Publié le 13 Jul 2016 - 16:36
BACCALAUREAT 2016

La correction sur place, un test grandeur nature

 

Le 1er tour du baccalauréat général 2016 a démarré depuis avant-hier lundi, sur l’ensemble du territoire. Ils sont plus de 150 mille candidats à tenter de décrocher leur premier diplôme universitaire. La correction sur place, annoncée par l’Office du bac, est la grande innovation de cette année.

 

Après la grève, place aux examens. 152 575 élèves candidats, répartis dans 482 jurys pour 395 centres d’examen, ont abordé, avant-hier, les premières épreuves du baccalauréat général 2016. Comme d’habitude, les prétendants au premier diplôme universitaire ont passé, dans la matinée, les sujets de langue vivante 1 (Anglais, espagnol, portugais, allemand, arabe, français...). Avant de se pencher dans l’après-midi sur les épreuves d’histoire et de géographie. Cette première journée s’est dans l’ensemble bien déroulée dans la banlieue, selon élèves et responsables des différents centres visités. Et la correction des copies sur place, principale innovation de cette édition de 2016, a été aussi une réalité dans les différents centres parcourus.

10h au lycée de Pikine. Ce centre, l’un des plus grands de la banlieue avec 839 candidats inscrits, affiche le calme. Les ordres sont stricts : Pas de va-et-vient dans l’enceinte de l’établissement, autre ceux des enseignants. A l’intérieur des classes, les potaches plongés dans leurs copies sont bien épiés par les surveillants afin de prévenir toute tentative de tricherie ou fraude. ‘’Les professeurs d’anglais sont déjà là pour la correction sur place. Les autres enseignants vont venir aussi pour la correction des matières restantes. Nous avons deux grandes salles bien équipées que nous avons mises à leur disposition pour que la correction se fasse dans les meilleures conditions’’, renseigne le chef du centre, Mor Mbengue.

Selon lui, cette mesure est venue à son heure. Car, dit-il, le fait de corriger l’examen sur place participe à la sécurisation des copies des élèves. Dans le passé, rappelle-t-il, des correcteurs ont eu à perdre des copies d’examen imprudemment ou dans des cas de force majeure. A l’en croire, le contexte de la grève et de la rétention des notes par les enseignants au cours de l’année ne sont pas étrangers à l’application de cette mesure. ‘’L’Etat avait envisagé de faire la correction sur place depuis 2008. C’est maintenant qu’il le fait’’, ajoute-t-il. S’agissant du déroulement de l’examen, le proviseur affirme qu’il n’y a aucun problème à signaler, hormis quelques absences notées chez les candidats. ‘’Pour le moment, il n’y a aucune difficulté. On a suffisamment de surveillants. A part deux classes où ils sont quatre, nous avons 3 surveillants par salle. Mais on a noté 28 candidats inscrits qui n’ont pas répondu à l’appel’’, renseigne-t-il.

Les candidats au bac arabe testés en français

L’ambiance est quasi-identique au lycée Seydina Limamoulaye, l’un des plus grands centres du pays. L’établissement compte à lui seul 2 495 candidats répartis dans 7 jurys comportant au total 84 salles. 11 h. L’enceinte est plus animée que celle de Pikine. Les premiers élèves à sortir des salles sont regroupés pour certains en comité devant les bâtiments peints en marron beige. D’autres préfèrent s’abriter sous l’ombre des arbres, à même le sol ou parfois sur des bancs aménagés un peu partout dans la cour. Les discussions sur les épreuves subies vont bon train. Aux environs des bâtiments de Seconde, un petit groupe composé de filles voilées et des garçons vêtus de boubou, concentre l’attention de tout le monde. A la différence des autres, les échanges entre ces élèves se font en arabe bien poussé. Plutôt qu’en français ou wolof.

‘’Nous avons fait l’épreuve de français. Le sujet est un peu difficile. Mais nous avons confiance. On nous a donné un court texte suivi de questions. Nous sommes la quatrième promotion de l’enseignement arabo-islamique’’, confie l’élève de l’école Al Azhar de Malika, Youssou Guèye, tout en se faisant le porte-parole de ses amis.

Depuis 2013, année de la signature d’un décret portant création du bac arabo-islamique par le président de la République, Macky Sall, chaque année les élèves arabophones passent le bac en même temps que leur camarde de l’enseignement français. 

MAMADOU DIALLO

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