Publié le 30 Aug 2012 - 10:42
SUPPRESSION DU SÉNAT ET LUTTE CONTRE LES INONDATIONS

  Le ''oui, mais'' des banlieusards

Les habitants de la banlieue applaudissent des deux mains la décision de supprimer le Sénat et de verser son budget dans la lutte contre les inondations. Mais pour eux, le vrai problème lié aux inondations n’est pas une question de fonds mais de gestion.

L’annonce de la suppression du Sénat et la décision du président Macky Sall de mettre à contribution le budget de 7 milliards alloué à l'institution, dans la lutte contre les inondations, est applaudie au niveau de la banlieue dakaroise. A Guinaw rails sud, l’un des quartiers les plus touchés, la nouvelle était hier à la une des sujets de discussion, au niveau des grand-places et autres lieux de rencontre. L'approbation est unanime. ''Pour une question d’urgence, je suis pour, parce que les 7 milliards permettront de trouver des solutions immédiates. On ne peut plus attendre, la situation est catastrophique. A cela s’ajoute qu'en tant que banlieusard, je ne sens pas l’utilité du Sénat’’, a déclaré Jean Gabin Coly. Il habite le quartier depuis plus de 30 ans. Il est rejoint par Ibrahima Diop. Le Pikinois s’offusque de l’inutilité de l'institution remise au goût du jour par Abdoulaye Wade. ''Je donne carte blanche à cette initiative, car tout le monde sait que le Sénat sert à recaser une clientèle politique. Il n’est pas utile et ne peut pas avoir un impact sur la gestion des affaires du gouvernement. Son budget peut contribuer à la lutte contre les inondations'', a déclaré le chargé de clientèle dans une banque de la place.

Les banlieusards se sont également interrogés sur l'utilisation des fonds destinés à la lutte contre les inondations. ''Chaque année, ce sont les mêmes problèmes qui se répètent. La question que l’on se pose est : où vont les fonds tant annoncés dans la lutte contre les inondations ? Il faudra qu’on nous montre, à nous les banlieusards, ceux qui gèrent ces fonds. Il y a un véritable problème de gestion et un manque de volonté politique'', a soutenu Jean Gabin Coly. Ici à Guinaw rails sud, les populations ont réclamé un bon lotissement, mais surtout, la mise en place d'une canalisation à même d'évacuer toutes ces eaux.

Les associations de lutte contre les inondations ont également approuvé la décision du chef de l'État. ''Nous invitons les députés, les sénateurs et les conseillers économiques et sociaux à faire preuve de patriotisme, pour accompagner le président dans cette mesure. Afin de lutter définitivement contre les inondations’’, a confié Babacar Mbaye Ngaraf, coordinateur de la Synergie des actions pour l’assainissement de la banlieue (SABA) et par ailleurs président de 4éme DAN une organisation qui s’activait dans la lutte contre le maintien du Sénat.

CHEIKH THIAM

Section: 
RECONFIGURATION POLITIQUE : Le temps de la transhumance
Jeunes leaders
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION - COMMUNES RURALES : Cheikh Ibra Ndiaye plaide pour un investissement massif
RÉFORME DE L’ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : Un énième acte de la stratégie de massification “diomayenne”
ACTE IV DE LA DÉCENTRALISATION : L’APR fixe ses lignes rouges
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PIT appelle à une mobilisation pour « sauver la République »
RÉFORME TERRITORIALE AU SÉNÉGAL : Diomaye Faye pose les bases de l’Acte IV et rassure les élus locaux
APRÈS L'IRRUPTION DES GENDARMES DANS L'HÉMICYCLE L'opposition parlementaire exige que "toute la lumière soit faite"
DISSOLUTION ASSEMBLÉE NATIONALE : Une décision à hauts risques
RÉFORME DES INSTITUTIONS : Diomaye privilégie le consensus
Marie Rose Faye dirige le cabinet de Sonko
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le PDS appelle à voter « non » …
IRRECEVABILITÉ DE LA PROPOSITION : Les avertissements de Me Moussa Sarr
PROMULGATION DE LA CONSTITUTION La nouvelle fatwa de Sonko
PARTI SOCIALISTE : Aminata Mbengue Ndiaye suspend toutes les réunions au siège du parti
CRISE INSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : La Coalition Diomaye Président fait bloc contre le “détournement” de la révision constitutionnelle
PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE DU GROUPE PARLEMENTAIRE PASTEF : L’APR dénonce un "rafistolage constitutionnel"
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE : Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye
GUERRE DES POUVOIRS : Le hold-up constitutionnel
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE – CONFÉRENCE DE PRESSE DE PASTEF Pastef défend sa réforme et assume le bras de fer institutionnel