Publié le 26 Jul 2023 - 19:36
ZONE SUD DU PAYS

Une nouvelle dynamique de collaboration entre FDS et collectivités territoriales

 

Lancé hier, à Ziguinchor, le Programme collectivités territoriales, défense, sécurité et paix entend désormais associer à la production de la sécurité, au niveau de la zone Sud, les autorités territoriales et la société civile.

 

Après Dakar, Saint-Louis et Kédougou, respectivement pour les zones Ouest, Nord et Est, le Programme collectivités territoriales, défense, sécurité et paix de la zone Sud, qui regroupe les régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, a été lancé, hier, à Ziguinchor, à l’occasion d’un atelier consacré à la question.

Une cinquantaine de participants, composés de maires, de présidents de conseil départemental, d’autorités militaires et administratives et des responsables de la société civile a pris part à cette rencontre de réflexions de deux jours pour ‘’poser, ensemble, les jalons de coproduction de la sécurité afin de voir émerger dans le pays des territoires résilients, stables et prospères’’, a expliqué le directeur général du Centre des hautes études de défense et de sécurité (Cheds), le général de brigade Jean Diémé. Il a salué la présence massive des élus territoriaux qui témoigne, selon lui, de l’intérêt qu’ils portent à la sécurité de leurs terroirs, ‘’socle et rampe de lancement du développement socioéconomique territorial’’.

Porté par le Cheds en partenariat avec la fondation Konrad Adenauer, le programme part du constat que ‘’la réponse aux défis sécuritaires doit être envisagée de manière holistique. Qu’elle ne se limite plus à la protection physique des biens et des personnes, mais englobe la satisfaction des besoins multidimensionnels de l’homme’’, a souligné le général Diémé.

L’officier supérieur estime que face à la recrudescence de la violence urbaine, l’évolution de la criminalité et leurs causes multiformes, les modes de réponse sécuritaire classique doivent être renforcés par de nouveaux leviers d’action permettant de mieux assurer la sécurité des citoyens. Et qu’à côté de l’État longtemps considéré comme détenteur du monopole de la sécurité, doivent être associées à la production de la sécurité au niveau territorial les autorités territoriales et la société civile.

‘’Les réalités qui s’imposent à notre quotidien sont celles d’un contexte sécuritaire marqué par la montée de la violence urbaine, l’expansion fulgurante des menaces transnationales multiformes. Dans ces conditions, il apparait urgent d’inviter les acteurs majeurs que sont les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité (FDS), les femmes, les jeunes, les universitaires à bâtir de nouvelles synergies pour faire face aux défis sécuritaires qui impactent notre stabilité et notre développement’’, a indiqué le DG du Cheds. 

C’est donc naturellement que l’attention se porte sur le rôle des maires dans cette gouvernance de proximité de la sécurité, en tant qu’élus locaux et promoteurs d’une dynamique sociale, associative de la commune. 

Ce conclave de Ziguinchor de deux jours (25 et 26 juillet) vise à renforcer les connaissances en matière d’organisation de la sécurité dans le pays et surtout à explorer des pistes de coproduction de celle-ci par le biais d’une approche inclusive et participative. Il s’agit, à travers les échanges et la co-construction, de proposer aux responsables des collectivités territoriales des pistes de réflexion et des outils pouvant les aider à jouer un rôle plus accru dans la recherche de solutions de stabilité, de sécurité et de développement.  Les acteurs ont tous, fortement, salué le lancement de ce programme.

Selon le maire de Goudomp, la question de la stabilité et de la sécurité est devenue ‘’une demande sociale’’ au niveau des collectivités qui éprouvent ‘’d’énormes difficultés à construire une cohésion sociale’’.

HUBERT SAGNA (ZIGUINCHOR)

 

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