Publié le 12 Aug 2013 - 23:55
PRÉSIDENTIELLE AU MALI

Soumaïla Cissé reconnaît sa défaite et félicite Ibrahim Boubacar Keïta

 

Soumaïla Cissé a reconnu ce lundi soir 12 août sa défaite à l'élection présidentielle au Mali. Il a rencontré son rival pour le « féliciter ». Joint par RFI, l’entourage d’Ibrahim Boubacar Keïta s’est pour sa part refusé à tout commentaire, pour le moment. Cette annonce surprise intervient à l’issue d’une journée marquée par un début de polémique concernant l’organisation du second tour de l’élection présidentielle, dimanche 11 août. Les résultats officiels ne sont pour l’instant pas connus.

 

Soumaïla Cissé s’est rendu chez Ibrahim Boubacar Keïta, ce lundi 12 août dans la soirée. « J’ai rencontré mon grand frère Ibrahim Boubacar Keïta. Je l’ai félicité et je lui ai dit : "Félicitations Monsieur le président de la République" », a déclaré Soumaïla Cissé au correspondant de RFI à Bamako, avant même la publication des résultats officiels du second tour.

« Je n’ai pas attendu parce que, justement, j’ai vu l’écart des voix. J’ai vu les résultats provisoires portant sur plus de deux tiers du dépouillement des bulletins de vote et j’en ai conclu que je ne pouvais pas rattraper mon retard », a-t-il précisé. A la commission centrale de recensement des votes, Madou Diallo, le président de la jeunesse de l'Union pour la République et la démocratie (URD), le parti de Soumaïla Cissé a pu obtenir ces chiffres sur les deux tiers des dépouillements, et constater que l'écart était très important. Des résultats partiels qui confirment la tendance observée au premier tour, à l’issue duquel Ibrahim Boubacar Keïta avait obtenu une très large avance, avec 39,79% des voix, contre 19,70% à son adversaire Soumaïla Cissé.

 

Une rencontre avec l'ONU et les observateurs

 

Selon un diplomate africain, Soumaïla Cissé a également rencontré ce lundi des représentants du système des Nations unies, des observateurs internationaux. Une réunion houleuse, pendant une heure.

Mais si Soumaïla Cissé a reconnu sa défaite, il se refuse à sortir du jeu politique dans les mois à venir. « Je ne quitterai pas la politique », a-t-il martelé. Dès qu'il a annoncé avoir reconnu sa défaite, Souamïla Cissé à reçu des SMS de soutien en nombre et des militants sont venus le féliciter.

Cette annonce intervient alors qu’au cours de cette journée de lundi 12 août, des voix se sont élevées, parmi les partisans du Soumaïla Cissé, pour dénoncer des « fraudes ». Un début de polémique qui n’aura finalement duré que quelques heures, au lendemain d’un scrutin dont les observateurs ont jugé qu’il s’était mieux déroulé qu’au premier tour. Ce lundi soir encore, Soumaïla Cissé maintient cependant les accusations portées par ses partisans. Il a confirmé ce que ses partisans ont dit sur les « fraudes massives », montrant notamment une photo d’un électeur, sur une moto, transportant une urne bourrée de bulletins de vote. Il s’est dit « lésé » lors de l'organisation de ce second tour.

 

Pas de commentaire dans l'entourage d'IBK

 

Dans l’entourage d’Ibrahim Boubacar Keïta, on se refuse pour l’instant à tout commentaire. « Si quelque chose doit être annoncé, c’est à l’autre camp de le faire, ce n’est pas à nous », a déclaré ce soir un collaborateur d’Ibrahim Boubacar Keïta au micro de RFI.

Au QG d’IBK, un tout petit nombre de militants était rassemblé après cette annonce. Certains se disent soulagés car ils craignaient des troubles alors que l’élection s’était bien déroulée. Un autre militant reste prudent : « On attend la Cour constitutionnelle, c’est quand elle rendra sa décision que je danserai, que je chanterai et que je pourrai dire qu’IBK est le président de la République du Mali ». Il n’y a pas d’animation particulière au siège d’IBK, mais beaucoup d’allers et venues.

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