Publié le 24 Apr 2018 - 12:22
ACCES AU FONCIER, LOGISTIQUE…

Les challenges des agro-industriels de la vallée 

 

L’accès au foncier, la chaine logistique, etc., sont, entre autres, les défis auxquels les agro-industriels de la vallée du fleuve Sénégal font face dans leur quête de contribuer au Plan Sénégal émergent initié par le chef de l’Etat. Ils l’ont relevé le week-end dernier, lors de leurs journées portes ouvertes.

 

L’Association des agro-industriels de la vallée du fleuve Sénégal (Vallagri) a organisé, ce week-end, à Diama, à une dizaine de kilomètres de Saint-Louis, des journées portes ouvertes. Une occasion pour ces agriculteurs d’exposer leurs productions durant l’année 2016.

En effet, avec un chiffre d’affaires de plus de 172 milliards de francs Cfa, cette association qui emploie plus de 3 000 personnes de manière permanente et plus de 45 000 autres comme contractuels et journaliers, a produit 127 506 t de sucre. Pour ce qui concerne les fruits et légumes, une quantité de 64 769 t a été récoltée. La tomate industrielle a enregistré une production de 12 000 t, le riz 26 500 t et le sel 291 000 t. Vallagri s’active également dans la transformation laitière. Ainsi, pour cette édition, au moins 3 410 t de yaourt ont été produites et 4,5 millions de litres d’alcool.

Toutefois, malgré ces performances, ces agro-industriels peinent à faire décoller leurs activités. Ils butent souvent sur des problèmes liés à l’accès au foncier et à la chaine logistique. ‘’Le Port autonome de Dakar révèle de plus en plus des signes de saturation qui handicapent sérieusement l’activité de nombreuses entreprises. La situation a été particulièrement critique en fin d’année 2017, au point que certaines entreprises n’ont pu recevoir à temps les marchandises importées. S’y ajoute que l’activité d’exportation de fruits et légumes a failli y jouer sa survie. Face aux difficultés rencontrées, beaucoup d’efforts sont déployés pour trouver les meilleures solutions à ces problèmes’’, ont regretté ces agriculteurs dans un document transmis à la presse.

Cependant, ils ont précisé que la commission logistique de leur association participe ‘’activement’’ aux discussions avec les parties prenantes, à savoir le Pad, Dubaï Port, les manutentionnaires, les compagnies maritimes, les transitaires, les transporteurs terrestres, etc. Ceci, afin de ‘’fluidifier’’ les échanges.

En réalité, pour ces agro-industriels de la vallée du fleuve Sénégal, la compétitivité de la chaine logistique reste, par rapport à leurs concurrents, un enjeu avec les coûts d’approche ‘’très élevés’’. Ainsi, ont-ils fait savoir, leur commission s’attellera, en particulier dans les prochaines semaines, à la mise en application du décret libéralisant le transport terrestre des conteneurs réfrigérés. ‘’La filière fruits et légumes a besoin d’une chaine logistique plus rapide et performante sur l’Europe, afin de garantir la fraîcheur de ses produits. Les lignes proposant des transit times courts sont saturées et chères. L’accroissement des volumes exportés de la filière dépendra de la capacité à disposer d’autres lignes plus rapides et plus compétitives’’, a renchéri Michaël Laurent.

Le faux bond du ministre de l’Agriculture

En dehors des questions logistiques, celle du foncier demeure, selon le président de Vallagrin, ‘’le nœud gordien’’ de l’investissement agricole au Sénégal. Et la pression sur la terre s’accentue avec le développement du pays. ‘’L’impasse des initiatives réglementaires destinées à créer un nouveau cadre juridique et la diversité des acteurs et les pratiques observées jusque-là, confortent le sentiment que les solutions sont à rechercher dans des approches nouvelles basées sur des compromis et des partenariats forts avec tous les acteurs, en particulier avec les populations concernées et leurs représentants’’, a-t-il estimé.

Pour faire face à la réticence des populations locales, les agro-industriels de la vallée prônent le dialogue dans l’optique de sensibiliser les populations sur l’utilité des investissements, afin de faciliter la cession des terres.

Il faut noter que ce rendez-vous, jugé important par les acteurs agricoles dans la valorisation de leurs activités, n’a pas enregistré la présence du ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Pape Abdoulaye Seck. Un acte fort décrié par de nombreux membres de l’Association des agro-industriels de la vallée du fleuve Sénégal.

Mariama Diémé

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