Publié le 20 Jun 2013 - 16:25
SITUATION DES DROITS HUMAINS AU SÉNÉGAL

Alioune Tine désavoue Seydi Gassama

 

L'atelier de lancement du processus de réinstitutionnalisation du Comité sénégalais des droits de l'Homme ouvert depuis hier à Dakar et qui s'étend sur trois jours, a été hier un moment saisi pour Alioune Tine pour recadrer Seydi Gassama, soutenant qu''il n'y a pas de graves violations des droits humains au Sénégal''.

La situation des droits humains au Sénégal ne fait pas l'unanimité au sein des organisations de défense des droits de l'Homme. Peu de temps après la publication du rapport de la section Amnesty International Sénégal faisant état de la recrudescence des cas de décès en détention, de torture et d'usage excessif de la force par les forces de sécurité, Alioune Tine est monté au créneau, hier, pour opposer un démenti à Seydi Gassama, présentateur dudit rapport. Il note que ''la justice sénégalaise a enquêté et jugé très peu de cas de torture, de décès en détention ou du fait d'un usage excessif de la force par la police et la gendarmerie, cas qui ont marqué les 12 ans de règne du président Abdoulaye Wade''. Pis, le rapport dénonce qu'''au moment où certaines enquêtes sur des cas de décès en détention, de torture ou d'usage excessif de la force par la police et la gendarmerie ont été classées sans suite, sans que les familles des victimes et leurs avocats ne soient informés, d'autres dorment dans les tiroirs des magistrats instructeurs depuis 10 ans''.

Ce rapport d'Amnesty International Sénégal avait beaucoup irrité les tenants du pouvoir, dont certains ont fustigé la démarche de Seydi Gassama. Mais jusqu'ici aucun défenseur des droits de l'Homme n'a pris le contre-pied de M.Gassama, à part le Secrétaire exécutif de la Raddho. ''Il n'y a pas de graves violations des droits de l'Homme au Sénégal'', a-t-il déclaré en présence du Premier ministre, Abdoul Mbaye, du ministre de la Justice, Aminata Touré et d'éminentes personnalités de la société civile, lors de l'ouverture d'un atelier national sur la réforme du Comité sénégalais des droits de l'Homme (Csdh) dont il assure la présidence. Néanmoins, le Secrétaire exécutif de la Rencontre africaine des droits de l'Homme a jugé utile d'avoir des institutions fortes de défense des droits humains telles que le Csdh.

Régi par le décret N°93-141 du 16 février 1993, le Csdh est défini comme une institution indépendante de consultation, d'observation, d'évaluation de dialogue, de concertation et de proposition, en matière de respect des droits de l'Homme. Élevé en 2000 au statut A, par le sous-comité d'accréditation du Comité international de coordination des institutions nationales de droits de l'Homme (Cic), le Csdh a été rétrogradé au statut B, en 2012, pour diverses raisons liées à l'insuffisance et à l'autonomie de son budget, au manque de transparence dans la désignation de ses membres et à son inefficacité dans la gestion et la médiation des plaintes. Ce déclassement, selon le Premier ministre Abdoul Mbaye a été accueilli avec beaucoup de regrets et de peines au sein du gouvernement. Car, souligne-t-il : ''le Sénégal s'est bâti, auprès de ses partenaires en Afrique et dans le monde, une réputation de défenseur des droits de l'Homme, consubstantielle à son expérience d'État de droit et de démocratie''.

Ressuscité et réinstitutionnalisé par l'État, le Csdh, avec l'ensemble des acteurs, veut, à l'issue des travaux de cet atelier, corriger ses manquements, de façon pérenne. Il veut se hisser dans le cercle des meilleures institutions nationales et internationales des droits humains en Afrique et partout ailleurs.  

ASSANE MBAYE
 

 

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