Publié le 14 Mar 2017 - 19:37
LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ ET LES DISPARITÉS SOCIALES

Le modèle PUDC inspire certains Etats africains 

 

18 pays africains sont depuis hier à Dakar pour échanger sur les expériences du PUDC. Ce programme lancé en juillet 2015 est aujourd’hui considéré  comme un modèle en Afrique.

 

En juillet 2015, le président de la République Macky Sall a lancé le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC). Après 18 mois de mise en exercice, ce qui était considéré comme un coup d’essai est devenu un coup de maître. ‘’Le PUDC est en marche au Sénégal’’, reconnaît le Représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Fatou Bintou Djibo. Le modèle PUDC va même au-delà des frontières sénégalaises. Pendant 3 jours (13, 14 mars 2017) 18 pays africains vont échanger sur la capitalisation des expériences de ce programme. L’atelier a été ouvert depuis hier sous la présidence du Premier ministre sénégalais Mahammed Boun Abdallah Dionne.

Selon le chef du gouvernement, les quatre axes prioritaires du Programme d’urgence de développement communautaire sont : l’accès à l’eau potable surtout en milieu rural, l’électrification rurale, l’allégement des travaux des femmes et l’accroissement des pistes rurales. Si le concepteur du PUDC, en l’occurrence le chef de l’Etat Macky Sall, a choisi ces différents secteurs, renseigne le chef du gouvernement, c’est parce qu’à partir de 2009, il a fait le tour du Sénégal pour préparer l’élection présidentielle de 2012. De ce périple, dit-il, l’ancien Premier ministre du Président Abdoulaye Wade a constaté que jusqu’au 21ème siècle, des femmes font encore des kilomètres pour avoir de l’eau, le bétail meurt de soif parce qu’il n’y a pas de points d’eau pour s’abreuver et des villages sont rayés de la carte du Sénégal pendant l’hivernage parce qu’ils sont difficilement accessibles.

‘’Vaincre la tyrannie de l’urgence’’

Ainsi, après son arrivée à la magistrature suprême en 2012, le président Sall a lancé quelques années après le Programme d’urgence de développement communautaire. Avec pour  objectif principal de ‘’renforcer l’accès des populations aux infrastructures et équipements socio-économiques de base’’.  L’exécution du projet a été confiée au Programme des Nations unies pour le développement. Pour la première phase, le Sénégal a débloqué 120 milliards de F CFA pour la construction de forages, de châteaux d’eau, de pistes rurales… Ce qui fait dire à Mme Djibo qu’avec le PUDC, ‘’le Sénégal a décidé de rétablir la justice sociale’’.

De son côté,  le Directeur régional Afrique du PNUD, Abdoulaye Mar Dièye, estime lui que le PUDC participe à la résorption des inégalités entre le milieu rural et celui urbain. ‘’Il y a un déficit chronique d’infrastructures dans les zones rurales et les zones périurbaines. La non-résolution de ces urgences est non seulement une tyrannie mais une sérieuse hypothèque sur l’avenir de nos pays. Seules des actions d’urgences inscrites dans une perspective de développement à long terme peuvent nous permettre de vaincre la tyrannie de l’urgence’’, explique M. Dièye. Mais de l’avis de ce dernier, le Sénégal a bien compris cela en lançant, en plus du PUDC, divers programmes notamment le Programme d’urgence de modernisation des zones frontalières (Puma) et le Programme de modernisation des villes (Promovil).

Le PUDC en chiffres

Après 18 mois de mise en œuvre, le Programme d’urgence de développement communautaire a permis la construction de 178 forages et 68 châteaux d’eau. Ces infrastructures ont permis à 337 villages d’avoir accès à l’eau potable. Dans le domaine des pistes rurales, au 31 décembre 2016, le Sénégal a réalisé, grâce au PUDC 790 km en cours de travaux dans 10 régions dont 255 km déjà ouverts à la circulation.

Ces pistes, selon un document bilan du secrétariat chargé du suivi du PUDC, a permis de désenclaver 200 villages. Pour l’électrification rurale, le programme est en train ‘’d’électrifier 420 villages et va raccorder 20 800 ménages’’.

Pour le volet équipements de transformation agricole, le PUDC a déjà déployé dans 10 régions du pays ‘’1 562 équipements  post récoltes et de transformation’’.

ALIOU NGAMBY NDIAYE

 

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