Publié le 10 Mar 2014 - 09:12
VIOLENCE AU SEIN DE L’APR

Macky tance ses responsables et promet de sévir

 

Après les violences constatées ces derniers temps au sein de l’Alliance pour la République (APR), son leader Macky Sall siffle la fin de la récréation. Le président de la République, qui a décidé de réactiver la commission de discipline, sort donc la cravache. C’était le samedi, au cours de la réunion du directoire de son parti.

 

Que les responsables se le tiennent pour dit ! Macky Sall n’entend plus tolérer les fauteurs de troubles à l’Alliance pour la République (APR). Les ''échauffourées'' et autres ''violences (avec) l’usage d’arme à feu'' notées ces derniers temps dans son parti seront sanctionnées. Le président de la République l’a fait savoir, le samedi, au cours de la réunion du Directoire de l’APR au Terrou-bi. ''C’est inacceptable ! Je dirais même impardonnable quand tout ce bruit, ce bruit et cette violence proviennent du parti qui est au pouvoir'', déclare Macky Sall. 

''Ces comportements (…) très peu soucieux de l’intérêt du parti et des Sénégalais nous heurtent tous, ternissent la réputation et l’image du parti, et ne rassurent en fin de compte ni le parti, ni les Sénégalais dont on sollicite la confiance pour les élections du 29 juin 2014''.  Pour que cette situation ne reste pas impunie, il a ainsi décidé de réactiver la Commission de discipline du parti pour, dit-il, statuer sans complaisance sur les cas récents, conformément aux statuts de l'APR. ''Chacun d’entre nous devra prendre ses responsabilités ; pour ma part, je prendrai  les miennes sans état âme'', prévient le président de la République.

''Nous n’avons pas le droit de perdre ces élections pour des considérations subjectives''

Il a tenu à rappeler au Directoire ''ce message d’esprit d’équipe'' qui devrait être ''le moteur du système'' qu'est le parti l’APR.  ''Ce que les citoyens attendent de chacun de nous, dit-il, c’est de construire un parti où la discipline, la confiance, le dialogue et la concertation priment sur les ambitions personnelles, les conflits d’intérêts et l’exaspération des individualismes ; un parti qui respecte ses alliés et les Sénégalais ; un parti où chacun et chacune s’est engagé pour donner à la politique, à l’Etat, et où les responsables sont au service du peuple et de la République.

Un parti qui s’appelle Alliance pour la République, donc ouvert à tous les Sénégalais, dans l’unité et la solidarité, où l’on joue collectif, où l’on agit en commun et ensemble''. Et non un parti où ''chacun voudrait, sans raison, et causant du tort au parti, faire de ces élections à venir une question de vie et de mort''.

Puisque ''ce qui est en jeu dépasse (leurs) personnes'', le président de la République a demandé l’intensification de l’action positive et utile de la Commission accueil et intégration des nouveaux adhérents et des porteurs de voix dans différentes localités pour, dit-il, élargir encore plus les bases du parti en vue de sa victoire. ''Nous n’avons pas le droit de perdre ces élections pour des considérations subjectives'', dit le leader de l’APR. 

Macky Sall réaffirme le mandat de 5 ans

Par ailleurs, le président a saisi l’occasion pour  réitérer sa décision de réduire son mandat à 5 ans. Une décision que l’assistance a accueillie ''timidement'', confient des sources ayant pris part à la rencontre. ''Si j’avais annoncé le maintien de mon mandat à 7 ans, vous alliez applaudir à tout rompre, a dit Macky Sall à ses responsables. Je sais que n’êtes pas favorables à cette décision, mais je vais  respecter mon engagement.'' Il faut souligner que cette rencontre s’est déroulée sans débat.

Aussitôt son message délivré, le président, évitant sans doute de créer une polémique, a levé la séance. rapporte-t-on. Un message apparemment bien reçu par les membres du Directoire. Pour Pape Maël Thiam, manager du parti, ''le président a tenu le discours qu’il fallait'' en rappelant aux uns et aux autres leurs responsabilités. S’inscrivant en faux contre ceux qui lient ces remous à la non-structuration de l’APR, M. Thiam fait savoir que  ''c’est voulu'''.

''La structuration  est un  modèle qui a été théorisé par Lénine dans le seul souci de faire partir l’information du sommet à la base. Est-ce qu’on a besoin d’une structuration, au 21e siècle, si à peine tenue, une réunion à la présidence de la République est portée sur la place publique ?'' se demande-t-il. A couteaux tirés avec son collègue des Forces armées, Augustin Tine, pour le contrôle de Thiès, Thierno Alassane Sall, ministre des Infrastructures, trouve la ''démarche'' du président ''très positive''.

Pour lui, les ''remous'' sont congénitaux à ''la vie de toute organisation humaine'', mais l’essentiel, c’est de ''ne pas laisser continuer'' la situation de violence. Son frère de parti, Djibril War, interpellé personnellement par ces remous,  ne dit pas autre chose. Cité dans des violences qui ont eu lieu dans son fief à la commune de Biscuiterie, le directeur  d’école de l’APR réaffirme la ''philosophie’’ à laquelle il croit. ''A chaque fois que dans ses (Macky Sall) actes je retrouverai des manquements, je me ferai le devoir de lui rappeler ça. C'est la raison d’être d’une société qui veut aller de l’avant'', dit le président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale.  

DAOUDA GBAYA

 

 

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