Publié le 22 Dec 2021 - 17:31
PRODUCTION DE RIZ LOCAL

Le Criz passe en revue les limites du secteur 

 

Le Sénégal a encore du chemin à faire, pour espérer couvrir ses besoins en riz, la denrée la plus consommée dans le pays. C’est en ce sens que le Comité interprofessionnel du riz (Criz) tient, depuis hier, un atelier de deux jours pour passer en revue les problèmes du secteur, réfléchir et échanger avec les différents partenaires sur les programmes, afin de mener une synergie d’actions sur la filière riz.  

 
Le Comité interprofessionnel du riz (Criz) tient un atelier de deux jours pour aborder les problèmes qui freinent le développement du riz local au Sénégal. L’objectif est de réunir les différents acteurs afin de créer une synergie dans les actions à mener par les partenaires, pour une promotion réussie de cette filière.  
 
Les membres du comité ont, en effet, déploré les programmes individuels développés dans les différents coins du pays. Dans leurs échanges, ces producteurs sont revenus sur les problèmes qui gangrènent le secteur et rendent difficile l’autosuffisance en riz au Sénégal.
 
A ce propos, le président du Criz reconnait que des efforts sont en train d’être faits, notamment dans la commercialisation du riz, sur le plan de la qualité et de la disponibilité. ‘’On passe de 70 % de riz brisé et 30 % de riz entier à l’inverse. Il y a une capacité de décortication qui est de 385 tonnes par heure, ce qui représente une masse importante. Ce sont des avancées sur le plan de la qualité, de la capacité de décorticage et du renforcement du parc de matériel agricole’’, s’est réjoui Ousseynou Ndiaye.
 
A côté de ces avancées, M. Ndiaye déplore une baisse des superficies arables, ainsi qu’une baisse du rendement due à plusieurs facteurs. Cette situation est due, d’après son analyse, aux changements climatiques, aux rongeurs et autres oiseaux en période hivernale. ‘’L’autre problème, c’est la commercialisation avec le prix du paddy. On a fixé le prix du riz sur le marché par rapport au riz importé. Avec les problèmes de la Covid, des mesures ont été prises par l’Etat concernant le prix du riz blanc avec une réduction de la taxe pour maintenir le prix du riz blanc au même niveau qu’avant la Covid. Il faut, dans ce cas aussi, prendre des mesures au niveau du producteur. C’est là-bas que le problème se pose. Si l’on fixe le prix du riz blanc, alors que pour le prix du producteur, on ne fait aucun effort pour le rendre incitatif, on a des difficultés’’, souligne le président du Criz.
 
Il relève, en outre, que le prix des intrants a connu une augmentation, ce qui devrait donc entrainer l’augmentation du prix du paddy et éventuellement celui du riz blanc. ‘’Si l’on bloque le prix du riz blanc à un certain niveau, ce qui est sûr, c’est que le producteur va souffrir. C’est l’un des objectifs de cet atelier qui doit permettre de réfléchir sur les stratégies à mettre en œuvre pour avoir le prix du paddy incitatif au producteur et en même temps avoir un prix accessible sur le marché. Pour cela, il faut obligatoirement une intervention de l’Etat qui doit le subventionner. Actuellement, il y a une subvention uniquement sur les intrants, à savoir l’engrais’’, regrette-t-il.
 
Ousseynou Ndiaye pense ainsi qu’il faudrait mener des actions pour que le prix du riz paddy soit raisonnable.  ‘’Le premier raccourci pour arriver à l’autosuffisance en riz, c’est l’incitation d’un prix incitatif. Il y a une évolution actuelle sur les quantités produites, mais jusqu’à présent, on n’a pas atteint l’objectif’’, renseigne le président du Criz. D’après ses   propos, il était prévu, au départ, une production dans la vallée de 900 000 t de paddy pour l’atteinte de cet objectif, alors qu’aujourd’hui, les rendements tournent autour de six tonnes à l’hectare. ‘’Il faudrait 150 000 ha et la production dans la (culture) irriguée tourne autour de 80 000 ha. Il y a une nette différence. Ce qui veut dire qu’il faut augmenter la production. On a une meilleure qualité par rapport au riz importé ; on a du riz aromatisé naturel’’, renseigne-t-il.  
 
Ainsi, pour les cinq prochaines années à venir, il est prévu, à travers un contrat entre la Saed et l'Etat du Sénégal, une augmentation des superficies, l’amélioration de la disponibilité de l'eau, l'augmentation de la capacité de stockage. Les acteurs s’attendent également à l’amélioration de la mise en marche et la fonctionnalité des plateformes de commercialisation, ainsi que la transformation de 75 % du paddy à travers les rizières et 25 % à travers les unités de décortication artisanales (UDA) qui, précise-t-on, ne sont pas assez outillées pour produire du riz de qualité.   
 
HABIBATOU TRAORE 

 

Section: 
SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE : Diomaye Faye appelle à la création d’un pacte national
COMMANDE PUBLIQUE – EMPLOIS – DROITS DES TRAVAILLEURS : Les chantiers de la misère
Production d’électricité
Entrepreneuriat féminin
ICS - NATIONALISATION OU CENSURE : Vers un bras de fer entre exécutif et législatif
MOUHAMADOU MAKHTAR CISSÉ À MÉDINA BAYE : “Il faut sauvegarder la cohabitation entre le spirituel et le temporel...”
SAINT-LOUIS : GOUVERNANCE DES FRONTIÈRES : La zone Nord œuvre pour une paix durable
DETTE PUBLIQUE : L’encours atteint 25 583 milliards F CFA
Poc II
BALANCE COMMERCIALE AU MOIS DE MAI 2026 : Elle est déficitaire de 13,3 milliards
RENFORCEMENT DU SYSTÈME PHARMACEUTIQUE : 1,3 milliard F CFA pour renforcer la distribution des médicaments
MISE EN PLACE DES INTRANTS AGRICOLES À HAUTEUR DE 90% C’est un leurre, selon les paysans
RIZ LOCAL – AUTOSUFFISANCE : Le grand paradoxe
PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE DE L’OUEST 2026 (BIDC) : La guerre au Moyen-Orient menace les acquis de l’Afrique de l’Ouest
FORA'ESS 2026 : L'Afrique veut faire de l'économie sociale un véritable moteur de développement
ÉCOULEMENT DU RIZ LOCAL : Des commerçants s’engagent à acheter la production
ALIOU DIONE - MINISTRE MICROFINANCE, ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE : “Les femmes ne sont pas des bénéficiaires, mais des décideuses...”
Campagne agricole 2026-2027
Campagne agricole 2026-2027
ASSOCIATION IMPACT’ELLE : Impact'elle dénonce une usurpation de son identité associative