Publié le 30 May 2018 - 22:02
SUSPENSION MOT D’ORDRE DE GREVE

Les étudiants fixent un ultimatum de deux mois

 

A l’issue de leur rencontre avec le chef de l’Etat, le collectif de l’Ucad a suspendu, hier, le mot d’ordre de grève. Il donne un ultimatum de 60 jours à l’Etat pour matérialiser les promesses et faire la lumière sur la mort de Fallou Sène.

 

Le mouvement étudiant ne cesse d’étaler ses contradictions, depuis que le président a initié une série d’audiences au palais. A l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ce qui devait être, hier, une conférence de presse s’est transformée en cacophonie. Car, finalement, il y a eu deux points de presse devant le pavillon A. Après la rencontre avec le chef de l’Etat Macky Sall avant-hier, le Collectif des étudiants de l’Ucad a décidé de suspendre le mot d’ordre de grève jusqu’au 1er juillet, afin de laisser au chef de l’Etat le temps de concrétiser ses engagements. La décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale tenue tard dans la soirée du lundi au mardi.

Ce délai permettra également d’apprécier l’avancée du dossier sur la mort de Fallou Sène. Si l’on en croit le porte-parole Franck Daddy Diatta, les étudiants veulent que ceux qui sont impliqués dans la mort de Fallou Sène répondent de leurs actes. ‘’Nous réclamons justice et le président de la République Macky Sall s’est prononcé là-dessus. Il a clairement signifié que justice est en train d’être faite. Nous sommes plus que jamais déterminés à descendre dans la rue, si rien n’est fait’’, dit-il. D’après lui, le chef de l’Etat Macky Sall a pris l’engagement de revoir la présence des forces de l’ordre aux alentours de l’université.

Franck Daddy Diatta et ses camarades se défendent, par ailleurs, d’avoir reçu de l’argent de la part du gouvernement. Leur seul souhait, selon lui, est de voir les conditions de vie des étudiants s’améliorer. Un ultimatum de deux mois est donc donné à l’Etat pour prouver sa bonne volonté.

Cependant, certains étudiants sont loin d’être sur la même position. D’ailleurs, pendant que Daddy parlait, d’autres rouspétaient. ‘’Ce n’est pas ça le débat. Nous voulons que justice soit faite le plus rapidement possible’’, répètent deux étudiants. Ces propos ont failli gâcher le point de presse. ‘’Si vous n’êtes pas contents, allez manifester dehors. Nous n’allons pas accepter que vous sabotiez notre rencontre’’, rétorque le sieur Diatta.  

‘’Ils sont corrompus’’

Un autre point de presse va alors s’improviser. A quelques mètres seulement du collectif, Ousmane Baldé de la faculté de Médecine fait face à la presse pour se démarquer du collectif. Selon lui, le groupe de Franck n’a pas consulté la base. Ce qui lui fait dire ‘’qu’ils sont corrompus’’. Cet étudiant, qui s’indigne du sort réservé au dossier Bassirou Faye, ne veut pas que la même chose arrive à l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène tué récemment. Ainsi, il considère que l’Ucad est divisée et précise que lui et ses camarades se sont rangés derrière les étudiants de l’Ugb et ceux de Ziguinchor.

Accusés souvent de ne pas avoir la légitimité de parler au nom des étudiants, parce que n’étant pas élus, les membres du collectif relativisent. ‘’Nous sommes légitimes. C’est vrai que, quelque part, nous pouvons dire que nous ne sommes pas légaux. Moi j’affirme que nous sommes légaux, ce sont des listes en bonne et due forme que nous avons déposées au sein de nos différentes administrations’’, se défend Franck Daddy Diatta. Les facultés, rappelle-t-il, étaient sur le point d’aller vers des élections, avant que le processus ne soit interrompu. ‘’Nous sommes en quelque sorte légaux’’, insiste le porte-parole du collectif des étudiants qui revendique 80 % des étudiants et se dit légitime à 100 % puisque, selon Daddy Diatta, tous les mots d’ordre ont été suivis.

AIDA DIENE

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