Publié le 13 Apr 2026 - 19:16
REVALORISATION DU STATUT DE L’ENSEIGNANT

SUNIR dénonce le dilatoire du régime en place

 

Notre pays a raté le coche en matière de politique éducative. C’est la conviction du syndicat « SUNIR » qui faisait face à la presse ce week-end à Mbour pour rappeler son engagement permanent en faveur d’une meilleure revalorisation du statut de l’enseignant, pièce maîtresse du système.

 

Après deux années scolaires apaisées, voilà que le front social s’est réchauffé depuis plusieurs mois maintenant, avec une série de grèves déroulées par les organisations syndicales, notamment celles regroupées autour du G7, soutenues quasi exclusivement par tous les autres syndicats pour principalement amener la partie gouvernementale à résorber des questions relevant d’accords signés depuis 2018 et 2022.

Dans ce contexte, SUNIR (Syndicalement, l’Union Nationale des Instituteurs pour la République), qui a son siège social à Mbour, est sortie de son mutisme pour rappeler ses principes basés notamment autour de la revalorisation du statut de l’enseignant. Face à la presse le week-end dernier, Ibrahima Diacko et ses camarades ont fait un diagnostic sans complaisance du système éducatif sénégalais, marqué à leurs yeux par une régression, considérant que les objectifs assignés à l’école sénégalaise post-indépendante ont été dévoyés depuis belle lurette.

Pour Ibrahima Diacko, si l’école sénégalaise avait atteint ses objectifs, le Sénégal aurait intégré depuis quarante ans maintenant le cercle des pays développés, persuadé que notre pays « regorge de ressources humaines de qualité dans tous les domaines ». Mais, déplore-t-il, le bât blesse dans la valorisation de ces ressources humaines, surtout dans le secteur de l’éducation. C’est pourquoi, rappelle-t-il, dès sa naissance en 2011, « S’UNIR s’est toujours battue pour une école revalorisée à travers une revalorisation sans cesse du statut de l’enseignant, mais apparemment n’a jamais été entendue par les autorités de notre pays ».

Ce n’est donc pas surprenant de la part du leader syndical qu’on en arrive à cette situation de crise que le système vit présentement avec cette longue grève du G7 qui fait redouter le spectre d’une année blanche.

Haro sur le dilatoire sur la révision du système de rémunération des fonctionnaires !

Invité à se prononcer sur la position de son syndicat sur ce mouvement de grève, le Secrétaire général de SUNIR s’est montré intransigeant. « On ne peut pas perdre tout ce temps-là, sacrifier tout ce quantum horaire sans avoir obtenu gain de cause », a-t-il tranché. Il affirme qu’il y a deux facteurs essentiels dans la revendication des enseignants : la suppression du statut de l’enseignant décisionnaire et la révision du système de rémunération des agents de l’État.

« Il n’est pas question, par rapport aux moyens dont dispose le Sénégal, qu’on ne puisse pas satisfaire totalement les enseignants décisionnaires. On nous avait tout le temps fait croire qu’il était légitime que les enseignants décisionnaires à la retraite perçoivent moins que ceux dits titulaires, car étant mieux rémunérés en étant en activité. Or, on vient de nous rendre compte que ce postulat est totalement faux. Dès lors, il est incompréhensible de voir perdurer la modicité des pensions de retraite allouées aux décisionnaires, dont certaines n’atteignent pas 100 000 frs CFA, au moment où celles de leurs collègues fonctionnaires atteignent au moins 250 000 frs pour ceux qui ont plafonné, dans l’élémentaire seulement », dénonce le syndicaliste. Qui invite les gouvernants a corrigé et a éradiqué ce système.

Abordant la question de la correction du système de rémunération au sein de la Fonction publique, posée sur la table par le G7, le syndicaliste déplore ce qu’il qualifie de « bluff », dénonçant la position du Premier Ministre qui est dans le dilatoire en parlant de révision alors que la question avait déjà fait l’objet de révision sous le régime précédent. « Le système de rémunération a été révisé par le Président Macky Sall qui avait fait le nécessaire. À l’époque aussi, l’actuel Premier Ministre Ousmane Sonko, en sa qualité de leader de l’opposition, avait eu les résultats de l’audit. C’est en ce moment qu’il parle de nouveau de révision, entraînant les syndicats dans son piège », dénonce le syndicaliste qui déplore « la naïveté » des mandataires du G7.

Qu’à cela ne tienne, pour Ibrahima Diacko et ses camarades, l’essentiel c’est que les enseignants soient conscients qu’il est impératif que dorénavant toutes les questions urgentes fassent l’objet d’un traitement approprié par nos gouvernants, insistant sur le statut de l’enseignant en général qu’il juge déprécié par rapport aux efforts que nécessite l’exercice du métier.

PAPE MBAR FAYE

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