Publié le 1 Aug 2014 - 00:31
LE KOLONGAL DE PODOR

La bande de terres convoitée

 

Podor est un département avec un énorme potentiel agricole et hydrique du fait de sa jonction au fleuve Sénégal. Parmi ses larges espaces arables figure le Kolongal, source de convoitise et objet de propagande électorale.

 

Le Kolongal est un terme Puular désignant la bande terre dans lequel est réservée la culture de décrue. A Podor, cet espace très fertile d’environ 1 500 hectares est un patrimoine. Et toutes les grandes familles de la localité y disposent de parcelles. Il y est effectué une culture de décrue avec des produits comme le mil, la tomate, l’oignon…

Aujourd’hui, cette bande de terre fait l’objet d’une convoitise que ce soit des autorités locales comme des investisseurs étrangers. Mais selon, Ahmadou Elimane Sy propriétaire terrien, leurs aïeux qui y cultivaient ont préparé mystiquement l’endroit pour le protéger d’éventuelles occupations étrangères. Pour lui, si effectivement les autorités veulent aménager l’espace, il faudra obligatoirement qu’ils discutent avec les populations et les associent à cela, parce que c’est leur grenier.

Les promesses politiques sur un espace arable

En effet, l’aménagement du Kolongal a été un argument de campagne durant les dernières élections municipales. Certains en ont même fait une priorité. C’est notamment le cas de la coalition And Liggeyal Podor avec Racine Sy. Dans un document intitulé « 2ème Appel à tous les Podorois », il y est mentionné à propos de l’exploitation des terres du Kolongal que le coût élevé du financement fait que ce projet ne peut aboutir que grâce au concours de l’Etat ou de la coopération internationale. Il y est également dit que « l’exploitation de cette cuvette de Podor par les moyens techniques et financiers adéquats est une priorité dans leur Programme d’actions pour 2014-2019 à travers un plaidoyer et lobbying intenses auprès de l’Etat ».

Le Kolongal se situe à l’autre bout de Podor, aux abords du fleuve Sénégal. Cette grande crue est cachée par une digue de protection la séparant ainsi des habitations positionnées à quelques mètres. Sur tout le long, un canal asséché le parcourt dans lequel les dernières gouttes d’eau sont mélangés aux eaux usées issues des fosses sceptiques. Sur l’élévation de la digue, se dresse à perte de vue une étendue de terre avec des arbres éparpillées de part et d’autres dans l’espace. Un vent fort y souffle de façon sporadique et bouleversant de passage le calme plat qui y règne. Cette terre argileuse asséchée, mélangée aux excréments de bétail confirme la thèse selon laquelle, c’est une zone de pâturage.

Culture de décrue

Toutefois, le Kolongal fait vivre des familles entières grâce au potentiel agricole. Teuydeum Fall est une veuve maure vivant à quelques pas de cette bande  de terres. Elle dispose d’environ un hectare de terre qu’elle cultive avec sa famille à la décrue. « Tout ce dont on a besoin pour vivre, on le cultive là-bas. Cette année, nous avons cultivé le mil, le haricot et la tomate », confie-t-elle.

Pourtant cette inondation nécessaire à l’irrigation des sols peut se révéler dès-fois préjudiciable pour les riverains du Kolongal. « En cas de forte pluie, la digue ne pourra pas contenir toute l’eau et cela étant, leurs habitations seront inondées », explique Teuydeum Fall qui se rappelle ainsi des dernières inondations en 2002. Elle renseigne qu’elle était avec sa famille sinistrée et se voyait obligée d’abriter dans des écoles vu que leurs habitations étaient détruites. Les séquelles de ces inondations restent toujours visibles avec les débris des cassures.

Par ailleurs, Coumba dramé propriétaire de quatre champs dans le Kolongal de dire qu’elle cultive de la pastèque, du mil, du bissap ainsi que tous les produits de maraichage. A propos de l’aménagement de l’espace, elle répond : « Je suis d’accord pour un aménagement, mais cela va dépendre des conditions qui vont être proposées », avant de poursuivre qu’il faudrait une concertation avant la prise d’une quelconque décision. Coumba Dramé, la soixantaine se voit chaque saison aidée par ses filles pour exploiter ses terres. Si elle a les moyens, elle fait appel à des manœuvres dans l’exploitation de ses champs. « Nous cultivons pour vivre. Si la récolte est très bonne et qu’il y a surplus, nous le vendons ». Un mode de vie connu des familles paysannes de Podor et du Sénégal en général.

Seydina Bilal DIALLO

 

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