Publié le 2 Oct 2014 - 02:00
PRISE EN CHARGE DES MALADIES CHRONIQUES AU SENEGAL

Les 10 commandements  du CESE

 

Dans son dernier rapport, le Conseil économique social et environnemental s’est penché sur la prise en charge des maladies chroniques au Sénégal. Il a proposé 10 recommandations pour plus de pertinence dans les démarches.

 

Le CESE va à l’assaut des maladies chroniques au Sénégal. Dans son avis numéro 2013-07 du 17 décembre 2013 sur la prise en charge de ce type de maladie, les Conseillers ont formulé dix recommandations. La première consiste à la mise en place, à l’instar des autres programmes nationaux, d’un comité national de lutte contre les maladies chroniques. 

Une idée motivée par le fait que ces maladies ‘’ne sont pas seulement un problème de santé publique mais un problème de développement’’. La seconde recommandation consiste à la promulgation et à l’application, par le gouvernement, de la ‘’loi antitabac’’. L’importance de cette mesure réside dans le fait que le tabac est ‘’le premier facteur de risque impliqué dans l’infarctus du myocarde du sujet jeune, et qu’il est également incriminé dans de nombreux cancers’’.

L’encadrement des publicités dans les médias est le troisième commandement. Il s’agit des publicités de produits courants comme les bouillons, le beurre, les huiles. Selon les conseillers, ‘’la dangerosité de ces produits est cachée aux populations’’. Ces publicités, disent-ils, ‘’devraient être règlementées, limitées et accompagnées de messages expliquant l’intérêt de les consommer avec modération’’. Il a été aussi recommandé l’organisation d’une campagne d’Information, éducation et communication (IEC) en direction du public pour prévenir le diabète. L’activité physique qui supprime les toxines est citée comme étant la meilleure des préventions ainsi que le dépistage du diabète tous les six mois.

Programme de dépistage du cancer du col de l’utérus par le frottis cervico-vaginal (FCV)

Il a été proposé aux femmes de cinquante ans et plus d’en faire autant tous les ans. La cinquième recommandation consiste à l’organisation d’un programme rationalisé de dépistage du cancer du col de l’utérus par le frottis cervico-vaginal (FCV). Ou alors par l’inspection visuelle et l’évaluation du coût d’efficacité d’un dépistage par la mammographie du cancer du sein. En sixième position arrive une bonne prise en charge des maladies cardiovasculaires.

Selon les conseillers, cela passe par le soutien à l’école de cardiologie de Dakar qui rayonne dans toute l’Afrique. Aussi, l’équipement des services de cardiologie des régions car, l’équipe d’Aminata Tall estime qu’un cardiologue affecté dans une région a besoin d’un minimum de matériels pour exercer. Il s’agit d’un appareil d’électrocardiographie, d’un appareil d’échocardiographie DOPPLER, d’une seringue électrique, d’un moniteur de surveillance du rythme cardiaque, d’un défibrillateur.

Les affections cardio-vasculaires premières causes de mortalité

Le rapport souligne qu’il faudrait aussi encourager les nouveaux cardiologues afin qu’ils acceptent de s’installer dans les régions. Seulement, ‘’cela passe obligatoirement par un équipement adéquat des services tels que décrit plus haut et par des mesures incitatives financières’’, soulignent les membres du CESE. La réhabilitation et l’extension du service de cardiologie du CHU Aristide Le Dantec sont également inscrites dans ce registre. Le septième commandement est un appel au  financement du programme de lutte contre les maladies cardio-vasculaires.

Le constat actuel est que les affections cardio-vasculaires ont détrôné les maladies infectieuses du rang de première cause de mortalité dans notre pays. Ce qui implique de l’avis des conseillers ‘’une réponse adéquate de leur part sous la forme d’un programme de lutte approprié et dédié. Ce, d’autant que la population touchée dans notre pays est plus jeune que dans les pays développés’’. En huitième position, les membres du CESE soulignent une meilleure prise en charge des cancers. Ce qui passerait par l’augmentation du budget annuel de l’Institut du cancer ; l’accélération du projet de réhabilitation et d’extension de l’Institut sur son site actuel ; ou sa délocalisation à l’hôpital Dallal Jamm.

Dans cet hôpital, il est prévu deux bunkers avec accélérateur de particules et une hospitalisation de jour pour la chimiothérapie ; ou la construction d’un nouveau centre de cancérologie moderne pour un coût global estimé à 16 milliards de F CFA. Ce projet est déjà élaboré, confient les conseillers. En attendant, Il a été demandé la construction d’un laboratoire propre à l’Institut pour une prise en charge spécifique des biopsies et des pièces opératoires. Tout comme l’acquisition d’un appareil de mammographie fonctionnel pour le service de radiologie. Egalement, la réduction du déficit en ressources humaines et l’augmentation des moyens diagnostiques et thérapeutiques.

Il a été aussi demandé la subvention de la chimiothérapie qui nécessite 1 milliard de F CFA par an pour la rendre accessible, et de rendre gratuite la mammographie dans le cadre de la Couverture maladie universelle. Un autre  commandement est relatif à une meilleure prise en charge des maladies respiratoires. Il s’agira entre autres de mettre l’accent sur la prévention eu égard au coût élevé du curatif et en augmentant la capacité d’accueil qui est présentement de 60 lits ; de recruter suffisamment du personnel qualifié tout en mettant l’accent sur les paramédicaux.

300 millions CFA alloués par l’État pour la prise en charge du diabète sont orientés vers l’insuline qui ne concerne que 20 à 30% des diabétiques

Le dixième commandement consiste en une meilleure prise en charge du diabète. A ce niveau, il a été demandé l’implication des techniciens de la santé dans le processus d’acquisition des médicaments et des équipements médicaux. Aussi, la révision de certaines dispositions du code des marchés publics qui causent des retards ‘’préjudiciables au rythme normal de fonctionnement des établissements sanitaires’’.

Il faudra augmenter également la capacité d’accueil et l’extension des locaux du centre Marc Sankhalé de l’hôpital Abass NDAO et des subventions qui aiderait le Centre pour une meilleure prise en charge des malades. Selon les conseillers, 300 millions CFA alloués par l’État pour la prise en charge du diabète sont orientés vers l’insuline qui ne concerne que 20 à 30% des diabétiques. ‘’Alors que les autres ont besoin d’autres médicaments dont le coût peut aller jusqu’à soixante dix mille francs par mois, sans compter le régime alimentaire’’, ont regretté les conseillers du CESE.

AMADOU NDIAYE

 

 

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