Un nouveau pas vers la souveraineté technologique

L’État du Sénégal, le Conseil mondial des investissements et des affaires pour l’Afrique (CMIA) et la société indienne Blue Cloud Softech Solutions ont officialisé, ce 6 octobre 2026 à Dakar, la signature d’un protocole d’accord décisif. Ce partenariat marque le lancement opérationnel du programme « Sénégal Digital Factory », destiné à transformer en profondeur l’écosystème technologique national et régional.
Après le New Deal technologique, place à la Sénégal Digital Factory, alors que le Sénégal prend plus que jamais conscience de l’importance du numérique comme élément catalyseur de l’économie. Dès lors, le Sénégal entend désormais dépasser le rôle de simple consommateur de technologies pour devenir un acteur qui conçoit, fabrique et exporte ses propres solutions.
Inscrit dans le cadre de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » et du Programme 8 du New Deal Technologique, le projet Sénégal Digital Factory ambitionne de couvrir l’intégralité de la chaîne de valeur : idéation, prototypage, accélération, production et commercialisation. « Notre constat est simple : le Sénégal ne manque ni d’idées, ni de talents, ni d’entrepreneurs. Ce qui nous manque encore trop souvent, c’est la capacité de transformer une idée en prototype, un prototype en produit, puis ce produit en entreprise capable d’accéder au marché », a déclaré le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf.
En gros, l’initiative repose sur des infrastructures concrètes réparties sur le territoire national : cinq centres nationaux de recherche et développement ainsi qu’un réseau de huit fablabs régionaux pour soutenir les talents à l’échelle locale.
Cet objectif technologique est la convergence de trois acteurs clés : l’État du Sénégal pour le cadre stratégique, le CMIA pour la recherche de financements, et la société indienne Blue Cloud Softech Solutions pour le volet d’ingénierie technologique.
L’ambition dépasse ainsi les frontières sénégalaises. En adoptant un modèle d’organisation dit « Hub-and-Spoke », le partenariat vise à créer un ancrage régional en Afrique francophone.
« Cette cérémonie marque une étape importante dans notre ambition commune de positionner le Sénégal comme la porte d’entrée de l’innovation, de l’investissement et de la transformation numérique en Afrique francophone », a souligné le président exécutif du CMIA, Idrissa Doucouré. Il explique par ailleurs que chaque partenaire apporte une contribution précise à cet édifice : « le ministère du Numérique définit la vision publique, les priorités nationales et la régulation ; le CMIA se charge de la mobilisation des capitaux et des investisseurs internationaux ; et Blue Cloud Softech Solutions assure le transfert de technologie dans des domaines de pointe comme l’IA, le Cloud, la cybersécurité et la gestion des données. »
Pour l’industriel Blue Cloud, l’engagement est orienté vers l’intégration des compétences locales dans les réseaux d’innovation mondiaux. « Le modèle "Hub-and-Spoke" qui sous-tend cet accord représente un cadre transformateur conçu pour connecter infrastructures, capitaux, talents et technologies au sein d’un écosystème unifié », a précisé le directeur général de Blue Cloud Softech Solutions, Chandrashekar Mudraga.
Conscients des attentes entourant l’impact économique réel de ces annonces, les signataires insistent sur l’impératif de concrétisation. L’accord ne doit pas se limiter à une déclaration d’intention, mais se traduire par la création d’emplois qualifiés et le transfert direct de propriété intellectuelle au bénéfice de la jeunesse. « Je veux être très clair : ce protocole n’est pas une finalité. C’est un point de départ. Nous ne voulons plus seulement importer des technologies. Nous voulons construire des compétences au Sénégal, développer des solutions avec les Sénégalais », a insisté M. Diouf.
MAMADOU DIOP






