier le nombre important de postes ministériels concentrés entre les mains du fils.

Ministre d'État, ministre de la Coopération internationale, de l'Aménagement du territoire, des Transports aériens, de l'Énergie, des Infrastructures, il a cumulé toutes ces stations après avoir été conseiller à la présidence de la République, puis président du conseil de surveillance de l'Anoci. Et ccomme pour boucler la boucle, Me Wade lâchait au lendemain du sommet de la Umma islamique : «Karim, je dirai à ta mère que tu as bien travaillé», sous les yeux de son jumeau d'alors, Abdoulaye Baldé. Et les leaders du Parti démocratique sénégalais, sont-ils nuls, moyens, minables ? «Sans importance», répondrait Abdoulaye Wade.

ASSANE MBAYE

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