Publié le 28 Dec 2018 - 22:22
SECTEUR DE LA MINOTERIE

A la recherche de l’argent perdu

 

Trouver un protocole d’accord sur les prix de commercialisation des sacs de farine et les règles d’exportation, afin de stabiliser le marché et arrêter de perdre de l’argent, c’est ce que veulent les meuniers et industriels du Sénégal. Ils l’ont fait savoir hier, à l’occasion d’une réunion avec les responsables du ministère du Commerce et des Pme.

 

Avec un protocole qui s’articule, pour le moment, autour de 14 points, l’Association des meuniers et industriels du Sénégal (Amis) peut réguler son secteur. Ceci, par rapport aux prix des sacs de farine et des droits à l’exportation. ‘’Le secteur a été complètement perturbé, durant l’année 2018. Ce protocole représente la volonté des meuniers et industriels sénégalais de stabiliser la filière. Depuis un semestre, le coût du blé a flambé. Il a atteint 40 euros sur 26,238 euros la tonne. Ce qui n’a pas été répercuté sur le prix de la farine. Au contraire, la concurrence a favorisé un peu la baisse du prix du sac de farine. En principe, si on s’en tient à l’arrêté du ministre, le sac doit être cédé à 16 200 F Cfa. Or, il s’est retrouvé sur le marché à moins de 13 500 F Cfa’’, explique leur président Claude Demba Diop.

A ses yeux, les industriels ont ‘’vendu à perte’’ pendant plus d’un semestre. Sur chaque tonne, on perdait environ 3 000 F. Ce que M. Diop juge ‘’indécent pour un investisseur’’. ‘’En fait, quand un prix est aussi bas, c’est toute la filière qui ressent cette perte. Les boulangers qui sont les plus perturbés, parce que ça été difficile en termes de gestion. L’Etat aussi en est un gros perdant. La taxe à valeur ajoutée (Tva) est normalement assise sur les prix des sacs. Or, au lieu de payer 18 % sur les 16 200 F Cfa, l’Etat a collecté ce taux sur les 13 500 F Cfa. Ce qui constitue des pertes de recettes qui sont injustifiées. En plus, le consommateur, qui doit profiter de cette baisse, ne l’a aucunement sentie’’, a-t-il indiqué.

Donc, d’après le président de l’Amis, c’est cette prise de conscience qui les a amenés à voir comment corriger toutes leurs ‘’erreurs’’ pour qu’en 2019, ils partent sur des bases ‘’beaucoup plus sérieuses’’ pour stabiliser la filière.

Ainsi, le président de l’Amis a fait savoir que si ces mesures sont respectées, le prix du sac va revenir à la norme. C’est-à-dire à 16 200 F Cfa. Et la farine améliorée avec des additifs, afin que les boulangers évitent d’y ajouter des améliorants, sera vendue à 16 700 F Cfa. ‘’Une fois que le prix du sac de farine sera relevé, il va falloir procéder à l’attribution de quotas mensuels aux meuniers. Le cumul de ces quotas répond à la demande nationale, voire sous-régionale. Parce que la farine exportée est incluse dans ces quotas. La quantité totale est de 42 400 t de farine par mois qui sera mise à la disposition des consommateurs directs. Que ce soit les boulangers, distributeurs, demandes à l’export. On a pris le soin d’intégrer dans le protocole ce contrôle qui nous manquait’’, renchérit Claude Demba Diop. Pour ce faire, à la fin de chaque trimestre, ils vont procéder à une évaluation. Et ceux qui n’auront pas respecté les quotas consensuels seront doublement sanctionnés. Il y a d’abord la réglementation, avec les autorisations de déclarations d’importation de produits alimentaires (Dipa).

Plus de 500 milliards de francs Cfa générés

Au niveau interne, les meuniers et industriels ont prévu une sanction de 15 % sur tout dépassement. Et ces primes seront reversées à l’Amis pour son fonctionnement.  Une démarche saluée par la tutelle. ‘’Tout dépassement de quota signifie que l’industriel aurait importé et dédouané sans détention de Dipa. Si tel est le cas, la punition viendrait de la Direction du commerce intérieur, conformément à la réglementation en rigueur. Sur les 15 %, j’aurais préféré que la sanction soit faite par rapport à cette réglementation’’, a dit le directeur du Commerce intérieur Ousmane Mbaye.

Le ministre du Commerce de préciser que le protocole ‘’ne peut pas être au-dessus de la loi’’. ‘’De toute façon, la réglementation s’appliquera’’, insiste Alioune Sarr.  En effet, le ministre est également d’avis que ce protocole va permettre une commercialisation de la farine au Sénégal et dans la sous-région, dans de ‘’très bonnes conditions’’. ‘’Ce qui permettra à nos entreprises de gagner de l’argent, de progresser et de créer des emplois. Il s’agit aussi de faire en sorte que ce secteur, qui est extrêmement important sur le tissu industriel du pays, avec plus de 500 milliards de francs Cfa générés par nos boulangeries et la farine, puisse être préservé et accompagné. C’est un secteur à succès’’, dit-il.

Il faut souligner que le secteur est géré au Sénégal par 7 grandes entreprises. On peut citer notamment les Grands moulins de Dakar (Gmd), Fks, Olam, Nma, Sedima, les Moulins du Sénégal (Mds), Basmala, etc.

MARIAMA DIEME

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