Publié le 3 Oct 2013 - 23:35
GUÉDIAWAYE

La parade avec 5 timbres de 200 francs

 

Au contraire de Grand-Yoff, le commissariat de Guédiawaye fait l'effort de respecter le prix fixé pour les timbres de carte nationale d'identité. Ici, c'est 1 000 francs avec des unités de 200 francs Cfa.

 

Commissariat central de Guédiawaye. En ce début de matinée du mois de septembre, l’entrée est prise d’assaut par des citoyens calmes et disciplinés. Les uns sont venus qui pour déposer une plainte, qui pour répondre à une convocation, qui pour récupérer une pièce... D'autres sont là pour légaliser des documents administratifs. Au niveau du poste de police, les sollicitations sont nombreuses. L’agent préposé à l’accueil est bientôt assailli de tous côtés. Pour se faire entendre, il est obligé de parler à haute voix et, souvent, de crier, plutôt nerveux.

Du côté du bâtiment où les enregistrements pour la carte nationale d’identité nationale sont faits, règne un silence de cathédrale. Difficile de faire parler quelqu'un sur le sujet lié à la «pénurie» ou «trafic» de timbres. Et quand le nommé Gadiaga* ose se confier au reporter d'EnQuête, il exige le off. «En lieu et place du timbre de 1 000 francs, on achète 5 timbres de 200 francs, dit-il avec satisfaction. Je pense que c’est une bonne idée, sinon nous risquons d’attendre longtemps le retour du timbre à 1 000 francs.»

Venu accompagner son fils en quête de CNI, un homme dit être favorable à cette solution de rechange pourvu que les populations soient servies. «Les rafles sont fréquentes», constate-t-il, très loquace. Un avis partagé par Mimi, une dame qui s'est déplacée pour la même raison, et pour qui le prix du timbre est sacré. «Cela ne me pose aucun problème qu'il y ait des timbres de 100 ou 200 francs Cfa, du moment que ça ne dépasse pas la somme de 1 000 francs», affirme-t-elle.

Au contraire de Grand-Yoff, le commissariat de Guédiawaye fait l'effort de respecter le prix fixé pour les timbres de carte nationale d'identité. Ici, c'est 1 000 francs avec des unités de 200 francs Cfa.

 

Commissariat central de Guédiawaye. En ce début de matinée du mois de septembre, l’entrée est prise d’assaut par des citoyens calmes et disciplinés. Les uns sont venus qui pour déposer une plainte, qui pour répondre à une convocation, qui pour récupérer une pièce... D'autres sont là pour légaliser des documents administratifs. Au niveau du poste de police, les sollicitations sont nombreuses. L’agent préposé à l’accueil est bientôt assailli de tous côtés. Pour se faire entendre, il est obligé de parler à haute voix et, souvent, de crier, plutôt nerveux.

Du côté du bâtiment où les enregistrements pour la carte nationale d’identité nationale sont faits, règne un silence de cathédrale. Difficile de faire parler quelqu'un sur le sujet lié à la «pénurie» ou «trafic» de timbres. Et quand le nommé Gadiaga* ose se confier au reporter d'EnQuête, il exige le off. «En lieu et place du timbre de 1 000 francs, on achète 5 timbres de 200 francs », dit-il

‘’Il est inconcevable au 21e siècle, qu’il y ait pénurie de timbres’’

Mais il y en a qui ne sont pas d’accord avec ce procédé et qui se défaussent sur l’administration. «Apparemment, les pénuries sont devenues monnaie courante ces temps-ci au Sénégal, soutient Bamba, avec malice. Si ce ne sont pas les délestages, ce sont les denrées de première nécessité, sinon ce sont les coupures d’eau.» Pour cet usager critique, tout cela donne «l’impression que nous avons un gouvernement qui tâtonne, et sur toute la ligne.» Avec son physique de lutteur, Bamba estime que les pièces administratives sont si importantes de nos jours qu’il ne doit plus être possible que les citoyens et usagers subissent ce type de désagrément. «C’est un problème d’incompétence. Il faut vraiment mettre les hommes qu’il faut aux places qu’il faut. C’est inconcevable qu’au 21e siècle on nous dise qu’il y a pénurie de timbres. Nos autorités n'ont pas encore acquis l'esprit d’anticipation, ce qui est gravissime selon moi», s’insurge notre interlocuteur.

Une autre dame, à la taille svelte et aux lunettes d’intello, s’invite dans le débat. Et c’est pour dénoncer le manque de communication sur cette affaire. «Les autorités ont préféré observer le silence sur cette rupture de timbre de 1 000 francs. Il faut que nos dirigeants nous respectent en faisant fonctionner des services de communication adéquats en cas de besoin...», s’époumone-t-elle, quasi inconsolable.

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