Publié le 6 Jan 2025 - 19:21
PRIX DES DENRÉES : HUILE, SUCRE…

Une augmentation salée

 

L'huile et le sucre, deux produits essentiels, subissent une hausse significative de leur coût. Dans sa missive de vendredi dernier, la Fédération nationale des boutiques pour la modernisation (FNBM) a tenu à interpeller l’État sur la hausse “préoccupante” du prix de ces denrées sur le marché. L'organisation des boutiquiers souhaite, par-dessus tout, que le gouvernement cesse d'être sélectif dans sa communication.

 

Alors que les patriotes s'insurgent contre la dernière nomination du président Diomaye, une autre problématique qui devrait mobiliser le plus grand nombre émerge : l'augmentation des denrées de première nécessité, notamment l'huile et le sucre. Dès le 3 janvier, la FNBM avait alerté les autorités sur ce qu'elle qualifie de “hausse inquiétante des prix du sucre et de l’huile sur le marché”.

Selon l'organisation, l'État gagnerait à accentuer sa communication sur l'évolution du marché et à apporter les corrections nécessaires. “Nous constatons que lorsque les prix des produits de base, comme le sucre ou l’huile, diminuent, l’État intervient rapidement pour informer le peuple de cette baisse, ce qui est une bonne initiative. Cependant, il est tout aussi essentiel que l’État communique et prenne des mesures lorsque ces prix augmentent de manière significative”, révèle le communiqué du FNBM.

Le président de la fédération et ses camarades, chiffres à l'appui, évoquent la hausse proprement dite et craignent qu'une situation puisse rapidement devenir hors de contrôle. “Actuellement, le sac de sucre est vendu à 29 500 F CFA, avec un risque d’atteindre 31 000 F CFA, si des actions ne sont pas prises rapidement. De même, l’huile est actuellement vendue entre 21 500 et 22 000 F CFA, ce qui rend difficile le respect des prix homologués”.

D’après le communiqué de la FNBM, cette flambée des prix “impacte directement le pouvoir d’achat des consommateurs et la viabilité des commerçants”.

Pour expliquer cette augmentation, le président de la FNBM évoque l'approche du ramadan. Selon lui, ce genre de situation est souvent observé à la veille du mois béni. Toutefois, il estime qu’il est “impératif que des mesures anticipatives soient prises pour éviter que ces hausses ne se reproduisent à des périodes aussi sensibles”. Dans cette optique, les acteurs invitent la tutelle à une meilleure concertation avec toutes les composantes du commerce afin que des “décisions importantes et durables” soient prises.

En conclusion, comme au début de leur propos, les membres du FNBM insistent sur “la transparence dans la communication des mesures prises afin de maintenir la confiance entre l’État, les commerçants et les consommateurs”. De plus, ils réitèrent leur appel à l’État pour qu’il assume “pleinement son rôle en informant la population de cette situation critique et en agissant pour stabiliser les prix”. Le FNBM estime que “tout comme il est important de célébrer une baisse des prix, il est primordial de reconnaître les hausses et de chercher activement des solutions”.

En juin 2024 et janvier 2025, la baisse des prix de certaines denrées de première nécessité, comme le sucre et l'huile, aura tenu un peu plus de six mois avant le retour à des tendances à la hausse. Cette flambée généralisée, au-delà de la sortie du FNBM, a été observée sur place. “Ils ont tout augmenté sans crier gare”, se désole un boutiquier de quartier de l'Unité 15 des Parcelles-Assainies. À la question relative au prix du sucre et de l'huile, le détaillant fait état d'une augmentation de “100 F CFA sur le litre d'huile” et de “50 F CFA” concernant le kilogramme de sucre.

Dans ce même quartier de la commune de Dakar, le constat reste identique : l’augmentation des prix est une réalité. Mais chez Diallo Boutique, on fustige le silence radio du ministère du Commerce. “À ce rythme, surtout si personne ne communique, on risque de nous mettre en mal avec la clientèle, dans la mesure où la hausse vient d'en haut avec les grossistes. Nous sommes obligés de fixer le prix de vente à l'aune de celui de revient. Personne ne voudrait vendre à perte ; il vaut mieux mettre la clé sous la porte, dans ce cas”.

Pour finir, il est paradoxal de noter que, selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), “les prix des denrées alimentaires dans le monde ont diminué de 2,1 % en 2024 par rapport à l'année précédente, essentiellement en raison de la baisse des cours mondiaux des céréales et du sucre”.

MAMADOU DIOP

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