Publié le 2 Jul 2018 - 16:03
PODOR

Les populations de Toufndé Bali ‘’boivent’’ l’eau du fleuve  

 

Vivre à Toufndé Bali, bourgade située à 4 km de la commune de Ndioum, dans le département de Podor, serait impossible pour un étranger. Dans ce patelin, l’eau de robinet n’y existe pas. Les populations s’approvisionnent au fleuve. Les enfants s’y baignent avec le risque de contracter la bilharziose.

 

Traversé par le fleuve Doué qui ‘’fissure’’ le département de Podor pour marquer la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, le hameau de Toufndé Bali, réputé pour ses activités d’élevage traditionnel, est malade d’un manque d’infrastructures. Les journées culturelles, qui ont pris fin dimanche, ont été une tribune pour étaler les souffrances des autochtones au coordonnateur du Puma (Programme d’urgence, de modernisation des axes et territoires frontaliers), Moussa Sow, qui était le parrain. Pour accéder à ce patelin, il faut prendre la piste qui mène à Alwar où a vu le jour le saint homme Cheikh Oumar Foutiyou Tall. Des cases et autres maisons en banco décorent Toufndé Bali où les jeunes se sont mobilisés pour la réussite de leurs journées culturelles.

Ils ont ainsi profité de la venue de Moussa Sow pour étaler les doléances. Ici, il n’existe aucun poste de santé. Pour se soigner, on est obligé de se lever tôt le matin pour rallier la commune de Ndioum. Véhicules, motocyclettes et charrettes se croisent sur le chemin, dans un ballet continuel, pour transporter les populations obligées de se rendre à Ndioum pour se ravitailler. Une situation que vivent les élèves de Toufndé Bali, contraints de faire des kilomètres pour aller en classe. ‘’Un enfant qui a l’âge d’aller en classe d’initiation est handicapé par le long chemin. Il est contraint d’attendre jusqu’à l’âge de 8 ans et ce retard est un frein à l’essor de l’éducation dans la zone’’, souffle un jeune dudit hameau.  Dès la tombée de la nuit, on s’active pour terminer certains travaux domestiques, du fait du non éclairage public. Et pourtant, à quelques pas, se dressent des poteaux électriques de haute tension.

Le Puma compte apporter des solutions et booster l’économie locale

Les doléances des populations de Toufndé Bali ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Le coordonnateur du Puma, après avoir constaté de visu les facteurs de blocage au développement socioéconomique de Toufndé Bali, a promis des projets de développement.

Ainsi, se désolant de voir des populations ‘’boire’’ l’eau du fleuve, il a rappelé que le chef de l’Etat est conscient des problèmes des populations frontalières, c’est pourquoi il a mis en place le Puma. Ce programme, qui compte corriger les disparités entre populations du Sénégal, va stimuler l’espoir dans ces zones, poursuit-il.

Lors de ces journées culturelles, le Puma en a profité pour faire une large communication sur ses objectifs et sa mission, et plus particulièrement ses projets d’aménagement des terres dans l’île à Morphil.  En effet, selon le coordonnateur du Puma Moussa Sow, il s’agit de trouver un cadre de concertation pour sécuriser les terres au profit des populations autochtones et des acteurs de l’agrobusiness. ‘’Toutes les potentialités sont réunies dans cette zone pour une atteinte à l’autosuffisance alimentaire. Alors, il est de notre devoir de combiner les stratégies pour que chacun puisse en tirer profit’’, a-t-il lancé.

Ainsi, avec ce projet d’aménagement, l’objectif est de réduire l’insécurité alimentaire dans ces zones frontalières, réduire le chômage, l’exode rural et l’émigration clandestine dans les zones pourvoyeuses, contribuer à l’atteinte des objectifs du Pse avec l’autosuffisance en riz.

Ces 48 heures des journées culturelles ont été aussi rythmées par des séances de lutte, des défilés traditionnels, entre autres. 

Fara SYLLA (Saint Louis)

 

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