Publié le 2 May 2023 - 11:47

Tentons une photographie de la parole parlée, par le peuple

En situation de crise, ce qui émerge, c’est la possibilité d'observer les comportements en grandeur nature.

Lorsque tout ce que l'on croyait « normal » s'effondre ou que l'ordre social disparaît brutalement, les institutions et les autorités peuvent perdre momentanément les moyens d'exercer un contrôle et d'imposer un respect des règles communes.

Il faudra par conséquent tout mettre en œuvre pour éviter les comportements spontanés, et, se garder d’agir par réflexe, sans trop réfléchir aux conséquences.

LE DIALOGUE EST UNE NÉCESSITÉ.

Merci Excellence monsieur le Président de la république, quand le pays est confronté à une crise il faut consulter les leaders politiques, y compris ceux de l'opposition ainsi que toutes les personnalités de bon conseil, pour les informer et recueillir leurs avis et propositions ; quitte ensuite à prendre les décisions qui vous paraîtront les plus opportunes.

Nos traditions et les concepts de « démocratie » et de « Choura » révèlent que les trois ont plusieurs points de rencontre :

   - l’obligation de la concertation et du dialogue,

   - le rejet des troubles et révoltes comme moyens d'opposition à l'autorité d'un gouvernement… .

Au moment où notre espace collectif de référence s'élargit de manière spectaculaire, que les instruments de lecture des performances du Sénégal connaissent un grossissement sans précédent, à un moment , où, un tout nouvel horizon, une toute autre perspective économique et politique s’annoncent du fait de la forte présence de ressources gazières et pétrolières, quelques Hommes politiques invités à rejoindre la table du dialogue pour ensemble travailler à l’évitement ou le « lissage » de l'amplitude du risque d’effondrement de l’ordre social, disent NON.

Honte à ceux-là qui refusent de participer au dialogue .

Honte à ceux-là qui ne peuvent effacer leurs égos totalement au profit :

   - d’un Sénégal de paix et de stabilité,

   - d’une société politique basée sur une culture de la sobriété, et de la raison saine.

Chers Hommes politiques,

Pendant 63 ans, vos prédécesseurs au pouvoir et dans l’opposition avaient travaillé à mettre en place un long mouvement unificateur, à la réconciliation entre le pouvoir, les citoyens et la justice, et enfin avaient réuni les sénégalais autour d'une administration centralisée. Ils nous ont forgé les attributs nécessaires à l'existence d'une nation (Un pays, un droit, un État), des institutions sociales et administratives, et des habitudes mentales que nous pensions indestructibles.

Aujourd'hui, il faut faire retomber la polémique, tout en espérant que les travaux et échanges de ce dialogue :

   - trancheront les questions politiques, et organisationnelles de l’élection présidentielle du 25 février 2024,

   - seront l’occasion d’institutionnaliser des débats médiatisés, où les leaders de l'opposition comme du pouvoir, passeraient une fois par mois à la télévision, face au peuple, pour expliquer les objectifs de leurs partis, le projet de société dont ils sont porteurs etc. Et qu'après, à bâtons rompus, avec des journalistes et les téléspectateurs en direct dans l'émission, de répondre à toutes les questions intéressant le pays,

- seront une occasion pour les politiques que vous êtes d’imaginer pour demain, librement, les institutions les mieux adaptées à notre culture et à nos besoins de développement politique économique et social.

Cela permettrait, d'une part, de combler le hiatus entre la classe politique et la société d'une façon générale et également de donner aux jeunes le goût de la politique et donc des choses qui intéressent leur cité, enfin constitueraient aussi un amortisseur social face au 5 éme pouvoir (le pouvoir du citoyen), les réseaux sociaux,

Ce dialogue devrait vous permettre de situer les transformations majeures de notre société, et de déterminer le type d'avancée, et d'approfondissement de la démocratie, que nous pourrions espérer dans notre société.

Passer vos temps à dire vos angoisses devant l'avenir, ne raffermiront pas vos interactions et ne stabiliseront pas vos liens.

Dans le gouvernement ou les autres institutions, dans l’opposition et la société civile, il arrive que les Hommes s'ignorent, s'évitent, s'agressent et se manipulent, mais les relations peuvent changer au cours d'un temps de dialogue et les tensions s'apaiser, des amitiés se tisser, des pactes se lier.

IL EST DIT: DIALOGUE, MAIS PAS UN DIALOGUE QUI MANQUE DE VÉRITÉ

Un dialogue pas phrasé, mais construit ; une reproduction photographique de la parole parlée, par le peuple, dans son raccourci imprévu, sautillant, fiévreux, elliptique, un dialogue ayant de la vivacité, de la vie, et de la sincérité.

Il ne devrait pas s’agir d’échanges entre hommes politiques ou l’on donne une chose pour en recevoir une autre en contrepartie.

Il s’agit aussi d’un dialogue pour un Sénégal débarrassé de l’arrogance des Hommes, des injures, de la rivalité obscure, de la provocation des émotions à des fins d’agressions et d’une condamnation incessante de l’avenir du Sénégal.

Fait à Dakar : Île de nGor, PÉNC 1.9/ atelier LebergerdelîledenGor
Le 1er mai 2023
Abdoulaye DIALLO / LebergerdelîledenGor

 

Section: 
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais
CAN 2025 : Puisse la communion durer...
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA FIFA Finale de la CAN 2025 : Quand l’impartialité devient un impératif politique mondial
SENEGAL–MAROC : Héritage commun, destin solidaire au-delà des rivalités sportives
“Zéro talibé mendiant dans la rue’’ : objectif inatteignable ?
MAROC - SENEGAL : Quand la politique tue le football !
L’île de Gorée est un lieu de révolte, de liberté et de dignité, mais pas seulement un site de mémoire victimaire de l’esclavage
PROTÉGER LE PATRIMOINE MANDINGUE Un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest tique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IA
Lettre ouverte à Monsieur Amadou BÂ, Ministre de la Culture du Sénégal
Notre souveraineté à l’épreuve de la dette
LIVRE - PAR TOUS LES MOYENS : Dix voix féminines sur le monde
La politique de l'oubli et la défiguration urbaine : Une analyse historique des blessures de Dakar
Attention, nous sommes sur une pente glissante
Piratage massif des Impôts et Domaines : Le pire arrivera si l’État ne fait rien