Publié le 29 Jul 2018 - 14:46
PROCES EN APPEL DE LA CAISSE D’AVANCE

Les avocats de Khalifa Sall descendent en flammes Demba Kandji

 

Les conseils du maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, sont revenus hier, au cours d’une conférence de presse tenue à Dakar, sur les raisons qui expliquent leur retrait du procès en appel de la caisse d’avance.

 

Après avoir boudé le prétoire mercredi dernier, les avocats du maire de Dakar ont décidé d’entamer la bataille de l’opinion. Un combat qu’ils disent avoir déjà gagné  car, selon eux, ‘’le régime n’a aucun argument juridique pour justifier le maintien jusque-là de leur client dans les liens de la détention’’. S’ils disent refuser de servir de caution à une quelconque parodie de justice, les conseils du maire de Dakar n’envisagent pas, pour autant, de baisser la garde. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’ils ont convié hier les journalistes à une conférence de presse tenue à Dakar pour non seulement ‘’sensibiliser davantage les Sénégalais sur les tenants et les aboutissants de ce procès’’ qu’ils qualifient de politique, mais aussi de revenir sur les raisons de leur retrait décidé, selon eux, d’un commun accord avec Khalifa Sall et les perspectives qui s’offrent à eux.

‘’Demba Kandji a son arrêté déjà rédigé’’

Dans un premier temps, les conseils du maire de Dakar ont expliqué leur retrait du procès par l’attitude ‘’méprisable’’ du président de la Cour d’appel de Dakar. ‘’Nous avons subi dans cette cour un traitement inique et intolérable de la même manière que notre client’’, déplore d’emblée Me Ousseynou Fall, membre du pool d’avocats de Khalifa Ababacar Sall.

Selon lui, tout au long du procès, le président de la Cour d’appel a eu un mépris total et une hostilité inexplicable et inacceptable contre les avocats de la défense. A l’en croire, si le juge se comporte de la sorte en rejetant toutes les neuf demandes d’exception de nullité introduites pour exiger le renvoi du procès à des fins de nullité, c’est parce qu’il a son arrêté déjà rédigé par l’Exécutif. ‘’Le juge Demba Kandji a un timing à respecter pour vider cette affaire. Il a voulu expédier dare-dare le procès pour répondre aux sollicitations de l’Exécutif’’, charge Me Ousseynou Fall. Pour son confrère Me Khouraïchy Ba, il ne sert à rien de rester dans un procès dont l’issue est connue d’avance. ‘’Ne pas plaider est certes une façon de plaider, mais nous n’allons pas servir de faire-valoir à cette parodie de justice. Car, qu’on soit dans le procès ou pas, Macky Sall a déjà condamné Khalifa Sall comme il l’a déjà fait avec Karim Wade’’, lâche-t-il.

Poussant le bouchon plus loin, Me El Mamadou Ndiaye soutient, quant à lui, que le régime cherche à liquider un adversaire politique, à travers ce procès. ‘’La volonté du régime est d’écarter Khalifa Sall de la course à la présidentielle de 2019. Tu as beau avoir des témoins, mais tu ne gagneras pas contre l’enfant du juge’’, accuse-t-il. ‘’Macky Sall a décidé de ne pas avoir Khalifa Sall en face de lui en 2019. Nous ne sommes plus dans une démocratie, on n’a plus de justice, il n’y a qu’une seule personne qui décide à la place de tout le monde, qu’ils le veuillent ou non, c’est Macky Sall’’, rouspète Me Ousseynou Fall.

Ce dernier soutient d’ailleurs que ‘’si nous étions dans un Etat de droit, ils n’allaient jamais quitter le procès. Car, relève-t-il, l’arrêté rendu par la Cour de justice de la Cedeao devrait sonner le glas de l’‘’ignominie’’ de l’Exécutif dans son dessein d’écarter Khalifa Sall de la présidentielle de 2019. ‘’Avec cet arrêté, tout était clair, nous pensions que Khalifa Sall allait enfin être libéré. Le 9 juillet dernier, nous étions allés à la Cour d’appel avec la ferme conviction que le juge Demba Kandji allait présenter les plates excuses de la justice sénégalaise à Khalifa Sall et à ses co-prévenus’’, fulmine-t-il.

‘’Nous avons gagné la bataille du droit’’

Accusés à tort ou à raison d’avoir abandonné leur client, en se retirant du procès, les avocats de l’édile de Dakar battent en brèche. ‘’Nous avons fait tout ce que nous devions faire. Nous avons gagné la bataille du droit. Il n’y a plus de match. La victoire est acquise depuis qu’une cour supranationale a dit que tout ce qui a été fait dans le cadre de ce procès n’est pas valable. Ce qui reste, c’est la bataille de l’Etat de droit. La preuve est faite que nos clients n’ont pas été jugés sur la base des règles de droit’’, plaide Me Amadou Aly Kane. Seulement, souligne-t-il, ‘’nous avons une cour d’appel qui refuse d’appliquer la loi. Tout le monde a entendu le réquisitoire du procureur général, mais les juges de siège n’ont pas voulu respecter la loi’’.

Condamné en première instance à 5 ans de prison ferme assortie d’une amende de 5 millions de francs Cfa, le député-maire de Dakar a interjeté appel. ‘’Nous n’avons pas peur d’aller au fond du dossier. Mais avant d’aller au fond, on doit impérativement régler certaines questions de forme’’,  a déclaré Me Aliou Cissé. Avant d’annoncer qu’ils vont saisir la Cour suprême et le Conseil constitutionnel. Mais aussi les juridictions internationales. A cet effet, ils n’écartent pas d’ailleurs de saisir, de nouveau, la Cour de justice de la Cedeao. 

ASSANE MBAYE

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