Publié le 29 Mar 2018 - 02:33
REJET DU PARRAINAGE

Le Pur appelle à une résistance nationale

 

Le Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) s’est dit contre le parrainage et appelle à la résistance nationale pour mettre un terme ‘’à la dictature’’. Le Pr.  Issa Sall et Cie étaient en conférence de presse, hier.  

 

‘’Ce parrainage est une véritable hérésie. Nous sommes foncièrement contre aujourd’hui et nous le seront demain’’. Ces mots sont du coordonnateur du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) qui a présidé, hier, une conférence de presse pour déplorer la gestion du processus électoral par le président de la République.

El Hadj Issa Sall rappelle qu’en termes de participation à des élections, il est prévu 10 000 signatures pour les candidats indépendants, ceux issus des partis politiques étant  épargnés de cette exigence. Selon lui, ceux qui ont proposé cette loi ont copié ailleurs. ‘’En France, les signatures sont demandées à des élus. Vérifier la signature d’un élu est plus facile que de vérifier la signature d’un électeur. Imaginer un électeur qui ne sait pas signer, à qui on demande de parrainer un parti politique. Il y a une impossibilité de vérifier les signatures  des électeurs’’, dit Issa Sall qui se demande quelle mouche a piqué ceux qui nous ont proposé ce parrainage.

Mais le Pr. Sall ne se fait pas d’illusions. Il sait déjà, dit-il, que la loi va être votée, parce que la majorité des députés est du pouvoir.

Cependant, il promet de mener le combat. ‘’Si la loi est votée, nous allons continuer la résistance. Nous appelons à une résistance. Il y a un véritable problème avec ce parrainage qui risque de mettre le pays à feu et à sang’’. A son avis, ceux qui seront chargé de valider les candidatures n’ont aucun moyen pour le faire. L’objectif, de son point de vue, est d’attendre que les candidats déposent les 70 000 signatures pour ensuite les déclarer non conformes, afin d’invalider les candidatures gênantes.

Le patron du Pur en veut pour preuve les cas Youssou Ndour, Kéba Keinde et autres, à la présidentielle de 2012. Selon lui, chacun d’entre eux avait donnait 12 mille signatures et au finish, on leur a fait comprendre qu’ils n’ont que 8 mille valides. ‘’C’est quelque chose qui n’est pas crédible et que nous rejetons systématiquement’’. Le professeur est d’autant plus contre qu’en cas de rejet, il n’y a pas de voie de recours. ‘’Les membres du Conseil constitutionnel ne peuvent même pas revenir sur leur décision, à plus forte raison quelqu’un qui a vu sa candidature rejetée. Maintenant, il semblerait qu’avant le conseil, il y aurait une structure qui devrait valider ces signatures. Cette affaire est une hérésie qui peut mettre le pays sans dessous dessus’’, prévient-il.

Selon lui, le président Macky Sall veut éliminer tous les candidats autour de lui. Mais, dit-il, même s’il se retrouve seul, il y aurait un bulletin blanc. ‘’Si l’opposition fait en sorte que ce bulletin obtient plus de 50 %, ce candidat est battu par le bulletin blanc. Nous ne souhaitons pas avoir un président virtuel, parce que si le bulletin blanc bat le président, ça veut dire qu’il y a un vide juridique au niveau de la Constitution‘’, a-t-il fait savoir.

Pour sa part, le député Babacar Thiaw appelle à une synergie de toute l’opposition sérieuse et toutes les forces vives de la nation, pour une résistance nationale. Pour lui, il n’est pas question de laisser Macky Sall faire ce qu’il veut. ‘’La dictature n’est plus rampante au Sénégal, mais elle est debout et même bien en marche. Elle est l’œuvre d’un lion qui prétendait dormir, mais qui, en réalité, mijotait comment faire endormir les Sénégalais au quotidien par des promesses fallacieuses faites avant et après son accession à la magistrature suprême’’, a fulminé M. Thiaw.

VIVIANE DIATTA

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