Publié le 1 Jun 2018 - 12:04

Espagne

 

Le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy, affaibli par la condamnation de son parti dans un procès pour corruption, pourrait être renversé ce vendredi 1er juin par une motion de censure. Les cinq députés du Parti nationaliste basque (PNV) ont annoncé hier leur intention d'accorder leurs votes, décisifs, au numéro un du parti socialiste (PSOE), Pedro Sanchez. La majorité absolue de 176 sièges est nécessaire pour déposer Mariano Rajoy et porter le socialiste Pedro Sanchez au pouvoir.

Le conservateur de 63 ans est au pouvoir depuis décembre 2011. Élu pour la première fois en 1981 dans sa Galice natale, plusieurs fois ministre et dauphin désigné de Jose Maria Aznar, il a survécu depuis à plusieurs crises majeures : la récession (face à laquelle il a imposé une sévère cure d'austérité), les mois de blocage politique en 2016 où il est parvenu à se maintenir au pouvoir, ou encore la tentative de sécession de la Catalogne à l'automne dernier. Mais la sentence du procès pour corruption "Gürtel" semble être l'affaire de trop pour Mariano Rajoy et son parti, le Parti Populaire (PP), empêtré dans plusieurs scandales. Selon les juges, le PP a bénéficié de fonds obtenus par des maires dans le cadre d'un "système de corruption institutionnel" via la "manipulation de marchés publics". Le PP a été condamné à rembourser 250 000 euros, ce qui a précipité le dépôt de la motion de censure.

...Le PSOE, qui dispose de seulement 84 députés, a dû rassembler autour de Pedro Sanchez une majorité hétéroclite composée de la gauche radicale de Podemos, des indépendantistes catalans et des nationalistes basques. Alors que les analystes politiques donnaient en début de semaine très peu de chances à cette motion, le vent a tourné en quelques jours à Madrid. Afin de convaincre le PNV, Pedro Sanchez a assuré qu'il ne toucherait pas au budget voté une semaine plus tôt, qui prévoit des largesses financières pour le Pays basque. Il a par ailleurs annoncé qu'il essaierait de "jeter des ponts" avec le gouvernement régional indépendantiste à Barcelone. "Au sein de la nation espagnole, il y a des territoires qui eux aussi se sentent nations, a estimé le socialiste. Nous pouvons coexister dans le cadre de la Constitution."

 

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