Publié le 3 Sep 2014 - 01:02
RETOUR EVENTUEL DU SENAT

La classe politique divisée  

 

Alors que l’idée n’est qu’à l’état d’intention dans les hautes sphères du pouvoir, le retour du Sénat divise déjà la classe politique. 

 

‘‘Le pouvoir pense à ressusciter le Sénat’’. C’est le titre appelé à la Une de notre édition d’hier, citant des sources dignes de foi selon lesquelles « un influent courant au sein de la majorité présidentielle travaille à insérer une Chambre haute du Parlement à côté de l’Assemblée nationale’’. Si les partisans du retour du Sénat échafaudent déjà un scénario - profiter du vote éventuel d’une nouvelle constitution pour faire passer le projet - la classe politique sénégalaise est plutôt partagée sur la question.

Bicaméralisme

Mamadou Faye, député de Rewmi, se dit  favorable à la restauration du Sénat qui ne fait que ‘’renforcer la démocratie’’. ‘’Le système des deux chambres me paraît plus pertinent car on aura un double contrôle du Parlement (l’Assemblée nationale et le Sénat réunis). Les deux institutions peuvent avoir une lecture différente sur les projets et propositions de loi. »  Un avis partagé par Modou Diagne Fada, président du groupe parlementaire ‘’Libéraux et démocrates’’, qui rappelle la position de son parti sur la question.

« Le Pds a toujours été pour une deuxième chambre. Pour nous, cela renforce la démocratie ; elle permet aussi aux textes de loi de comporter moins d’erreur dans la mesure où ces textes sont soumis à deux institutions différentes’’, argumente le président du Conseil départemental de Darou Mousty qui égratigne au passage les ‘’raisons politiques’’ ayant présidé à la suppression du Sénat par Macky Sall. « Il a voulu affaiblir le Pds en ôtant le pain de la bouche de certains responsables’’.

« Budgétivore et inutile »

A contrario, imam Mbaye Niang, vice-président de l’Assemblée nationale, s’oppose à toute idée d’un retour du Sénat. Réaffirmant sa position en tant que ‘’partisan des assises nationales’’, le leader du Mouvement de la réforme pour le développement social (MRDS) est d’avis que le Sénégal, « pays pauvre », peut se passer de cette institution ‘’budgétivore’’. ‘’Nous n’avons pas les moyens d’entretenir une institution de plus. Notre démocratie est bien tenue. Et cette question, les assises nationales l’ont réglée.’’

Dans cette lancée, Mously Diakhaté ancienne responsable de l’Alliance Jëf-Jël, recadre le débat. « Je ne suis pas au courant d’une telle information, mais tout le monde sait que j’ai voté pour la dissolution du Sénat. Je suis contre un Sénat dont 65% de ses membres sont nommés par le président de la République et les 35% élus’’, explique la députée membre de la majorité. Une ‘’aberration’’ institutionnelle - pourtant instaurée par le régime libéral - que Modou Diagne Fada souhaite corriger si le Sénat devait revenir.

« Pas au courant ! »

Quant à son homologue Moustapha Diakhaté, il se veut prudent sur la question du Sénat. ‘’Compte tenu des rencontres que j’ai avec le président de la République, je ne suis pas au courant d’une telle information’’, dit le président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar. Pour lui, la seule institution de Macky Sall en vue, c’est le Haut conseil des collectivités locales (HCCL) qui ‘’poursuivra la territorialisation des politiques publiques’’. Autrement dit, ‘’le Sénat n’a jamais figuré dans le programme Yoonu Yokkute’’, affirme-t-il. Dans ledit programme, il est clairement mentionné dans sa rubrique ‘’Réforme des institutions’’, ceci : ‘’Référendum pour intégrer les révisions constitutionnelles ainsi que du maintien ou de la suppression du Sénat lors des prochaines législatives’’.

Toutefois, le rapport de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) ne donne aucun choix à un retour en arrière. Le président Amadou Makhtar Mbow et Cie, qui jugent aux aussi le Sénat ‘’budgétivore’’, ont clairement recommandé sa suppression. Rappelons que le président Macky Sall, dès son élection, avait voulu maintenir le Sénat avant de revenir sur sa décision à la suite des inondations qui ont eu lieu en août 2012. 

DAOUDA GBAYA

 

 

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